HENRI HL'A
gneux défini plus liant est la prolongation naturelle du désert de Biskra avec les modifications qu'est venu imprimer au sol un plissement particulier et celles apportées au climat par la latitude plus septentrionale et par le voisinage de la mer. A vrai dire, cette dernière influence est aussi faible que possible, les vents dominants soufflant non des eaux vers la terre, mais de la terre vers les eaux. C'est à cette portion de sol triangulaire comprise entre la ligne deschotts au Sud, le relief principal au Nord-Ouestetla mer à l'Est, que Bonnet avait donné, en 1895, le nom de région subsaharienne,
Fij;. ;{U. — Une oasis dans la région deseiliqiie. Dalli^TS en bordure de l"oasis do Gabès.
à cause de ses caractères désertiques évidents quoique moins accentués que dans la région saharienne propre marquée par les oasis où mûrissent les dattes.
Maintenant que nous avons reconnu les deux régions principales de la Tunisie, au^ point de vue de la végétation : région forestière du Nord-Ouest ; région désertique Hu Sud-Est, nous allons présenter quelques-uns des éléments constitutifs de chacune d'elles, et montrer l'aspect que ces éléments divers donnent au pays. Nous procéderons du Nord au Sud. passant ainsi d'aspects rappelant ceux de l'Europe, aux aspects moins familiers du désert.
LA VEGETATION NATLr.ELLI-:
En Kroumirie, la forêt occupe le sol enlièrement (fig. d'2). On se trouve au milieu de Chènes-liège (fig. 34) et de Chênes Zéens (Quercus Mirbecki) (fig. 35) de grandes dimensions, serrés les uns contre les autres, formant de véritables futaies : le sous bois est dense, et entre autres espèces, on y remarque le Houx, le Lierre, de nom-
CU.MMUMQUE PAR M. E. DUllAND
Fig. 31. — Chones-Lièse dans la forèl d'Ain-Draham.
breuses Fougères semblables à celles de nos bois de France (Athi/rium Filix-fœmina, Aspidium aculcatnm, Pleris aquilina, etc.). La Clématite odorante {Clcinatis Flannnula) et la Vigne s'enlacent aux branches des arbres des clairières. Outre les Chênes, on peut signaler d'autres essences arborescentes de grande taille. Quelques Châtaigniers ont été trouvés, isolés, dans la forêt d'Aïn Draham. Dans les fonds humides, on peut voir l'Aulne (Alnus gluîinosa) formant des touffes ; dans les vallées, des pieds isolés de Peuplier blanc ou noir {Populus alba, P. nigra), de Frêne {Fraxinus australis). De ci de là, on rencontre des Merisiers (Cerasus arium) ou des Ormes ( Ulmns eampestris). En certains points, le Houx, par exemple au Djebel Gliorra, forme presque des futaies, tant est beau son développement. Au bord des fontaines, croît en abondance la belle Fougère
HKNIU HUA
royiile {Osmimda rcgalis), ornement des stations analo<,'ues sur notre sol de France. Cest un vrai coin dEurope sur la tnie adicaine.
Les buissons, les broussailles qui occupent les jjentes là où le sol n'est pas couvert par la grande forêt, sont constitués de Myrtes, (lArbousiers, de Genêts épineux (Gcnista aspalatoides, tricuspidata. ulicuia), d'Aubépines, de Lauriers, d'Alaternes, de Lentisques, dOliviers el de Lauriers Tins ( VH)urnum Tinus) : des Bruvères eu arbre
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Fig. U.'i. — Groupe de CliT-nes Zéens, dans un dt lilc d.' I.n foi.'l dEI-Fedja.
{Erica (trborca) y épanouissent au i»rintenips leurs milliers de fleurs blanches. Cet ensemble a un caractère nelteuient méditerranéen, presque provençal.
A l'ombre de ces bois llcurissenl, au itrinlemps. des Violettes (Viola stjhestris), en été le Lis blanc (/.. randidum) el la Rose de Provins [Ilosa gallica). Mais si la première espèce est bien indigène, il est fort probable que les deux autres, très localisées dans la foret dEl Fedja. y ont été introduites au .Moyen Age, où elles formaient le principal ornement des étroits jardins féodaux.
Un phénomène du plus haut intérêt en géographie botanique est l'existence d'une petite colonie isolée de Pinus Pinoster, découverte