‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 10 sur 74 · CRITIQUE DES CONSTATATIONS RADIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES CONSTATATIONS RADIOLOGIQUES

Autant pour nos observations personnelles que pour celles qui ont été publiées par ailleurs, nous allons envisager successivement les deux groupes de faits auxquels nous avons fait allusion :

19 Les images radiologiques d’apparence strictement normale.

20 Les images radiologiques dont les altérations minimes ne sauraient être considérées comme pathologiques (1).

ImAGcEs RADIOLOGIQUES D’APPARENCE STRICTEMENT NORMALE

Dans le cas d’images sans aucune altération du dessin pulmonaire, sans aucune ombre, aucun flou, aucune déformation qui puissent créer un doute, on pourrait objecter qu’il s’agit de lésions cachées qui ne sont invisibles que par

(1) On peut mettre cette classification en parallèle avec celle que l’on a faite lorsque, avant l’ère radiologique, l’auscultation était le seul grand procédé d’exploration. Là aussi il y avait, chez des tuberculeux pulmonaires, des respirations strictement normales, et, il y en avait d’autres qui, sans être manifestement évocatrices d’altérations pulmonaires, n'avaient cependant pas la douceur et la discrétion du murmure vésiculaire sain. On se demandait alors dans quelle mesure devait-on tenir comme pathologiques ces respirations que GRANCHER avait qualifiées d'anomales. C’est là, parmi beaucoup d’autres, une des questions communes aux examens stéthacoustiques et radiologiques dont s’est préoccupé récemment M. PIGEoN, dans sa thèse.

le fait de leur situation particulière ou de la technique radiologique imparfaite.

Déjà, dans son rapport de 1927, M. Conpter citait une observation de M. Risr où une lésion avait été dévoilée grâce à la position oblique, alors que, vu de face, le cliché semblait absolument normal. Léon BerNarD, Lamy et Mile GAUTHIER- VizLars avaient rapporté un cas de caverne tuberculeuse du poumon invisible à l’examen radiographique chez un nourrisson. Îl est vrai que, lors de la discussion de cette présentation, M. SERGENT avait fait justement remarquer qu’il y avait une ombre suspecte sur les radiographies et que l’on ne pouvait parler de clichés absolument normaux. Carpis et JOANNETTE avaient signalé deux cas particulièrement intéressants. Dans l’un 1il existait, il faut le noter, une très discrète infiltration du sommet, mais sans plus ; en oblique, une caverne apparaissait dans la région rétro-cardiaque, audessous du hile gauche. Dans l’autre, l’expectoration était si riche en bacilles que les auteurs affirmèrent l’existence d’une lésion ulcéreuse malgré un cliché normal. Ils établirent même un pneumothorax artificiel. C’est grâce à ce collapsus que fut rendue apparente une cavité sus-claviculaire. Mais c’est surtout le travail récent de MM. Srepxant et Morrarp qu’il convient de prendre en considération.

Ces auteurs rapportent des observations dans lesquelles à une première radiographie muette succéda, à très court intervalle un second cliché sur lequel se dévoilaient les lésions. Îls accusent, pour expliquer ces faits, deux possibilités : la technique imparfaite, et les lésions masquées.

Il nous semble que ce soit effectivement les deux seules interprétations possibles et il importe donc que nous recherchions si nous sommes mis à l’abri de telles erreurs.

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