‹ La Tuberculose Pulmonaire Sénile: Importance de son diagnostic dans la lutte anti-tuberculeuseChapitre 14 sur 48 · VII · texte numérisé non relu

VII

Nous savons d'autre part qu'il existe d'autres formes dans lesquelles lé malade s’es/ adapté à sa lésion dès l’âge. adulte et peut vivre avec elle jusqu'à un âge avancé. Ce sont ces formes qui sont nocives pour l'entourage et qu'à tort on appelle {afenles.

Ces cas semblent les plus fréquents. Le plus souvent il s’agit d'un

vieillard paraissant jusque-là bien portant, qu’une modification dans son état pousse à venir consulter ou qui attire sur lui l'attention.

Telle une hémoptysie (IV), un accident aigü : poussée de bronchite

(V), une poussée pneumonique (VI), ou même une généralisation.

« Ont-ils été surpris vraiment par la tuberculose à un âge aussi avancé ou bien ont-ils été foudroyés par une tuberculose qui était restée latente pendant 46 ou 50 ans ? » (DAREMBERG).

‘En réalité, nous avons toutes les raisons de penser que la maladie a débuté en même temps ou presque que la « bronchite. » ou le « Chaud et froid », initiaux que l’on retrouve si souvent dans les antécédents, à en juger par la fréquente d’une tare héréditaire \tuberculeuse sur la descendance du sujet, qui a véritablement semé la mort autour de lui. (Voir III° partie). En résumé, quand on discute ces deux manières dont se présente la tuberculose sénile au point de vue étiologique, on arrive à se convaincre :

1° Que le vieillard peut se contaminér et présenter des formes certainement primitives ; :

Que la différence entre la tuberculose dite latente, évoluant sans bruit, et la tuberculose datant de loin, avec manifestations plus ou moins évidentes, est souvent très difficile.

Quelles sont donc les conditions qui viennent modifier l'allure de la maladie ?

Le terrain sénile, — Tes anciens auteurs ont voulu imposer au .

terrain sénile des conditions spéciales qui impressionnent l’évolution de la tuberculose. Sont-elles réelles ? Nous ne le croyons pas. On écrit en effet communément que la tuberculose revêt chez le vieillard

un type torpide d'évolution lente. C’est cette notion qui faisait dire à Fonssagrives : « Après 45 où 50 ans, il est presque indifférent d’être

ou de n'être pas tubercuieux ». Or que voyons-nous lorsque nous étudions les observations de près ? ,

| i° Lorsque la tuberculose évolue d'une façon lente et torpide chez le vieillard, nous arrivons toujours à faire remonter le début de l'affection à l'âge adulte. (Obs. : I, IV, VI) et c’est précisément parce que ces sujets ont fait une forme de fwberculose torpide d'emblée, qu'ils ont pu arriver à la sénilité, Il ne faut pas prendre ici l'effet pour la cause.

2° Il ne semble pas que lorsque le vieillard contracte sa tuberculose dans l’âge sénile, elle présente une évolution différente de celle de l'adulte.

: Dans notre observation Il, la maladie a débuté à 57 ans (contagion conjugale prohabie), elle évolue progressivement et le malade meurt phtüsique à 62 ans = durée 5 .ans.

3° Le vieillard peut faire à certains moments des poussées évoluiives.

Sont-elles différentes de celles de l'adulte ? — Aucunement, (Obs. I, IV, VI). Elles se traduisent par une hémoptysie, une bronchite aigüe, avec aggravation des signes généraux et éxtension des lésions.

Conditions adjuvantes qui favorisent le développement de la tuberculose chez le vieillard. — T1 semble que la sénilité puisse avoir pour effet d'amener l'apparition d'un épisode aigü au cours d’une tuberculose torpide, épisode qui viendra hâter l’évolution de ja maladie et permettra en même temps de déceler la véritable nature d’une « bronchite chronique », non diagnostiquée jusque là. fObs.: LV, VI, VIT).

Y a-til là simple coïncidence, la maladie arrivant normalement

à son terme? Ou bien la modification de l’évolution est-elle liée

au contraire à l'apparition de l'involution sénile? Il est difficile de trancher la question. Cependant, il est fort possible que l'état sénile lui-même, indépendamment de tout autre état morbide ‘“oncomitant soit capable de favoriser le développement de la tuberculose au lieu de créer, comme on l’a cru longtemps, un certain degré d'immunité. Il faudrait en chercher les causes dans « la défailiance générale des résistances organiques » (SERGENT) chez le vieillard.

Quant aux causes proprement adjuvantes, les unes se rattachent plus ou moins directement à la sénilité elle-même : insuffisance

d’air et d'exercice physique (en réalité elles ont moins d'importance . que chez l'adulte, les fonctions vitales étant plus ralenties chez- le

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vieillard\ : les autres sont dûes à certaines maladies fréquentes :

chez le vieillard : le diabète, le cancer de l’œæsophage, la néphrite chronique qui coïncident très souvent avec la tuberculose, les paraplégies, le rhumatisme chronique qui entraînent une sedentarité

excessive. Certains auteurs y rattachent le catarrhe chronique. En.

réalité la question est très complexe ; nous disons un peu plus loin ce que nous en pensons (page 36). Enfin la misère, toujours si redoutable chez le vieillard et particulièrement comme facteur de tuberculose (BARIÉ), doit avoir acquis encore plus d’importance

- depuis la guerre. Nous n'avons pas de statistiques depuis 1914 pour appuyer notre thése, mais il est à craindre que les privations excessives auxquelles sont soumises tant de vieilles gens, ne viennent accroître largement la fréquence de la tuberculose sénile.

Principales localisations. — La tuberculose sénile se localise le plus souvent à un seul organe qui est 5 fois sur 6 le poumon. Mais fréquemment aussi sa première manifestation est une réaction pleurale. La pleurésie sero-fibrineuse tuberculeuse est loin d’être rare chez le vieillard ( CRÉPIN, 34).

On retrouve dans certains cas le commémoratif d’une atteinte antérieure sur une autre séreuse. Telle cette observation rapportée par Courcorx (31;, dans laquelle l’atleinte des séreuses ne se fait qu'à très longue échéance :

Un sujet en 1856, à l'âge de 10 ans, fait une pleurésie droite. À 40 ans, survint une péritonite qui dura, plusieurs mois. En 1914, il avait 68 ans ; il refait une pleurésie droite séro-fibrineuse nettement bacillaire qui, après plusieurs ponctions, laissa une symphyse à la base droite. Les

poumons sont restés intacts et cet hommie, qui a maintenant 74 ans,

a une vie encore assez uns

La localisation peut se faire aussi à la peau, aux articulations, aux 08 et « au point de vue clinique, l'évolution de ces tuberculoses locales commençant à un âge si avancé est telle qu'on l’observe chez les jeunes ». (Wipar, 92). Là encore les deux extrêmes de la vie se rencontrent. Le tableau statistique n° XII est à cet égard très frappant. On voit la grande fréquence relative pour les deux pays, des localisations non pulmonaires de la tuberculose, et pour les

Etats-Unis en particulier, les chiffres Les es élevés concernent le groupe 2 et 4 ans, et le groupe 65 et au- dessus.

'ABLEAU XII

Mortalité par Méningite et autres formes de Tuberculose aux Etats-Unis et en Angleterre et Galles Proportion par 100.000 habitants

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