‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 7 sur 74 · HISTORIQUE. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. GÉNÉRALITÉS

En vérité, l'existence de tuberculoses occultes à expectoration bacillifère a été considérée comme possible par de nombreux auteurs. Elles furent en particulier assez souvent décrites dans le cadre aux limites incertaines des bronchutes tuberculeuses. Dès 1912, M.M. BEezançon et I. DE Jonc n’écrivaient-ils pas que «bien souvent l’examen méthodique et répété des crachats révèle la présence de bacilles de Koch tout au début de la tuberculose pulmonaire manifeste, alors que les symptômes d’auscultation, les symptômes rationnels, manquent de précision ou même sont absents » ? Toutefois, nous devons tenir compte des progrès de la radiologie et ne considérer comme vraiment importants que les documents relativement récents. Ce n’est d’ailleurs qu’au cours de ces deux dernières années que la littérature médicale s’est enrichie de travaux se rapportant exactement au sujet de notre étude.

Quelques publications antérieures doivent cependant être mentionnées. Telles sont celles de M. Vernes et de MM. Jac- Quor et Urrocrz qui, dès 1926, attirèrent l’attention sur ces faits et plus spécialement sur leur rapport avec les résultats de la séro-réaction dans la tuberculose. Peu de temps après, au VI Congrès National de la Tuberculose (avril 1927). M. Corprer, de Lyon, et M. Jurzren rapportèrent des observations semblables. La même année, MM. Armann-De- LILLE et VIBERT signalaient l’existence de crachats bacillifères prélevés par tubage gastrique chez des nourrissons dont

la radiographie était pratiquement normale. En 1929, MM. Bezançow, Braun et Mme Frey-Racu présentaient à la Société d'Études Scientifiques de la Tuberculose deux cas de cracheurs de bacilles de Koch sans lésion radiologique appréciable. A l’étranger, de nombreux auteurs semblèrent s'intéresser à cette question et discutèrent la valeur des constatations qu'ils avaient faites. Il faut citer, en Allemagne, les publications de Gurmann, Grass, BLuMmE, Lôwen, LIGNER, Oprrz, Rermann entre 1927 et 1930 ; aux États-Unis, un article de BLacxwoop dans l’United States Naval Medical Bulletin (1927), ceux de WaLGreEN, et plus récemment ceux de FRIEDMANN, EssEerMax et BLackx et de NALBANT.

Il fallut attendre ces deux dernières années pour que cette étude fût reprise chez nous. Peu auparavant, à Levysin, MM. Carpis et JoanNETTE d’une part, M. Jacqueron d'autre part, cherchèrent à expliquer ces faits à priori paradoxaux dont ils avaient eu eux-mêmes quelques exemples. Mais c’est à la séance du 14 octobre 1933 de la Société d'Études Scientifiques de la Tuberculose, que M. MEERSEMAN apporta le premier travail documenté sur la question. Une discussion s’amorça alors, à laquelle prirent part MM. LeurET, BEzZANçon, WEiLcer, Parar, Borper et Pirron. À une réunion suivante de la même Société (9 décembre 1933), MM. Kupezs- KI, L. Leroux et E. KupeLsxr présentèrent une observation extrêmement intéressante à la suite de laquelle nous résumâmes les travaux que nous avions nous-même en cours avec MM. Bezançon et Paul Braun; M. BIDERMANN signala un cas personnel et une large discussion suivit au cours de laquelle MM. DouBrow, ANDRÉ-MARTIN, STEPHANI, et WeiLrer exposèrent leurs opinions. En 1934, plusieurs articles sont à mentionner, en particulier ceux de MM. FAURE et MarTinier, de MM. Srepxant et Mocrarp, de Marcel Lécer et de M. P. Jacos.

Notre travail est le résultat des recherches poursuivies pendant trois ans, surtout dans le service de M. le professeur BEzancon et de l’étude de toutes les publications auxquelles

André Meyer 2

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nous venons de faire allusion. Nous nous proposons de tracer tout d’abord l’allure clinique et l’évolution des cas observés. Ils comportent deux caractères essentiels, l’un négatif l’absence de signes radiologiques, l’autre positif : l’expectoration bacillifère. Nous ferons une critique aussi complète que possible de ces deux éléments, ce qui nous amènera à envisager d’une part, la limite du normal et du pathologique en radiologie, d’autre part, la valeur de la présence d’un bacille acido-résistant dans l’expectoration. Il nous restera à examiner les différentes explications susceptibles d’éclairer le mécanisme de ces faits puis à en tirer des déductions thérapeutiques et prophylactiques. Nous terminerons par l’exposé de trente observations pour la plupart recueillies par nous-même, que nous avons choisies parmi celles qui nous semblaient le plus propres à illustrer le sujet de notre étude.

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