LA VIRULENCE RÉSIDE
sperme pur, c'est-à-dire que tous les œufs arrosés avec le liquide sont fécondés ; 2° qu'avec les dilutions plus grandes, un certain nombre d'œufs seulement sont fécondés, quoique tous soient baignés de la même manière dans le liquide dilué. Ce résultat ne peut s'expliquer qu'en admettant que le pouvoir fécondant est l'apanage de particules disséminées dans le liquide. Si ce pouvoir résidait dans les parties liquides solubles, toutes les molécules du liquide participeraient, au même degré, de cette activité qui devrait alors, dans tous les cas, se manifester d'une manière égale. Or, c'est ce qui n'a pas lieu; il en faut donc conclure que le pouvoir fécondant est inhérent aux particules solides, aux spermatozoïdes.
Appliquant cette méthode de la dilution à différents virus (vaccine, variole, clavelée, morve), Ghauveau constata d'abord que ces virus faiblement dilués sont aussi actifs que les produits virulents purs; mais à mesure que la dilution augmente, on voit un nombre toujours croissant d'inoculations qui' échouent, à côté de quelques-unes qui réussissent. Du reste, celles-ci présentent des caractères identiques avec ceux que provoque l'inoculation du virus pur. « Echec ou succès, tout a été net dans ces expériences; jamais il ne s'est rien manifesté de mixte, d'intermédiaire ou d'atténué dans ces expériences... Les choses se passent donc comme si les agents actifs de ces humeurs étaient des éléments solides, en suspension. >
L'autre méthode mise en œuvre par Ghauveau repose sur le phénomène bien connu de la diffusion. L'expérience est instituée de la façon suivante. Le liquide virulent (vaccine, pus morveux, etc.) est déposé au fond d'une très petite éprouvette ; on a soin, pendant l'opération, que le liquide ne touche pas les parois du vase au-dessus du niveau que ce liquide doit atteindre. Puis on verse dessus de l'eau distillée qu'on fait couler doucement le long de la face interne du vase, à l'aide d'une fine pipette, de façon que l'eau s'étale à la surface de la matière virulente sans se mélanger avec elle. On a ainsi dans l'éprouvette une colonne liquide formée de deux couches, de densité et de composition différentes : une supérieure, composée d'eau pure; une inférieure, constituée par l'humeur virulente et renfermant, avec les éléments solides de celle-ci, toutes les matières solubles, albumine, sels, etc., qui entrent dans sa com-