‹ La tuberculose, maladie du peuple [microforme]Chapitre 13 sur 52 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

QUELS MOYENS PRENDRE POUR EMPECHER LA PROPAGATION DE LA CONSOMPTION PAR LES CRACHATS ?

Le malade et ceux qui vivent avec Iui doivent avant tout se convaincre que les mesures de précaution sont prises autant dans l'intérêt du patient que dans celui de son entourage. Du patient, en le protégeant contre une infection nouvelle’; de son : entourage, en évitant de lui faire contracter la maladie.

Il faut que le tuberculeux sache qu’à n'importe quelle période de sa maladie, ses crachats peuvent répandre des gérmes de contagion s'ils ne sont pas détruits avant d'être desséchés. Aussi devra-t-il toujours cracher daïs un crachoir. On préférera un crachoir de métal constamment rempli à moitié d’eau ou d'un liquide désinfectant afin de garder le crachat humide.

Dans les manufactures, les magasins, les wagons de chemin de fer, les salles d'attente, les restaurants, les tribunaux, les buvettes, les ménageries, partout enfin où des foules se rassemblent on doit trouver, en nombre suffisant, des crachoirs à large

ouverture et faits d’un métal résistant toujours à demi remp d’eau et nettoyés régulièrement.

Quand on aura pris toutes € mesures préventives, il n’y au plus d'excuse pour cracher p terre et exposer nos .semblables la contamination.

Toute chambre de tuberculet à la maison, à l'hôpital, au san torium devrait avoir son crachc muni d'un couvercle, placé da une armoire ou d<”” une boi élevée sur un supp .

Nous reproduisons ici deux m dèles de ce crachoir aux figures et 3 Il est en fonte émaill bleue et se trouve enfermé da:

une boîte élevée sur un pied. ] crachoir retenu à la porte de la boîte peut s’enlever facile.sent

pour le nettoya- F1@. 2.—Crachoir sur support en bois modèle Knopf. ge. Un support

de trois pieds de hauteur est certainement le plus commode.

Cette disposition tout en donnant plus de certitude que le malade ne crachera pas à côté, procure un autre avantage qui n’est pas à dédaigner, celui de ne laisser apparaître le crachoir qu'au moment de s'en servir. Le couvercle empêche les mouches et les autres insectes de toucher les crachats et partant de transporter les germes tuberculeux ailleurs.

Les mouches venues en contact avec les expectorations tuberculeuses disséminent la : s ‘ Fi. 3.—Crachoir d maladie de trois façons. La première: en coratif modèle abandonnant |à où elles s'arrêtent les atomes — de crachats qu'elles ont emportés. La deuxième : en déposa sur la nourriture de l’homme ou des animaux le bacille qu'ell

i remplis ont ingéré et qu'elles rejettent ; le microbe trouve ainsi une entrée facile dans les voies digestives. La troisième : mortes, outes ces les mouches sèchent et tombent en pousn'y aura — sière ; le bacille s'en détache, se répand cher par ; dans l'air et peut ainsi porter la maladie blables à - aux poumons.

& Le crachoir métallique élevé muni erculeux, : ; d'un couvercle présente encore d'autres au sana- avantages sur les crachoirs ordinaires crachoir Par exemple, les animaux domestiques acé dans les chiens, les chats, etc, ne peuvent ne boîte atteindre le contenu de ces crachoirs,

puis au dehors à des températures leux mo- froides, ils ne sont pas exposés à se figures 2 casser. Nous reproduisons ici deux émaillee modèles de crachoirs élevés se nettoyant mé dans automatiquement. Ce genre est recompied. Le mandable pour gares

de chemins de fer, édifices publics et ter-

rains de jeux. Les

1 villes et les villages

où les tuberculeux se

rendent pour amélio-

rent Sutomatiquement. “me: rer leur état de sunté

devraient disposer un

certain nombre de ces crachoirs dans les rues,

(fig. 4 et 5.) Là où il est impossible de faire

usage du crachoir élevé on peut le remplacer

par le modèle représenté dans les figures 6

et 7—. Cecrachoir s'ouvre et se ferme fa-

cilement avec le pied, et en y mettant un

peu de sciure de bois pour éviter les éclabous-

sures des crachats, il n’y a aucune difficulté à

le tenir propre. Il va sans dire que cette

sciure de bois sera brûlée chaque fois qu’on nettoyera le crachoir. norte

Dans les manufactures et dans les usines, toyage automatique.

nous conseillons d'employer le crachoir en fer émaillé de Predhol se lavant et se désinfectant sans aucune difficulté et pouvant

être suspendu à la hauteur que l'on désire (figure 8) 1 trouvons dans les figures 9 et 10 un modèle plus élégant ; or conseille l’usage dans les bureaux et dans les magasins. | Hors de chez lui, le malade « se servir d'un crachoir de po Il y a de nombreux «modèles su:

marché. Nous en reproduis quelques illustrations. La fig 11 représente le crachoir de D tweiler, composé de trois pièces fabriqué en verre bleu. Les : gures 12 et 13 donnent le mod Fi6. 6—Crachoir s'ouvrant avec > :

le pied. du crachoir de Knopf, incassal en aluminium, ou nikelé et fait deux pièces. La figure 14 rept sente le crachoir de Lièbe fabriq “aussi en deux pièces. Ordinair ment on trouve le mode d'empl ri avec chaque crachoir. Les pl perfectionnés, mais aussi les pl chers comme ceux des figures 11, 12 et 14 peuvent s'ouvrir se fermer avec une seule main. Tous sont faciles à lave Quel que soit le genre de crachoir employé, on doit toujours d sinfecter les crachats avant de les jeter.

Si l’endroit où l'on demeure possède un bon système d'égouts, il n'y à aucun danger à jeter les crachats dans les w-c., sinon il est 4 préférable de les désinfecter par l’ébullition avant de les jeter. On aura un vase spécial partiellement rempli d'eau servant à recevoir la matière expectorée dans le crachoir. Chaque jour après avoir ajouté une ou deux cuillerées à thé de “soda à laver” par pinte de liquide, on laissera bouillir pendant cinq minutes, Les bacilles étant ainsi détruits, le Fio. 8.—Crachoir 6. mélange est inoffensif. La désinfection des ”"#és Prolbal, crachats, par l'acide phénique (solution à ci: ?our cent) ou par le bichlorure de mercure (1 : 2,000) n’est ps aussi certaine. Ces deux suhstances, en coagulant l’albumine contenue dans les cruchats, forment une couche protectrice qui rend plus difficile

8). Nous

ant; onen !

alade doit de poche.

èles sur le roduisons La figure r de Detpièces et Les fi.

e modèle ncassable et fait en 14 repréfabriqué rdinaired'emploi Les plus les plus ouvrir et à laver.

jours dé-

la destruction des bacilles. L'alcool de bois que l'on trouve

dans le commerce est un bien meilleur désinfectant et n'a pas besoin d'être dilué. Au malade tuberculeux qui pour une raison ou pour une autre se trouve dans l'impossibilité de désinfecter ses crachats, nous conseillerons de verser le contenu de son crachoir sur plusieurs feuilles € journal superposées, de replier soigneusement ces feuilles et de jeter le tout au feu. Certains malades préfèrent se servir de crachoirs en papier; ils devront lee brûler aussitôt que possible afin de ne pas donner aux crachats le temps de se dessécher.

F1G. 9,—Crachoir pour bureaux et magasins.

D'autres craignant attirer l'attention du public, en faisant usage du crachoir de poche, refusent de s’en servir. Ils peuvent

FiG. 10.—1Lx même fermé.

employer des mouchoirs bon marché, faits de mousseline, de coton à fromage, ou ces mouchoirs japonais en papier et les brûler après s’en être servis. Ils devront en outre ajouter à leur habit une fausse poche en toile cirée ou en tout autre tissu imperméable. Les sacs à tabac en caoutchouc remplissent parfaitement le rôle. 1l faudra évidemment en avoir plus d’un afin de n’en point manquer pendant que l'on fera laver et désinfecter celui qui est souillé. Les tu-

berculeux qui crachent dans des mouchoirs en mousseline, en

ntm eee à = à ere lin nqnsensr sommet mages aretinnesrortaténne messes. nement ones

coton ou en papier sont exposés à s’infecter les mains ; a; ? : conseillerons-nous de les laver avec grand soin avant manger. On ne doit jamais cracher dan mouchoir dont on se sert pour se moucl Les malades alités, trop faibles pour se ser de crachoirs en porcelaine où <en alumini (figure 17) en carton ou en papier pre (figs. 18 et 19), doivent avoir près d'eux certain nombre de compresses humides d:

lesquelles ils cracheront. On ne laissera :

sécher ces compresses, mais on les brûle aussitôt que possible. Les crachoirs en} pier et leur contenu seront également détru par le feu.

Un malade tuberculeux en promenade, s percevant qu'il n'a rien dans quoi il puis cracher, devra cracher dans la gouttière de Fi. 11.—Crachoir de TUe. Il ne doit jamais le faire sur les trc poche Dettweiller. toirs, car les uns par la semelle de leu - | chaussures et les autres par leurs longu jupes de robe transporteront ces &ermes dans les maisons. ] tuberculeux doit s'abstenir de tousser inutilement pour ne p s'irriter la gorge et ne pas faire un bruit désagréable ; mais s'il a quelque chose à expectorer, il devra toüsser librement ayant la précaution de mettre un mouchoir devant sa bouche. Un tuberculeux ne doit pas par fausse modestie avaler ses crachats ; c'est très dangereux ; bien souvent, eest par ce moyen que l'on contracte la consomption des intestins.

Avant de vous parler de la désinfection de la chambre du malade, je veux attirer votre attention encore une fois sur le rôle dangereux que jouent les mouches dans la disséminatior des germes de la tuberculose et des autres maladies contagieuses, Non seulement it faut que tout réceptacle contenant l’ex-

Fig. 12.—Crachoir de poche nickelé Knopf.

ins ; aussi na avant de er dans le > moucher.

r se servir duminium ier pressé

d'eux un rides dans issera pas 8 brûlera rs en pat détruits

nade, s'ail puisse ière de la les trotde leurs ‘longues ons, Le

ir ne pas

ickelé

s sur le ination tagieu-

nt l’ex-

pectoration d’une personne tuberculeuse, soit couvert, mais de plus que des toiles métaliiques soient placées aux ouvertures de la chambre du malade, afin d'empêcher les mouches d'y pénétrer. Nous ne devons négliger aucun moyen pour détruire ces insectes.

Je crois que les recommandations suivantes publiées par le Bureau de Santé de la ville de New-York peuvent aider à atteindre ce but. |

“ Eloignez les mouches de toute personne malade spécialement si elle est atteinte d’une maladie contagieuse. Si vous voyez des mouches dans la chambre du malade vous devez le: tuer,

car elles sont couvertes de germes.

“Nejetez jamais des déchets près de votre maison. La paille, les chiffons de papier, en un mot les déchets de nature végé-

tale susceptibles de fermenter doivent être * détruits ou recouverts de chaux ou “d'huile de charbon”.

“ Les barils et les boîtes servant à recevoir les déchets doivent être lavés et enduits à la chaux et à l’huile. |

“ Portez une attention particulière au système d'égouts, tenez-le en bon ordre, ne le laissez pas exposé aux mouches.

: * De temps à autre jetez de l'huile de charbon dans les tuyaux d’égouts.

“ Recouvrez la nourriture après le repas et détruisez les restes de la table.

“Placez des toiles métalliques aüx fenêtres et aux portes, spécialement dans la cuisine et dans la salle à diner. N'oubliez pas, quand vous voyez des mouches, que l'endroit où elles se reproduisent est tout près, dans quelque cvin malpropre. Peutêtre est-ce derrière la porte, sous la table ou dans le crachoir. Là où il n’y a ni poussière ni malpropreté, il n'y a pas dé mouches.”

On réussit à détruire les mouches dans la chambre du malade en se servant de la préparation suivante : mettez deux cuillerées

FiG. 13,—Comment vider le crachoir.

à thé de formaline dans une chopine d'eau et ajoutez un pe sucre. Il suffit de verser un peu de cette solution dans de LH | siettes que l'on dispose ici et là dans la chambre. Les mou

vont boire cette préparation : les unes meurent dans l’eau m et les autres tout près.

On doit désinfecter de temps en temp chambre du malade tuberculeux- Ma beaucoup d'attention, il est bien possible le plancher, les meubles ou les murs s0 souillés. Nous conseillons également la sinfection des effets personnels du mal:

En cas de décès, il est entendu que tou:

dont le malade se servait : vêtements, liv lit et meubles, doit être désinfecté avec s

Aujourd'hui dans plusieurs villes et villa ges res. bureau de santé procède à cette dés ‘ . fection.

Si par hasard il existe encore des endroits où le bureau santé ne s'occupe pas de désinfecter, faites vous-même la « sinfection en procédant de la manière suivante,

lo Boucher avec des bandes de coton les @ fentes et les ouvertures qu'on peut trouver dans le plancher, dans les murs, au-dessus des portes et des fenêtres.

20 Ne pas entasser les draps, les couvre-pieds, etc, mais bien les étendre de façon à offrir la plus grande surface possible au désinfectant. On suspendra les livres afin que les feuilles soient bien exposées,

30 Humecter les murs, le plancher de la Chambre, ainsi que les meubles qui s’y trouvent. Si le malade a craché sur le plancher, il faut Verser de l’eau à ces endroits; mais on évitera de laisser des vaisseaux remplis d’eau dans.

l'appartement. x

40 Pour chaque mille pieds cubes d'espace à | désinfecter, mettre dans le vaporisateur cinq onces d’une solu

oir

Fi6. 15 —Crach couvercle ordinaire. Modèle Knopf,

mm en epnarepnapmanatermanae mm nnmir mme

tion commerciale de formaline à quarante pour cent. La va porisation se f-isant rapidement, on bouche avec du coton le trou de la serrue et les autres fentes près de la porte.

: un peu de lans des ases mouches

l’eau même

n'temps la x. Malgré ossible que nurs soient.

ent la délu malade, ue tout ce nts, livres, avec soin, t villages, tte désin-

bureau de me la dé-

50 L'appartement doit rester clos pendant dix heures. S'il y avait une fuite de gaz dans la chambre voisine, il faudrait procéder à une deuxième et à une troisième évaporation de formaline à deux ou trois heures d'intervalle. Quand la chose est possible, il est préférable de procéder à cette désinfection sous la direction d'un médecin ou d’un homme expérimenté,

Nous recommandons aussi cette méthode de désinfection aux propriétaires d'hôtels, de maisons de pension et aux compagnies de wagons-lits.

En cas de décès, on procède à la désinfection immédiatement après le départ du corps.

Dans certains quartiers des villes

; é L = Fic. 16.—Crachoir-portefeuille et dans certaines maisons de villages en carton.

la tuberculose sévit à l'état permanent. Des tuberculeux sans précaution ont peut-être vécu des années dans ces habitations, le genre de construction et la nature du sol font que la maladie y existe continuellement. Quand les mesures sanitaires sont impuissantes à faire disparaître ces foyers d'infection, il ne reste plus qu'à démolir ces maisons. Dans les endroits où le } système d’égouts laisse à désirer, on portera une attention spéciale à la désinfection des selles du malade atteint de tuberculose intestinale et aussi à la matière provenant des plaies tuberculeuses.

Nous conseillons dans ce cas l'emploi d’une solution phéniquée à cinq pour cent. On se souviendra qu'il est dangereux d'en-

terrer superficiellement les viandes et les crachats cuberculeux sans les désinfecter.

E est vrai que les rayons du soleil tuent le microbe de la tu-

FiG. 17.—Modèle de crachoir en aluminium ou en porcelaine.

berculose ; mais il ne serait pas sage de se fier uniquem cela. Il faut bien du temps aux rayons lumineux pour duire ce résultat dans certains endroits humides et peu leillés. En attendant, l'animal domestique léchera ces :

Page 1