‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 67 sur 74 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

TUBERCULOSE PULMONAIRE CLASSIQUE AVEC, COMME SEUL RELI- QUAT UN AN APRÈS, UNE EXPECTORATION BACILLIFÈRE.

ROUQ, 30 ans, manœuvre, entré à l'hôpital Saint-Antoine, salle Mathé, le 10 février 1933, malade depuis quatre années.

Octobre 1928, asthénie, amaigrissement.

Novembre 1928, hémoptysie (3 verres de sang rouge). Il entre à l'hôpital Saint-Antoine, salle Brouardel (service du D' Contz). fl continue à cracher du sang pendant une semaine. Sa température atteint 390. Il reste un mois à l’hôpital. Les examens radiologiques répétés sont négatifs, ainsi d’ailleurs que l’examen bactériologique de ses crachats.

Il rentre chez lui apyrétique et avec un bon état général, mais continuant à tousser et à cracher. Il reprend toutefois sa profession qui est pénible (manœuvre aux usines Renault).

Février 1929, amygdalite avec troubles de l’état général, accentuation de la toux et de l’expectoration. Le malade entre à l’hôpital Saint-Antoine (salle Lorain) et y reste trois semaines. L’examen des crachats montre l’existence de bacilles de Koch. Le malade est alors envoyé à la salle Barth où il reste un mois 1 /2. Puis, en avril, très amélioré il part au sanatorium de Crevecæur-le-Grand. Au bout d’un séjour d’un mois, se sentant en très bon état il en sort. [Il reprend à nouveau sa profession et reste bien portant pendant trois années.

Juillet 1932, apparition soudaine d’un incident aigu d’allure grippal (angine, température à 390, toux, expectoration). [l va à l'hôpital Laënnec d’où il est adressé à l’hospice de Bicêtre (sanatorium Clémenceau). Il en sort en octobre 1932, amélioré mais souffrant de douleurs thoraciques, facilement dyspnéiques. Il se remet au travail mais difficilement. Son état s’aggrave bientôt et l’oblige à retourner à l'hôpital Saint-Antoine.

Février 1933, à son entrée à l’hôpital, ce malade paraît avoir un très bon état général. Il se plaint seulement d’être extrêmement fatigué vers la fin de la journée. Sa température normale le matin s'élève vers 380, Il n’y a aucun signe anormal objectif tant à l'examen thoracique qu’à l’examen des différents appareils. Mais Pexamen des crachats décèle de façon inconstante parfois seulement à l’homogénisation, d’autre fois à l’examen direct, la présence de bacilles de Koch. Ceux-ci ont été retrouvés lors d’une expectoration faite au laboratoire et en notre présence dans une boîte de Pétri. Les radiographies pratiquées fréquemment de face, de dos et de profil, ne montrent que : |

19 — un hile un peu plus chargé que normalement.

29 — une tache sous-claviculaire très opaque de la dimension et de la forme d’une fève. Cette ombre qui donne l’impression d’une

petite masse calcifiée et dont le contour est extrêmement net, demeure sans modification aucune à tous les examens. Examen du larynx négatif.

Antécédents jamiliaux, parents décédés jeunes, d’affection non précise. Deux sœurs, l’une morte de tuberculose pulmonaire, l’autre atteinte de laryngite chronique. Deux frères bien portants.

Le malade quitte le service le 7 juin 1933 pour aller vivre à la campagne dans sa famille.

En résumé, 1l s’agit d’un malade de 30 ans qui, en 1928, eut un hémoptysie. L’examen radiologique du thorax et l’examen bactériologique des crachats furent alors négatifs.

En 1929, apparition de tuberculose pulmonaire classique avec périodes d'améliorations et poussées.

En février 1933, il vient consulter pour asthénie et ne présente plus qu’une expectoration bacillifère. Les radiographes ne montrent qu’un hile un peu plus développé que normalement et une nouvelle ombre cicatricielle en plein parenchyme.

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