‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 75 sur 689 · PHTISIE ET PAYS VIERGES · texte numérisé non relu

PHTISIE ET PAYS VIERGES

l'essence réside dans un agent spécifique, n'ont généralement pas été connues de tout temps sur la terre entière ; elles sont apparues, à un moment donné, dans certaines contrées et ne se sont étendues sur différents peuples de la surface du globe que progressivement et à la suite de communications entre les peuplades primitivement affectées et celles qui ne l'étaient pas encore. Ce phénomène se constate pour la syphilis, la variole, la peste, le choléra. L'existence de la tuberculose remonte bien jusqu'aux temps historiques, en ce qui concerne l'ancien conti^ nent; mais en est-il de même pour le Nouveau Monde et les îles océaniennes? Il ne paraît pas. Différents documents tendent au contraire à prouver qu'un certain nombre de peuplades ne connaissaient pas ce fléau et qu'ils le doivent à l'importation de leurs conquérants. » Dans l'Amérique du Nord, la phtisie paraît n'avoir fait son apparition chez les peuplades indiennes qu'à la suite de leurs rapports avec les Européens. En Australie, dans la Nouvelle-Zélande et dans les îles polynésiennes, le même fait s'est manifesté ; il en est de même de Taïti et de la plupart des îles océaniennes, où la phtisie, naguère à peu près inconnue, exerce actuellement parmi la population indigène des ravages efl'rayants. « N'y aurait-il pas encore, conclut Villemin, un rapprochement à établir entre la tuberculose et les maladies spécifiques touchant cette particularité : que ces affections sont d'autant plus malignes qu'elles s'attaquent à des populations vierges de leurs atteintes? Ce fait, évident pour les maladies zymotiques, ne semble-t-il pas se reproduire à propos de la phtisie? Ne serait-ce pas pour cette raison que les habitants de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de Taïti, etc., sont si cruellement éprouvés? C'est assurément un phénomène bien curieux que de voir ces races indigènes se fondre, pour ainsi dire, et tendre à disparaître par les ravages d'un fléau qu'ils ne connaissaient pas avant leurs rapports avec les Européens. En face de pareils faits, quoi de plus rationnel que d'envisager cette endémicité de la phtisie comme une contamination par la race envahissante? Il y a longtemps, assurément, que telle aurait été l'explication donnée, si les théories régnantes sur la maladie l'avaient autorisé. »

La tuberculose est inoculable et rentre dans la classe de

Page 1