DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DE LA PHTISIE
épargne les habitants des régions polaires et, qui plus est, acquiert dans les climats chauds une malignité rare dans notre pays. » Les statistiques, d'après Villemin, établiraient également que, dans les diverses contrées, et sous toutes les latitudes, la fréquence de la phtisie diminue avec l'altitude. C'est là, penset-il, un trait commun qui rapproche la tuberculose d'autres maladies infectieuses, la fièvre jaune notamment. Nous verrons plus loin que cette prétendue immunité des hautes latitudes ainsi que des altitudes élevées à l'égard de la phtisie a été singulièrement exagérée et que si, effectivement, la phtisie diminue généralement de fréquence dans les régions circumpolaires et dans les hautes montagnes, la rareté de la maladie tient, non pas à une immunité locale, mais simplement à la faible densité de la population, circonstance qui diminue les occasions et les chances de contamination.
Bien plus convaincants, en effet sont les arguments que Villemin puise dans la distribution de la tuberculose, envisagée précisément au point de vue de la densité de la population. Il montre que la fréquence de la maladie est en raison directe de l'agglomération des populations; elle règne surtout dans les capitales, dans les villes de fabrique ou |de commerce; dans les campagnes, elle est plus rare. Le conlinement, la sédentarité et la cohabitation exercent une intluence du même ordre. De là l'extrême fréquence de la phtisie dans les prisons, les fabriques, les couvents, les casernes. Les soldats casernés, en pleine paix, fournissent un contingent plus nombreux à la phtisie que les troupes en campagne, bivouaquant ou campant sous la tente et supportant toutes les fatigues et toutes les misères de la guerre. La tuberculose épargne les individus isolés, dispersés ou vivant au grand air ; elle est presque inconnue chez les habitants des grandes steppes de la Russie, les Kirghis; elle est très rare chez les Arabes nomades, vivant sous la tente. Les choses se passent donc pour la tuberculose comme pour les maladies infectieuses, dont la fréquence augmente avec l'agglomération des populations, tandis qu'elles s'atténuent et s'éteignent par la dispersion et l'isolement des individus.
Villemin signale une dernière particularité dans l'histoire de la phtisie et qui complète ses analogies avec les maladies proprement infectieuses. « Les maladies zymotiques, dit-il, dont