‹ La Tuberculose Pulmonaire Sénile: Importance de son diagnostic dans la lutte anti-tuberculeuseChapitre 23 sur 48 · EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DES CRACHATS · texte numérisé non relu

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DES CRACHATS

Du point de vue qui nous ovecupe avant tout : le dépistage des vieux semeurs de bacilles, il semblerait que seul l'examen bactériologique des crachats présente un réel intérêt. Raisonner ainsi serait

faire preuve d’une méconnaissance complète des lois générales du diagnostic médical. En médecine, en effet, il n’est rien d’absolu et il est rare qu’une seule méthode diagnostique se suffise à elle-même.

Nous avons vu que la tuberculose pulmonaire du vieillard a une

marche irrégulière, qu'elle procède souvent par poussées, particu-

lièrement dans les formes bronchitiques et que l’expectoration peut

être bacillifère d'une façon intermittente, tout au moins apparem-

ment, et pour des causes que nous essaierons d'interpréter. . Nous dirons donc que si un examen nettement positif nous apporte

de suite la certitude, un ou même plusieurs examens négatifs ne. nous permettent pas de conclure. Si nous avons quelque raison de

croire le sujet porteur d’une tuberculose, nous mettrons en œuvre d’autres méthodes, dont le résultat, s’il plaide en faveur de cette maladie, nous engagera à persévérer, avec plus de patience encore, dans la recherche des bacilles que, neuf fois sur dix, nous arriverons

un jour cu l'autre à déceler.

A) Examen direct des crachats. — Les résultats de cet examen sont très variables suivant les formes cliniques. Mais tous les auteurs sont

d'accord pour affirmer que les bacilles sont, en général, plus diffi-

ciles à mettre en évidence chez le vieillard que chez l'adulte. Est-ce à dire qu'ils soient réellement en moins grand nombre ? — Nous ne le croyons pas. Il nous semble qu'il y ait là simplement une question

de duuton, si l'on peut dire, plus ou moins grande. Le catarrhe

étant, en effet, l'accompagnement extrêmement fréquent de toute pneumopathie chronique chez le vieillard, il s'ensuit que les particules bacillifères sont noyées dans une grande quantité de liquide diffluent. Mais, si notre tousseur crache par terre ow dans un mouchoir, comme cela se voit encore trop souvent, la dose de bacilles virulents ne sera pas amoindrie une fois que cet abondant « excipient » se sera évaporé.

Nous recueillerons donc les crachats épais du matin et nous prélèverons les parcelles les plus opaques ou les plus purulentes, en avant soin d'en mélanger un grand nombre sur la lame avant l’étalement.

Dans certains cas, au contraire, le malade ne crache pas. Il faut : À s'assurer qu'il n’avale pas ses crachats, fait fréquent chez le vieillard,

surtout dans les formes aiguës s’accompagnant d’adynamie. Sinon, il se peut que le malade traverse une période d’accalmie et

Vs 50 7e Mel, Sn 7 Rd

il Convient alors de le faise expectorer en lui faisant absorber soit

l'oxyde blanc d’antimoine.

Dans certaines formes aiguës, l'examen bactériologique peut rendre de grands services : il est, en effet, positif dans les formes bron-

cho-pneumoniques. Dans la forme pneumonique, le diagnostic est. encore tranché par le microscope qui permet de rattacher au pneumocoque ou au bacille de Koch l’hépatisation constatée cliniquement. Mais. dans la granulie, l’expectoration n’est pas baciilifère et le dia-

gnostic reste presque toujours incertain.

Dans la forme /fibro-caséeuse banale, l'examen bactériologique donne un résultat positif immédiat dans les 4/5 des cas environ.

Dans les formes fibreuses, la recherche demande souvent une …

grande persévérance.

Mais c'est surtout dans les formes bronchitiques emphysémateuses

qu'il importera de prolonger l’observation et de répéter les examens avec l’idée que l’expectoration contient des bacilles et qu'il faut arriver à les trouver.

Notre observation IV est ismicie a cet égard. Le malade entre à

l'hôpital le 5 octobre parce qu'il tousse. On examine ses crachats.

le 6 octobre, le 29 octobre, le 11 novembre, le 14 janvier, le 15 février : c’est seulement le 13 mars qu’on arrive à trouver des bacilles — et,

en grand nombre (4 à 5 par champ). Est-ce qu'il v a là une simple . ee question de chance ? Est-ce que l'examen aurait pu être positif dès : le premier jour, si le hasard avait permis que l’on prélevât précisé-

* ment dans l’expectoration les parcelles bacillifères ? — Ou bien, est-ce que le bacille de Koch. relativement peu abondant dans les formes bronchitiques emphysémateuses, ne se montre réellement qu’à « litre épisodique »? (MonGoUR, 63). Il semble difficile d'appuyer actuellement une réponse, dans l’un ou l’autre sens, sur une base

véritablement scientifique. Seule, en effet, l'inoculalion au cobaye faite en série et parallèlement à l'examen bactériologique, pourrait

nous apporter la-solution du problème.

B) Homogénéisation. — Devant la persistance du résultat négatif, on doit recourir à l’homogénéisation. Ge procédé qui, selon l’expression de M. le Professeur Rénon, « recule considérablement les limites

le la tuberculose fermés », restreint également le domaine de la bronchite chronique pure. Mais il faut bien se rappeler que ce procédé comporte beaucoup plus de causes d’erreur que l'examen direct, et qu'il nécessite un outillage (verrerie et produits) rigoureusement propre, difficile à obtenir dans un laboratoire de fortune.

C) Inoculation. — Si ces examens restent négatifs et s’il est absolu-

1 gr. d'iodure de potassium pendant trois jours, soit une potion 42

Page 1