‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 69 sur 74 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

ExXPECTORATION BACILLIFÈRE SEUL RELIQUAT D’UNE FORME COMMUNE DE TUBERCULOSE PULMONAIRE.

TRIN. François, cordonnier, âgé de 41 ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine, salle Mathé, le 5 novembre 1931. Depuis un mois, il souffre d’un point de côté droit à la hauteur de l’omoplate. Il tousse un peu le matin, mais crache peu, a bon appétit, son état général ne semble pas atteint. Il se dit cependant un peu fatigué et pense avoir maigri.

L’examen révèle une zone de matité à la partie supérieure et en arrière de l’hémithorax droit. Le murmure vésiculaire paraît rude, rapeux à ce niveau. Îl n’y a pas de signes adventices.

La radiographie montre très nettement une infiltration diffuse des 3/4 supérieurs du poumon droit.

Fig. 28. — Obs. XXX. Trin., 29 mars 19353

L’expectoration renferme trois à quatre bacilles par champ à l'examen direct.

Ses parents sont morts jeunes et le malade ne peut préciser dans quelles circonstances. Il a été élevé par des grands parents qui n’ont eu aucune maladie à signaler.

Il a été bien portant jusqu’en 1919. Depuis il s’enrhume facilement tous les hivers. Il y a un an, il aurait eu un rhume plus intense avec toux et fatigue intense. [l est allé alors consulter à l’hôpital Cochin où on lui aurait trouvé quelques signes suspects au sommet droit.

Devant cet ensemble de signes, on décide de tenter un pneumothorax. Mais son état s’améliorant très vite au cours des premiers jours de son hospitalisation, on décide de surseoir à l'intervention.

Il quitte bientôt Saint-Antoine et va séjourner un an à l’hospice de Brévannes. Il en sort très amélioré ne crachant plus de bacilles.

En jévrier 1933, un incident à type grippal le ramène à l'hôpital Saint-Antoine. Il y est hospitalisé du 16 février au 6 mai, à la salle Lorain.

Lors de son hospitalisation, il fut examiné complètement à plusieurs reprises et l’on nota :

19 L'existence fréquente de bacilles dans son expectoration.

90 L'absence de tout signe radiologique sauf une très légère rétraction à droite. Les radiographies ont été faites de façon répétée de face, de dos, en transverse.

En mars 1933, les bacilles sont plus rares et ne sont trouvés qu'après homogénisation.

Le 21 mars, les crachats ne contiennent plus de bacilles à l'examen. On pratique une culture et une inoculation au cobaye quisont restées négatives.

Le 6 mai 1933, le malade quitte l'hôpital et reprend son travail.

Lors de son hospitalisation, on a noté une légère glycosurie (3 gr. p. litre) intermittente. La glycémie et l’urée sanguine sont à des taux normaux. La réaction de Wassermann est négative.

Le 24 novembre 1933, le malade revient sur convocation. [Il travaille un peu en évitant de se fatiguer. Îl se sent très bien, ne tousse pas. Il a pu donner quelques crachats dont l’examen a été négatif.

Le 11 décembre 1933, très bon état général, ne tousse pas, ne crache pas, n’a aucun signe à l'examen clinique. La radiographie est nor-

male.

En résumé, chez un malade dont l’expectoration est restée constamment bacillifère, nous avons vu se succéder les images radiologiques suivantes :

19 En novembre 1931, à droite, marbrures étendues sur presque toute la hauteur du poumon avec zones claires arrondies réalisant presque une image en nids d’abeilles, sommet un peu sombre à gauche, tractus linéaire oblique en haut et très légèrement en dehors.

29 Le 20 février 1933, à gauche, image absolument inchangée ; à droite aspect radiologique normal du poumon.

Il faut cependant noter l’existence, près du hile, de deux ombres linéaires qui,s’unissanten dehors, paraissent constituer une image triangulaire à sommet externe. En réalité cette image est très nettement circonscrite en bas par une ombre costale, en haut par une arborescence à point de départ hilaire. Elle n’apparaît pas dans les radiographies en transverse.

Ces ombres linéaires sont restées inchangées sur toutes les radiographies faites de février à décembre 1933.

Finalement l’expectoration bacillifère devait se tarir à la fin du mois de mars 1933 et ne jamais plus réapparaître. Le malade en très bonne santé apparente a pu reprendre une activité normale.

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