‹ La tumeur prélacrymaleChapitre 7 sur 24 · ARS · texte numérisé non relu

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orbitale, qui s’insère sur la crête de l'unguis et qui le sépare ainsi du tissu cellulo-adipeux de l'orbite. La face externe est située dans l'angle que forment, en s'écartant l’un de l’autre, le tendon direct et le tendon réfléchi de l’orbiculaire. Il répond encore, au même niveau, à la portion commune des conduits lacrymaux, qui perfore cette face, à la réunion de son tiers supérieur avec son tiers moyen. La face interne, enfin, répond par conséquent à la branche montante du maxillaire supérieur et à l'unguis. Ces parties osseuses sont naturellement recouvertes par le périoste, et nous ferons remarquer qu'une couche de tissu plus ou moins dense unit à ce niveau le sac lacrymal et la lame périostale, Testut (1). »

De cette description, nous insisterons sur deux points : les rapports du tendon orbiculaire direct avec le dôme lacrymal et les rapports de la partie antérieure du sac.

Plusieurs auteurs, M. le Prof. agrégé Rollet entre autres, ont fait remarqué que souvent le tendon direct de l'orbiculaire ne sépare pas le sac en deux parties plus ou moins inégales, mais que, situé plus haut que dans la moyenne des cas, il recouvre seul le dôme lacrymal et le bride fortement. Ceci a son importance, car dans les affections du sac coïncidant avec cette disposition, il n’existe pas de tumeur supra-tendineuse, et quand on constatera seule une tumeur supra-tendineuse, on pourra affirmer presque toujours que son origine n’est pas sacculaire, mais sinusienne, ainsi

(1) Testut : Traité d'anatomie humaine, tome II, p. 261-262.

tes que l’a montré M. Rollet dans six cas où la trépanation du sinus frontal a confirmé son diagnostic. C’est du reste là un point sur lequel nous aurons l’occasion de revenir. | Tous les anatomistes classiques donnent une description en tous points comparable à celle que nous avons empruntée à M. Testut, sur les rapports de la face antérieure du sac. Tous admettent le contact immédiat du tendon direct de l'orbiculaire et de la paroi antérieure du sac. Les ophtalmologistes soutiennent la même opinion : de Wecker, Panas, Valude, etc. Cependant en 1897, MM. Rollet (1)et Vadon (2) décrivent autrement les rapports de cette paroi : « la coque fibreuse et le sac, ne sont jamais en adhérence intime, et il y à toujours entre eux un léger tissu lâche, en incisant avec précaution, parallèlement à la crête de l’apophyse montante où s’insère la lame aponévrotique, et en se servant ensuite d’un instrument mousse, on peut très bien les libérer l’un de l’autre. » Guidé et aidé par M. L. Laroyenne, interne des hôpitaux et aide d'anatomie, nous avons repris en détail l'étude de cette région. De nos observations, au nombre de 12, nous nous croyons autorisé à conclure à l'existence au devant du sac d’une poche prélacrymale, remplie, chez le fœtus, de tissu cellulaire en abondance et chez l'adulte, au contraire, ne contenant que très peu d'un tissu cellulaire très

(1) Rollet : Lyon Médical, ? mai 1897.

(2) Vadon J. : De l’extirpation du sac dans les dacryocystites (thèse de Lyon, 4897).

léger; cette poche est bridée en avant par un plan plus résistant, fibreux, qui nous semble être une expansion fibreuse du tendon direct de l’orbiculaire et qui va s’insérer sur l’apophyse montante du maxillaire supérieur.

En effet, si l’on dissèque avec précaution la région du sac, après avoir fendu la peau et le mince tissu cellulaire sous-jacent, que l’on sectionnne le tendon direct de l'orbiculaire et que l’on le relève, on croit être en présence du sac. Il n’en est rien, comme le prouve une ponction faite au plan sous-jacent et c’est après avoir sectionné ce plan, que l’on tombe dans une loge au fond de laquelle on aperçoit le sac reconnaissable à sa teinte grisâtre, et un coup de scalpel lève vite tous les doutes que l’on pourrait avoir sur sa nature, car on tombe dans une vraie cavité et un stylet introduit par la boutonnière ne tarde pas à vous faire reconnaître le canal nasal dans lequel il s'enfonce : donc, plus de doute à son égard : c’est bien le sac que l'on a devant soi.

Cette disposition, nous l'avons trouvée dans tous les sujets que nous avons examinés d’une manière constante, c’est-à-dire sur plus de douze sacs lacrymaux pris au hasard dans les salles de dissection.

C'est encore la même disposition que l’on trouve quand on pratique l’extirpation dans les dacryocystites : l’on croit avoir fendu le sac et l'on est encore dans l’espace prélacrymal et souvent nous avons pu constater, sur le vivant, dans le service de M. le Prof. agrégé Rollet, l'existence de cet espace prélacrymal alors qu’il pratiquait cette opération.

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Nous avons fait une différence entre le fœtus et l'adulte au point de vue du tissu cellulaire de l’espace prélacrymal : nous avons eu, en effet, l’occasion de disséquer deux sacs de fœtus presque à terme, et deux fois nous sommes tombés sur un tissu cellulaire abondant et dense remplissant l’espace prélacrymal; chez l'adulte au contraire, cet espace est à peu près vide et donne l'impression d’une poche située au devant du sac.

De toutes ces observations, soit sur le cadavre au cours de nos dissections avec M. Laroyenne, aide d'anatomie, soit sur le vivant, au cours des interventions faites sur le sac par M. le Prof. agrégé Rollet, nous concluons à l'existence d’un espace prélacrymal situé au devant du sac et bridé en avant par une mince aponévrose dépendant du tendon direct de l’orbiculaire.

Au point de vue pathologique, quoi d'étonnant alors que cet espace s’infecte par voisinage, au cours des affections du sac, que le pus s’y collecte et forme une tumeur prélacrymale.

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