‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 70 sur 689 · IL MAINTIENT L'UNITÉ DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

IL MAINTIENT L'UNITÉ DE LA TUBERCULOSE

OÙ, inoculant la matière casécuse, on reproduit la granulation grise, il ne devait plus y avoir de doute sur leur identité : dismoi ce que tu as récolté et je te dirai ce que tu as semé. Il (Villemin) sème la matière caséeuse et il recueille la granulation grise; donc il n'y a entre elles aucune différence de nature. » La plupart des médecins et des anatomo-pathologistes ne se montrèrent pas, à cet égard, aussi avisés que Pidoux, et l'on devaitencore, pendant de longues années, discuter la question sur le terrain clinique et anatomique , alors que l'expérimentation l'avait tranchée du premier coup.

Il en fut de môme pour cet autre thème d'interminables disputes : les rapports de la scrofule et de la tubercrlose. Villemin inocule à des lapins un peu de la matière des ganglions caséeux du cou provenant d'un enfant scrofuleux et provoque chez ces animaux l'éclosion de la tuberculose. La lésion scrofuleuse dans ce cas était donc bien de nature tuberculeuse. Villemin ne se croit pas autorisé pour cela à faire rentrer, d'une façon absolue, toute la scrofule dans le cadre de la tuberculose ; mais il en conclut qu'une partie au moins des affections dites scrofuleuses des ganglions, des articulations, des os, sont décidément de nature tuberculeuse et c'est à l'inoculation qu'il en appelle pour décider sur ce point litigieux.

L'inoculation de crachats de phtisiques dans le tissu cellulaire sous-cutané des lapins détermine la tuberculose ; le même résultat est obtenu par l'inoculation de crachats desséchés depuis vingt jours *.

Le sang des tuberculeux est-il capable de transmettre la maladie par inoculation? Eclairé par les expériences bien connues de Waller et de l'anonyme du Palatinat sur la virulence du sang des syphilitiques, Villemin insiste sur une précaution indispensable pour obtenir des résultats positifs : c'est l'emploi de quantités de sang assez grandes. Il prélève dans l'artère fémorale d'un lapin rendu tuberculeux 2 centimètres cubes de sang, qu'il injecte sous la peau d'un lapin sain ; celui-ci devient tuberculeux. Il en fut de même d'un autre lapin ayant reçu sous la peau environ la même quantité de sang puisé dans les vaisseaux du foie d'un homme mort de phtisie. La tuberculose est donc ino-

1. Villemin, Do la virulence et de la spécificité de la tuberculose (Gaz. kebd., 1868, p. S96.)

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