‹ La Tuberculose Pulmonaire SénileChapitre 22 sur 55 · CR · texte numérisé non relu

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C) Forme broncho-pnewmonique ou phlisie galopante des vieillards. Elle est rare. Les principaux caractères sont un état d’amaigrissement considérable accompagné d’un point de côté avec température assez élevée. Les signes physiques apparus tardivement sont ceux d’une hépatisation, puis les lésions s'étendent et les signes cavitaires apparaissent avec tune expectoration muco-purulente quelquefois striée de sang. Cette forme est tout à fait comparable à la phtisie galopante de l'adulte. La maladie évolue très rapidement et arrive, en quelques mois, à produire des cavernes importantes contrairement aux formes chroniques qui, chez le vieillard, évoluent avec une lenteur remarquable. La mort survient dans l’adynamie.

On fait généralement au début le diagnostic de pneumonie, puis devant la persistance des signes, l’irrégularité de la courbe thermique, l’expectoration muco-purulente, on pense à la tuberculose.

Il, LES FORMES CHRONIQUES.

Toutes les formes de la tuberculose thronique se rencontrent chez le vieillard, mais leur diagnostic présente des difficultés très inégales. Nous insisterons surtout sur les formes spéciales au vieillard qui, au point de vue de la prophylaxie, présentent l'intérêt le plus grand.

1° Forme fibro-caséeuse.

A) Forme comanune. — C’est la forme la plus fréquemment observée, la phtisie ulcéreuse commune de certains auteurs. Nous la décrirons très rapidement, car c’est la reproduction chez le vieillard de la tuberculose chronique banale de l’adulte.

Les signes physiques sont très nets et le diagnostic en général tacile. (Obs. IT et V). Il est souvent compliqué par ce fait que chez le vieillard la maladie évolue sur un terrain pathologique : artériosclérose, diabète, cancer — dont les signes viennent se surajouter à ceux de la tuberculose et égarent le diagnostic.

La marche de la maladie est lente et présente de longues périodes de rémission pendant lesquelles le malade toière bien ses lésions, est apyretique et présente un bon état général. Maïs des complications peuvent apparaître à certains moments . poussées congestives, hémoptysies, broncho-pneumonies. C'est alors que .le diagnostic peut se poser avec une Cardiopathie, la pneumonie du sommet, la dilatation des bronches — ce dernier diagnostic souvent très délicat, les signes physiques indiquant dans les deux cas une ,excavation. Mais dans la bronchectasie, les signes sont unilatéraux, ils siègent, le plus souvent, dans les 2/3 inférieurs du poumon, contrairement à la caverne tuberculeuse, L’expectoration muco-purulente, épaisse, peu aérée, prend souvent l’aspect de pseudo-vomique à odeur infecte,

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B) Forme latente. — Dans certains cas, beaucoup plus fréquents chez le vieillard que chez l'adulte, la maladie évolue d’une façon tout à fait latente, à tel point que quelques auteurs décrivent une forme latente de tuberculose sénile (Barré). La maladie peut rester ignorée jusqu'à la fin et constituer une trouvaille d’autopsie : ou bien elle est simplement soupçonnée, sans qu'aucun signe physique net permette d'affirmer l'existence de la lésion. Cette variété est particulièrement dangereuse par les risques de contamination qu’elle comporte du fait même de son caractère latent. Les médecins qui ont étudié la fubérculose dans les asiles insistent sur sa fréquence (OPPENHEIM et LE COZ, 65, BARIÉ, 9, ARNAUD, 4, IcHOK, 46), opinion basée sur le contrôle de la bactériologie ou de l’autopsie. Or il n’y à aucune raison pour qu'il n’en soit pas de même hors des asiles et on peut déduire de ces observations qu’un grand nombre de tuberculoses séniles restent méconnues. Outre l’absence des réactions générales, communes chez le vieillard, le peu de netteté des signes de percussion et d'auscultation dû à l’emphysème concomitant et au peu d’expansion de la cage thoracique, rend le diagnostic elinique à peu près impossible et permet à peine de suspecter la tuberculose, si on ne la recherche pas a priori. L'’attention sera attirée seulement par l’état de cachexie du malade

c) Forme floride. — A côté de cette variété de tuberculose latente, nous pouvons signaler la forme floride assez commune chez le vieillard. Les signes généraux sont souvent complètement absents, le sujet rrésente à l'extérieur toutes les apparences d’une bonne santé. Mais le médecin qui veut dépister réellement la tuberculose ne doit pas tenir compte de cet habitus. L’auscultation démontre souvent chez ces sujets la présence d’une tuberculose ulcéreuse étendue en évolution.

D) Phtisie cavitaire stationnaire. — Enfin la tuberculose fibrocaséeuse peut encore prendre un type particulier — presque spécial au vieillard. Le processus ulcéreux déjà si souvent stagnant chez le vieillard se fixe complètement, aboutissant alors à la phfrisie cavitaire stationnaire (PreRY, 71). Les cavernes de ce type spécial, souvent sèches, correspondent aux géodes de Cruveilhier, et sont susceptibles de passer à l’état de fistules cicatricislles (LAËNNEC, 52). Elles sont compatibles avec une longue survie. L'étude de cette forme de phtisie cavitaire stationnaire se relie très étroitement à celle de la guérison de la tuberculose. La belle observation suivante que nous tirons du Traité d’auscultation est une parfaite mise au point de la question,

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