‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 61 sur 74 · OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII

PÉRITONITE TUBERCULEUSE AVEC EXPECTORATION BACILLIFÈRE SANS ANOMALIE RADIOLOGIQUE DU THORAX. — PLEURÉSIE SÉRO- FIBRINEUSE CONSÉCUTIVE. — PERSISTANCE DE L’EXPECTORATION BACILLIFÈRE APRÈS LA DISPARITION DES SIGNES PLEURAUX ET TOUJOURS SANS MODIFICATION RADIOLOGIQUE. — Évozurion FAVORABLE.

REIL. Andrée, 22 ans, domestique entre le 14 mai 1932 à l'hôpital Saint-Antoine, salle Litré.

Fig. 20. — Obs. XXII. Reil., 7 décembre 1932

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La malade a été adressée à l'hôpital par un dispensaire. Son histoire est simple : c’est une enfant de l’assistance publique. Elle est restée à la campagne, dans les environs d’'Évreux, de 11 ans à 21 ans.

A 19 ans, elle aurait soigné une personne atteinte de tuberculose et aurait eu à la suite une « bronchite » qui aurait duré trois semaines.

Elle vient à Paris en octobre 1931 et se place comme domestique. Elle se sent dès lors très fatiguée, maigrit, a des sueurs nocturnes et tousse fréquemment. Elle souffre beaucoup de l'abdomen et ces douleurs s’exagèrent pendant les six mois qui précèdent son entrée à l'hôpital. Il y a deux mois enfin apparaît une aménorrhée qui l'amène à consulter à l'hôpital Tenon où elle reste trois semaines. Elle va ensuite dans un dispensaire où on lui conseille de venir à l'hôpital Saint-Antoine.

Lors de son entrée (Mai 1932), la malade a une péritonite tuberculeuse à forme ascitique avec très petit épanchement, aucun trouble du transit intestinal ni clinique, ni radiologique. Elle est apyrétique. L’examen clinique et les radiographies de son thorax ne montrent rien d’anormal. On décide un traitement par les rayons ultra-violets. |

Du mois d'août au mois de septembre, la malade est soumise à trente séances, à la suite desquelles les douleurs disparaissent, les règles reviennent.

Au mois d'août un examen des crachats avait montré l'existence des bacilles de Koch à l’homogénisation. Mais des examens répétés à la suite ayant été négatifs et l’image thoracique étant normale, on n’avait pas jugé qu’il y eût là une contre-indication à la cure par les rayons ultra-violets.

Le 1er septembre on en trouve deux à trois par champ et de nombreux examens pratiqués à la suite sont toujours positifs. Cependant la radiographie ne montre toujours aucune anomalie.

Vers la fin du mois, un point de côté très violent apparaît à la base gauche.

Au mois de novembre une pleurésie séro-fibrineuse de la base gauche est constituée et persiste deux mois.

En janvier 1933 ’épanchement à complètement disparu. Les radiographies du thorax sont absolument normales. Les crachats toutefois renferment encore des bacilles à l’'homogénisation.

La malade quitte le service le 11 février 1935.

Elle séjourne alors au sanatorium de la Tuyolle jusqu’au 3 oc-

tobre 1933.

Puis elle va au sanatorium de l'Office Public d'Hygiène de la Seine à Hauteville. Nous en recevons des nouvelles le 12 mai 193%. Elle n'aurait plus aucun signe pathologique tant abdominal que pleuro-

pulmonaire.

En résumé, il s’agit d’une jeune fille de 22 ans qui, après avoir présenté les signes classiques d’imprégnation tuberculeuse, entre à l'hôpital avec une péritonite à forme ascitique. Un premier examen des crachats est alors positif à l’homogénisation, alors que l’image thoracique est absolument normale. On prescrit néanmoins un traitement par rayons ultraviolets à la suite duquel l’expectoration devient bacilhifère et d’une façon constante. Les radiographies cependant pratiquées nombreuses ne montrent absolument aucune anomale.

Peu de temps après apparaît une pleurésie séro-fibrineuse à la base gauche. La radiographie alors, montre une image classique d’épanchement liquidien ; au-dessus, la trame pulmonaire apparaît un peu plus fortement marquée qu'il n’est normal. On peut y noter l’existence d’un petit nodule très foncé, nettement limité, à contours circulaires, de la dimension d’une petite lentille. Deux mois après l’image thoracique est de nouveau normale, mais les crachats renferment encore des bacailles.

Après un an 1/2 de séjour en sanatorium, la malade ne présente plus actuellement aucun symptôme pathologique de quelque ordre que ce soit.

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