VIRULENCE DES CRACHATS, DU SANG
culable, non seulement avec le produit de la lésion caractéristique, mais aussi avec la sécrétion des bronches et avec le sang, à la façon des maladies virulentes les mieux caractérisées.
Villemin répond une nouvelle fois aux assertions de ceux qui, par l'inoculation de substances autres que des matières tuberculeuses, prétendaient avoir provoqué la tuberculose. Il inocula des produits pathologiques variés « du pus de diverses provenances, du cancer, de la matière caséeuse des tubercules vermineux du mouton, de la pneumonie et des pseudo-membranes pultacées de typlioïques » sans jamais rien provoquer chez le lapin ni chez le chien. Quant aux prétendues lésions tuberculeuses du poumon obtenues par l'injection intra-vasculaire de particules pulvérulentes ou solides, de globules de mercure, de graisse, de poudre d'euphorbe, de spores de lycopode, de pus, etc., il montre à nouveau qu'il s'agit là de processus mécaniques, emboliques, n'ayant rien de commun avec les lésions tuberculeuses généralisées qui se manifestent, elles, non pas à la suite de l'introduction intra-veineuse de la matière tuberculeuse infectante, mais après l'inoculation de cette matière, à dose pour ainsi dire infinitésimale, dans le tissu sous-cutané.
Colin, on se le rappelle, ne voulait voir dans les résultats de l'inoculation tuberculeuse qu'un simple transport dans les voies lymphatiques d'abord, puis dans la circulation générale, de la matière déposée au point d'insertion ; il se refusait à admettre la germination et la multiplication d'une matière virulente. Lorsqu'on voit, répond Villemin, à la suite de l'injection hypodermique de quelques gouttes de crachats phtisiques délayés dans de l'eau ou d'un peu de sang défibriné, apparaître au point d'inoculation des granulations et des masses caséeuses, qui bientôt envahissent les viscères, peut-on admettre que ces lésions ne soient autre chose que des reliquats des substances inoculées?
A Chauffard, qui invoquait le mécanisme de la greffe pour expliquer les effets de l'inoculation tuberculeuse, Villemin répond que la greffe ne se manifeste qu'au point môme où a lieu le dépôt, mais qu'elle ne se généralise pas. Pour réussir, la greffe nécessite la transplantation de cellules fraîches et pleines de vie; quand on inocule le centre caséeux d'un tubercule, on inocule des cellules mortes, des débris, un véritable détritus.