OBSERVATION XXIII
(Observation qui nous a été obligeamment communiquée par MM. BipermanN et MÉry).
ExPECTORATION BACILLIFÈRE AU COURS DE LA CONVALESCENCE ? # # D UNE TUBERCULOSE PÉRITONÉALE. — RADIOGRAPHIES Puzrmo- NAIRES NORMALES. — ÉvoLzurion FAVORABLE.
KI. Charles, âgé de 35 ans, employé de chemin de fer, est atteint en décembre 1931 de tuberculose péritonéal à évolution traînante. La température se maintient aux environs de 380 5 le soir pendant deux mois et ne redevient normale qu’au bout de cinq mois.
Quand le malade est vu pour la première fois en septembre 1932, il persiste un peu de balonnement abdominal avec sensibilité à la palpation, mais on ne constate ni ascite, ni gâteaux péritonéaux.
La toux est rare et l’expectoration minime. Trois bacilloscopies sont restées négatives. L’examen physique des poumons ne décèle rien de particulier ; radioscopie et radiographie montrent une image thoracique normale.
On se trouve donc en présence d’un convalescent de péritonite tuberculeuse que les examens cliniques, radiologiques et bactériologiques permettent de considérer comme indemne au point de vue pleuro-pulmonaire.
Une cure hélio-marine paraît indiquée et le malade est envoyé à Berck.
[1 n’y reste que six semaines car une anlyse des expectorations pratiquée fin octobre 1932 montre la présence de rares bacilles de Koch (trois à quatre tous les deux ou trois champs). Ce résultat est confirmé par une nouvelle bacilloscopie faite à Nancy le 5 décembre 1932, qui est également positive après homogénisation (une dizaine de bacilles dans tout le culot).
Le malade est admis fin décembre 1932 à la Maison de Cure de Séricourt où il reste en observation pendant neuf mois.
Durant toute la durée de son séjour, la toux est rare, l’expectoration minime se bornant au rejet d’un ou deux crachats muco-purulents le matin au réveil, mais à plusieurs reprises les bacilloscopies
se montrent positives.
Les analyses successives ont donné en effet les résultats suivants :
22 et 23 décembre 1932 : pas de bacilles de Koch à l’examen direct.
27 décembre 1932 et 24 janvier 1933 : rares bacilles de Koch à l’'homogénisation.
31 février 1933 : rares bacilles de Koch à l’examen direct.
15 mars et 17 avril 1933 : pas de bacilles de Koch à l’examen direct.
15 mai 1933 : rares bacilles de Koch à l’homogénisation.
Par la suite, les bacilloscopies restent négatives, tant à l'examen direct qu’à l’homogénisation.
Au total, à quatre reprises différentes, les examens des crachats ont permis de déceler la présence de bacilles de Koch.
Or, pendant la même période, les examens stéthacoustiques et radiologiques des poumons sont restés constamment négatifs.
Le malade a été ausculté et passé à l’écran à de très nombreuses reprises sans qu’on n’ait jamais pu constater la moindre anomalie.
Cinq films ont été pris, trois en position frontale et deux en position oblique, ces derniers dans le but de déceler une cavité rétro-cardiaque qui aurait pu passer inaperçue. [ls ont montré des champs pulmonaires de transparence parfaite, sans aucune tache, sans aucune image pouvant faire suspecter une perte de substance.
KI. a été revu en mars 1934. Il n’accusait aucun trouble et travaillait régulièrement depuis quatre mois.
La radiographie montrait une image thoracique normale et trois examens de crachats (avec homogénisation) restèrent négatifs.
En résumé, chez un malade convalescent de tuberculose péritonéale à évolution traînante, mais dont les poumons sont stéthacoustiquement et radiographiquement normaux, les bacilloscopies se sont montrées positives à six reprises différentes, deux fois à l’examen direct et quatre fois après homogénisation. Il s’est écoulé sept mois entre le premier et le dernier examens positifs. L’évolution se fit ultérieurement vers la disparition de tout symptôme pathologique.
4e GROUPE
EXPECTORATION BACILLIFÈRE MONO-SYMPTOMATIQUE ÉVOLUANT VERS UNE FORME DE TUBERCULOSE PULMONAIRE NORMALE.