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considérable à tel pomt que cetté association constituait pour les
‘anciens une véritable entité morbide :.
« En pratique on peut dire qu’un vieillard qui répond au tableau classique minutieusement décrit par les anciens du catarrhe chronique avec emphysème n'est, en réalité, qu'un vieux tuberculeux fibreux à forme bronchitique et avec emphysème secondaire. Aussi la question pourrait-
elle se poser de savoir si dans un précis des maladies du vieillard un chapitre devrait être conservé pour la bronchite chronique en dehors de
ia section consacrée à la tuberculose. » (PIC, 71).
tôèmes physiques. S'il n’en existe aucun, nous serons autorisés à pense: qu’il s’agit bien d’une bronchite chronique. Mais alors, qu’il
soit question du catarrhe muqueux de Laënnec, de la phiisie
catarrhale de Beau, de la phtisie piluiteuse de Canstatt, c'est le diagnostic de nature qui se pose et tous nos efforts devront tendre
… à déceler la tuberculose. Nous verrons que dans cette forme, encore
plus que dans les autres, c'est à l'examen bactériologique en série, longtemps et patiemment pratiqué, qu’il appartient de trancher la
__ question.
A vrai dire, dans certains cas, nous pourrons appuyer notre suspicion de tuberculose sur certains signes cliniques. C’est ainsi qu’une hémoptysie peut faire son apparition eb, bien que: certains auteurs contemporains fassent entrer les hémoptysies dans le tableau de la bronchite chronique non tuberculeuse, l’apparition du sang rouge dans les crachats est en faveur de la nature bacillaire de l’affection. Gomme l'a montré Tripier, ces hémoptysies indiquent dés poussées congestives péribacillaires, ce sont de véritables hépatisations aiguës tuberculeuse, Notre observation I est très instructive à cet égard. On voit qu'en 1919 notre malade, après avoir pris froid, s’est mis
À tousser et à cracher, a eu de la fièvre et a noté la présence de
? En réalité l'emphysème paraît être une lésion constante chez le vieillard, puisque comme l'& montré M. Ameuille /Th. Paris 1908), l’em-
Devant un malade qui présente des symptômes de bronchite chronique nous nous demanderons d'abord si cette bronchite ne constitue pas l'expression clinique principale d’une tuberculose fibrocaséeuse ou fibreuse (Obs. I, VI) et nous en rechercherons les symp-
physème serait lié à l’involution sénile. « Nous croyons avoir montré
que l’emphysème pulmonaire est un état auquel le poumon doit aboutir tôt ou tard. Nous avons montré de même que l’évolution sénile du cartilage — ou du moins ce que nous appelons l’évolution sénile est précoce où tardive suivant les sujets:
Nous avons établi autant qu’on peut le faire, que les lésions, dites par nous, séniles des cartilages, sont en coïncidence constante, les degrés de l'une corrspondant aux degrés de l'autre’ »
quelques filets de sang dans ses crachats ; or c’est seulement en décembre 1920 que l'examen bactériologique révéla la nature tuberculeuse de l'affection.
Les observations IV et VII comportent les mêmes remarques.
On devra suspecter la tuberculose non seulement chez tout individu ayant des bronchites à répétition ou traînantes, mais encore chez celui qui présente des signes physiques localisés au sommet ; tous les auteurs s'accordent en effet à reconnaître que le siège unila.,
téral ou apexien d’une bronchite chronique est en faveur de sa nature tuberculeuse. Cependant il faut ajouter que le sommet du lobe inférieur dans la région juxtascissurale est aussi un point
d'élection pour la localisation tuberculeuse. L'existence d’un asthme concomitant, avec les caractères de l’asthme essentiel des classiques, trancherait le diagnostic en faveur
de la tuberculôse. (PIERY). Pour Bezançon et de Jong, la tuberculose
n'agirait dans la genèse de l’asthme qu’'indirectement, par l’intermédiaire de la sclérose, facteur d'asthme.
Enfin si toute bronchite chronique qui se fixe et se localise doit être suspectée spécialement de tuberculose, il faut retenir, et nous ne craignons pas d’insister à nouveau sur ce fait, que parmi les bron-
chites chroniques qui demeurent constamment généralisées, il en
est encore un bon nombre, qui ultérieurement, donnent la preuve
indéniable de leur nature tuberculeuse. Parmi les conditions qui
favorisent le passage à la chronicité, la tuberculose domine toutes les autres et c'est souvent cette évolution qui permettra de faire le diagnostic rétrospectif d’une HER) aiguë considérée comme banale.
« Alors la bronchite chronique ne nous apparaît plus que comme une
des multiples formes classiques de la tuberculose Paie chronique. » (Pic 71.)
° Forme pleurale.
La tuherculose pulmonaire du vieillard peut se présenter encore sous la forme d'une pleurésie. L'évolution de cette forme est très variable. Dans certains cas, elle est rapide et aboutit à la mort en
quelques semaines par granulie ou par complications cardiaques et
se rattache plutôt aux formes aiguës ; dans d'autres cas, l’évolution est lente et la guérison même est possible.
La pleurésie séro-fibrineuse est fréquente, mais le diagnostic en
est souvent difficile, étant donné la latence des signes physiques et
fonctionnels. Elle constitue souvent une trouvaille d’autopsie. La pleurésie séro-fibrineuse du vieillard est d'ordinaire, une
pleurésie tubercuieuse. Alors même que l'histoire clinique fait
penser à une pleurésie mécanique où à un hydrothorax, il s'agit souvent d’une tuberculose pleurale et la fréquence des épanchements purement mécaniques s’en trouve diminuée d'autant. (CRÉPIN, 34). L'’aulopsie permet toujours de retrouver le point de départ dans le poumon sous forme d'un foyer caséeux. Les signes principaux les plus constants sont la dyspnée et la matité. Mais, étant donné que chez le vieillard le poumon induré est très fréquemment adhérent à la paroi, la matité liquidienne peut manquer ; les vibrations, ainsi que le murmure vésiculaire, restent conservés. Seule la ponction peut trancher le diagnostic. La cytologie, l’inoculation au cobaye démontreront la nature tuberculeuse de l’épanchement.
Observation LE COZ, 55.
P... Jean, 71 ans. Hospitalisé en août 1910 pour sénilité présente à son entrée de l’œdème des membres inférieurs et une douleur précordiale nette. À l’auscuitation : respiration faible avec craquements secs au som:met gauche, tachyarythmie intense, arythmie nette et bruit de galop. Radiales très dures. Pression à la radiale 17. |
10 août, 1910. Matité à la base gauche, souffle pleurétique, égophonie, abolition des vibrations thoraciques, pas de pectoriloquie aphone, pas de skodisme : espace de Traube normal. Une ponction exploratrice donne issue à un liquide citrin à formule cytologique nettement lymphocytaire ; la recherche des bacilles de Koch dans les crachats est positive.
En octobre 1916, après deux nouvelles ponctions exploratrices, qui. donnent issue à un liquide à formule nettement Iymphocytaïre, après un nouvel examen positif des crachats, au point de vue des bacilles de Koch, on porte le diagnostic. de pleurésie bacillaire gauche chez un cardiaque. Le cobaye injecté avec du liquide prélevé au mois d'août a. été nettement tuberculisé en l’espace d’un mois. .
L’intra-dermo-réaction à la tuberculine pratiquée le 15 octobre est retardée : positive seulement au bout de 72 heures elïe persiste nettement huit jours après. > é
12 novembre .— Crise de dilatation cardiaque, ax rythmie, tachycardie, souffle Rire La matité cardiaque donne 15 centimètres de largeur et 12 centimètres & de hauteur.
Le foie déborde les fausses côtes de quatre travers de doigt.
2 décembre. — Pression à la radiale 17 4. Disparition de l’œdème des membres inférieurs, diurèse abondante, 5 févrien — Augmentation des signes d’auscultation au niveau dé la
base gauche avec tachycardie. Liquide citrin. Réaction de Rivalta positive.
5 février. — La pointe du cœur bat dans le 6° espace. Bruits du cœur sourds, lointains Espace de Traube sonore. Auto-sero- thérapie” 3 centimètres cubes.
7 février. — Ponction évacuatrice (500 c. c.). Liquide jaune rosé, à formule cytologique lymphocytaire ; symptômes d'urémie cérébrale. Au niveau du cœur, à la hauteur du mamelon, frottement péricardique.
14 mars. — Ponction évacuatrice 500 c. c.
T'état général actuel est satisfaisant.