‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 44 sur 74 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

PRÉSENCE DE BACILLES DE KOCH VÉRIFIÉE PAR CULTURE ET INO- CULATION DANS LES CRACHATS D'UN MALADE SANS SIGNE RADIO- LOGIQUE, SANS SIGNE PHYSIQUE. — PERSISTANCE DE L’EXPEC- TORATION BACILLIFÈRE AU BOUT D'UN AN.

BOY. Marie, 45 ans, sans profession, est vue le 8 avril 1933 au centre de triage de l’hôpital Saint-Antoine parce qu’elle s'inquiète d’une douleur dorsale dont elle souffre depuis deux ans.

L'examen montre simplement à l’auscultation quelques râles très fins et très rares au sommet gauche, mais son expectoration contient des bacilles de Koch. Les radiographies sont normales.

Dans les antécédents personnels de cette malade, on note en 1908 une infection pulmonaire considérée comme « pleurésie sèche ». En 1910, elle aurait eu une « bronchite » caractérisée par de la toux et une expectoration très abondante qui avait persisté tout l’été. On n’a pas fait d'examen de crachats. |

En 1917, la malade souffre d’un très gros amaigrissement. Elle ressent des douleurs épigastriques. On fait le diagnostic de ptose gastrique et on prescrit le port d’une ceinture qui l’améliore beaucoup.

tar

En décembre 1931, la malade recommence à maigrir, pendant trois mois elle tousse sans expectoration, ni température.

En juillet 1932, la malade ne tousse plus, mais a souvent des frissons, elle ne peut dire s’ils sont accompagnés d’élévation de la température.

Antécédents familiaux. Elle est mariée depuis 1908 ; son mari est bien portant. Elle a une fille de 24 ans, également bien portante. Elle a deux sœurs dont l’une est atteinte d’un lupus de la face. Son père est mort en 1907 d’une pneumopathie aiguë. Sa mère est bien portante.

Le 19 mat 1933, la malade est revue. L’auscultation ne montre rien de plus qu’une légère rudesse de la respiration au sommet gauche ; les crachats contiennent des bacilles de Koch que vérifient la culture et l’inoculation. Les radiographies sont toujours normales.

Le 12 avril 1934, la malade ne présente toujours aucun signe physique, ni radiographique, mais dans son expectoration on trouve toujours des bacilles de Koch. Toutefois elle a repris une activité

normale et se sent en très bon état.

En résumé, 11 s’agit d’une malade qui, depuis longtemps, a des épisodes pulmonaires à allure banale, chez laquelle nous trouvons des bacilles de Koch à plusieurs reprises dans l’expectoration, dont la culture et l’inoculation au cobaye sont positives. Les radiographies pratiquées de face, de dos, et en transverse à de nombreuses reprises, sont toujours apparues absolument normales. La malade a été suivie pendant un an. Jamais aucun signe physique, ni radiologique, n’a pu être noté. L'état général est excellent, mais les cra-

chats très bacillifères.

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