‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 88 sur 689 · ÉTAPES DU VIRUS TUBERCULEUX DANS L'ORGANISME · texte numérisé non relu

ÉTAPES DU VIRUS TUBERCULEUX DANS L'ORGANISME

par les expériences d'inoculation. Si l'on introduit la matière infectieuse dans la cavité abdominale, on provoque une tuberculose du péritoine, de la rate et du foie; si on l'introduit dans la chambre antérieure de l'œil, c'est l'iris qui se prend d'abord; si la matière tuberculeuse est ingérée, l'intestin et les glandes mésentériques seront les premiers atteints; le poumon et les ganglions bronchiques sont envahis d'abord, lorsqu'on fait respirer à l'animal des crachats desséchés de phtisique ; à la suite de l'inoculation sous-cutanée, ce sont les ganglions lymphatiques avoisinants qui se caséifient les premiers.

L'examen des cadavres des phtisiques, dit Gohnheim, permet, d'après certaines particularités qui se présentent presque régulièrement, de suivre également les étapes successives du virus.

Le plus souvent, il pénètre dans l'organisme humain avec l'air que l'on respire. Voilà pourquoi l'organe de beaucoup le plus souvent et le plus profondément atteint par la tuberculose est le poumon. Souvent la plèvre et plus souvent encore les ganglions bronchiques sont atteints profondément alors que le poumon ne présente que de rares nodules ou de faibles infiltrations caséeuses; mais cela n'a pas lieu de nous étonner si l'on rélléchit avec quelle rapidité des particules de charbon introduites par inhalation gagnent également la plèvre et les ganglions bronchiques. Exceptionnellement, le virus tuberculeux peut se fixer d'emblée sur la muqueuse du larynx , d'où la phtisie laryngée primitive, bien connue des cliniciens.

Lorsque les tubercules pulmonaires se ramollissent et s'ulcèrent, les crachats infectants cheminent le long de la trachée et du larynx; ils peuvent s'y fixer et y provoquer de nouveaux tubercules; il en est de môme du pharynx, du voile du palais et de la racine de la langue. Beaucoup de ces crachats sont avalés, mais ils franchissent l'œsophage sans s'y arrêter; d'autre part, l'estomac, par la nature acide de son contenu, est peu favorable à la pullulation du virus : de là l'extrême rareté de la tuberculose de l'œsophage et de l'estomac. Arrivés dans l'intestin grêle, les crachats virulents séjournent surtout là où existe un arrêt mécanique, au niveau de la valvule ilco-cœcale et du caîciim ; les effets de l'infection s'y manifesteront précisément dans les points où les substances absorbées sont d'abord retenues, c'est-à-dire dans les follicules isolés et agminés de l'intestin ; ces follicules

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