OBSERVATION XXV
ExXPECTORATION BACILLIFÈRE SANS SIGNE RADIOLOGIQUE. — TUBER- CULOSE PULMONAIRE ANTÉRIEURE VRAISEMBLABLE.
GICQ. Jean, 35 ans. Il s’agit d’un infirmier de l’Assistance Publique de Paris. Il avait toujours été bien portant. Il resta 17 mois au front pendant la guerre et il fut gazé à plusieurs reprises sans que jamais son état ne nécessitât l’évacuation.
En 1918, il présente un incident broncho-pulmonaire qui fut étiqueté « bronchite chronique » par le médecin militaire qui le soigna à ce moment. Le malade avait eu alors un gros amaigrissement, des sueurs nocturnes, de la toux, une expectoration abondante. La température s’était élevée autour de 38. Cet état se prolongea pendant deux ou trois mois. On n’aurait cependant pas fait l'examen bactériologique des crachats.
Puis le malade fut démobilisé. Il retourna alors à la campagne dans sa famille, et se sentit beaucoup mieux ; il prit du poids, ne toussa plus, ne cracha plus.
En 1923, il vient à Paris et entre comme employé à l’Assistance Publique. Il perd alors 10 kilogrammes en six mois et se remet à tousser et à cracher. L’expectoration n’a pas été examinée, mais une radiographie dont nous n’avons pas eu connaissance a été prise. C’est sur son examen que le médecin de contrôle des infirmiers lui octroya un congé de six mois.
Après son congé, il se sent de nouveau très bien. Son poids est revenu à son taux antérieur. [l continue à cracher, mais ne tousse plus. Il reprend son service normal d’infirmier. Il continue ainsi à exercer sa profession jusqu’en 1933.
Entre temps, en 1929, il se fait faire une radiographie de contrôle qui ne montre également rien de particulier.
En 1933, sur les instances de sa femme, il se fait faire un examen de ses crachats. Il ne se sentait qu’un peu fatigué et ne toussait ni ne crachait plus que d'habitude. On constata alors la présence de bacilles de Koch à plusieurs reprises dans l’expectoration. Une radiographie est alors pratiquée et ne montre aucune image anormale. Le malade se repose quelques jours puis va demander au médecin de contrôle à l’hôpital Laënnec un congé de maladie qui lui est refusé sur la constatation de son image radiographique et sur le fait que ses crachats ne contiennent plus ce jour là de bacilles.
Dans ses antécédents familiaux, il faut signaler que sa mère est morte d’un cancer. Son père, actuellement vivant, serait atteint d’un cancer du larynx. Il a cinq sœurs et frères bien portants. Il a été marié pour la première fois en 1923 ; sa femme est morte en 1930 de tuberculose pulmonaire. [Il n’a pas eu d’enfant de ce mariage. Il s’est remarié en 1932 ; 1l a eu un enfant de ce second mariage qui est âgé de 17 mois et dont la cuti-réaction est négative.
En janvier 1934, notre malade qui a repris ses fonctions d’infirmier présente quelques râles de bronchite discrets disséminés dans les deux champs pulmonaires. À l’auscultation, sa radiographie est normale, ses crachats ne contiennent pas de bacilles. Il se sent en bon état général.
L'examen du larynx a été pratiqué par M. LALLEMANT au moment où l’expectoration a été bacillifère (avril 1933) et n’a absolument rien montré d’anormal.
En résumé, il s’agit d’un malade de 35 ans qui a eu, en 1918, une affection pulmonaire qui semble bien avoir été une poussée tuberculeuse.
En 1923, au cours d’un nouvel incident pulmonaire, une radiographie est pratiquée et lui fait octroyer un congé de 6 mois.
10 ans après, il fait faire sans aucune raison particulière
Fig. 22. — Obs. XXV. Gicq., 29 janvier 1934
Fio 24 "Obs XNA V ec. Gajnillet.1933
un examen de ses crachats qui révèle à plusieurs reprises la présence de bacilles de Koch. La radiographie est cependant normale. Évolut on favorable.