‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 68 sur 74 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

ExPECTORATION BACILLIFÈRE SEUL RELIQUAT D'UNE FORME COMMUNE DE TUBERCULOSE PULMONAIRE.

TOB. 22 ans, cordonnier, est examiné par nous au centre de triage de l'hôpital Saint-Antoine, au mois de décembre 1932.

L'état de ce malade est excellent, il n’a pas de fièvre. [l tousse un peu et expectore des crachats purulents dans lesquels on trouve cinq à six bacilles de Koch par champ. L’examen clinique du thorax ne révèle rien d’anormal non plus que l’examen des autres appareils. La radiographie des poumons montre quelques tractus un peu plus marqués que normalement dans la région intercléido-hilaire gauche. Nous aurions tenu pour à peu près normal ce film radiologique si nous n’avions connu l’histoire du malade.

Celui-ci, en effet, était entré le 14 novembre 1932 dans le service du Professeur BEzancon. Depuis cinq mois alors qu’il travaillait

André Meyer 12

beaucoup et s’alimentait insuffisamment, il s’était mis à tousser, à maigrir, à avoir des sueurs nocturnes. À son entrée à l'hôpital, le malade ne présentait en dehors de ces troubles absolument rien que son expectoration bacillifère. La radiographie avait montré une petite infiltration très discrète de la région où, lors de notre examen, persistait une image un peu suspecte.

Le nettoyage radiologique se poursuit et bientôt les films pris de face, de dos, de profil, en oblique, ne décèlent absolument rien que l’on puisse considérer comme pathologique. Cependant l’expectoration reste toujours aussi bacillifère. Cette situation se prolonge longtemps puisque ce n’est que le 3 avril 1933 que notre malade quittait l'hôpital Saint-Antoine. À ce moment, son état général est excellent. On ne découvre aucun symptôme pathologique tant à l’auscultation que radiographiquement, mais l’expectoration est toujours aussi riche en bacilles de Koch.

En juillet 1933, le malade encore suivi par le centre de triage de l'hôpital Saint-Antoine a repris son activité normale sans aucune difficulté ; 1l reste un « cracheur de bacilles » sans autre manifestation pathologique.

Les crachats cultivés et inoculés au cobaye et au lapin nous ont montré qu'il s'agissait d’un bacille de Koch de type humain.

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