‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 73 sur 689 · INFLUENCE DES CAUSES BANALES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES CAUSES BANALES

losc et montre combien nne semblable étiologie est fragile et supporte peu la critique.

La statistique a voulu chercher dans certaines professions des indices sur les causes de la phtisie. A ce point de vue, on a surtout été préoccupé de l'action directe, irritante, que certaines substances, maniées par l'ouvrier, exercent sur les voies respiratoires. On a accusé les professions exposant à respirer des poussières et des matières pulvérulentes, et prétendu que les boulangers, les amidonniers, les charbonniers étaient, plus fréquemment que d'autres, frappés de phtisie. Villemin montre que les statistiques invoquées portent sur des chiffres trop faibles et que, sans nier leur exactitude matérielle, elles ne prouvent pas ce qu'elles veulent prouver.

Depuis longtemps, Laënnec et Loviis avaient réfuté l'opinion d'après laquelle les bronchites, la pleurésie, la pneumonie seraient capables d'engendrer la tuberculose. Souvent ces affections, la pleurésie surtout, ne sont autre chose que des manifestations premières de la tuberculose; quand ces phlegmasies sont réellement indépendantes de la tuberculose, elles ne l'entraînent pas à leur suite. De même, et contrairement aux idées de Baumes et de Morton, les liémoptysies si fréquentes au début de la tuberculose sont déjà un signe de cette dernière, mais ne la provoquent pas.

Le froid surtout a été incriminé comme causant la phtisie, par l'intermédiaire de phlegmasies de l'appareil pulmonaire. Or, l'observation de tous les jours nous montre que les individus qui sont le plus exposés aux intempéries des saisons et aux refroidissements, les ouvriers des champs, payent un tribut beaucoup moins lourd à la phtisie que les ouvriers des villes, mieux garantis du froid par leurs occupations, leurs vêtements et leurs ateliers.

L'étude de la répartition géographique de la phtisie est une nouvelle preuve que la phtisie ne dérive pas du froid. La tuberculose serait rare dans les régions polaires, en Islande, aux îles Féroé, dans le nord de la Scandinavie et de la Laponie. Dans les régions chaudes et équatoriales, elle affecte au contraire une fréquence et une malignité exceptionnelles. « Ainsi donc, cette maladie, qu'on s'est plu à rapporter au froid de nos climats, décime les populations des régions intertropicales,

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