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PECHE DES POULPES

La pèclie des Poulpes est très active sur tout le littoral : dans le Sud, elle devient une importante brancbe du commerce dexportation, dont Sfax et Djerba sont les deux centres principaux. Les- Poulpes sont abondants dans le golfe de Gabès de septembre à avril.

Tous les procédés de pêcbe des Poulpes reposent sur l'instinct qu'a ce Mollusque de se glisser dans les abris qui se présentent à lui. Sur les plages basses, on trace détroits chemins creux de plusieurs centaines de mètres de longueur, limités par des pierres ou de petits pieux disposés en ligne ; le Mollusque vient s'abriter

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dans ces retraites et on l'y saisit à marée basse. Aux IlesKerkennah et surtoul à Djerba, on place, à même sur le fond, de lon^^ues files de (jargonlettcs, fabriquées à Galalah, dans le sud de l'île de Djerba. Quand les eaux sont trop hautes, on emploie une sorte de palangre, dans laquelle les liaraeçoQs sont remplacés par des gar- .goulettes de moyenne taille, ouvertes à leur^ deux extrémités ; cette longue corde, sur laquelle les gargoulettes sont disposées en chapelet, est déroulée sur le fond et relevée quelques heures plus tard pour recueillir les Mollusques réfugiés dans ces abris. Il y a 10.000 pièges de celte nature autour de l'ile de Djerba.

On procède ensuite à la préparation des Poulpes ; on les décapuclionne, c'est-à-dire qu'on leur enlève une membrane dure sur la tète, puis on les frappe vi^^oureusement contre terre 150 fois de suite : ce battage a pour elTet d'attendrir les chairs et d'achever de les tuer ; on les malaxe ensuite, en les comprimant violemment sur le sol, pour leur faire dégorger leau. Enfin, on les des.sèche en les suspendant à une corde tendue au soleil. Il est inutile de les saler. On les réunit par deux, en nouant ensemble l'extrémité des bras.

Les Poulpes sont expédiés en Grèce, aux Cyclades, aux Sporades. en Crète et consommés pendant les deux carêmes imposés par la religion grecque. Le Poulpe sec s'y vend 2 francs Vocque(i).

11 a été péché 280.000 kilogrammes de Poulpes en 1900, repré «entant une valeur de 12(1.00(1 francs; en 1809. il en avait été péché 0.000 kilouraiiinies.

(iRANDES PECllKini:."^ Tl'MSIK.XNES

Les côtes septentrionales de la Régence, depuis Tabarka jusqu'au cap Bon. sont envahies dès le printemps par un grand nombre de barques siciliennes qui viennent y pratiquer la pèche des Anchois et des Sardines ; le passage de ces Poissons commence au mois de mars pour finir vers la fin d'août. Les produits, une fois salés, sont ■expédiés à Gènes, Livourne, Naples el Palerme.

En 1900, les pêcheries de Tabarka ont donné un produit de

(I) Locque vaut 1 kilogr. 250 grammes.

122.350 kilogrammes de Sardiues représentant une valeur de 36.256 francs, 29.450 kilogrammes d'Anchois représentant une valeur de 28.120 francs et 39.250 kilogrammes d'Allaché, soit une valeur de 6.280 francs. Le produit de la pèche est taxé à l'e.xportation d'un droit de 2 francs par quiutal métrique.

Un essai d'installation de pécheurs bretons de Douarnenez à Tabarka, pour y pratiquer la pèche de la Sardine et de l'Anchois, fait en 1892, avec le concours du Ministre de la marine, du Gou vernement tunisien et des capitaux français, échoua totalement.

Fig. 4'.». — Le raïs à son poste d'oliseivaiiuii.

Pêcheries du lac de Bizerte. — A la pointe la plus septentrionale du territoire tunisien, la mer, faisant brèche dans les terres, s'y ouvre un long chemin et s'étale, à une lieue et demie du rivage, en une vaste et profonde nappe de 18 kilomètres de longueur, sur presque autant de largeur et de 150 kilomètres carrés de superficie. Cet immense lac communique avec un second réservoir, ie lac d'Iskeul, d'une étendue à peu près égale, mais dont les eaux sont douces. Les principaux Poissons du lac sont les Daurades et les Mulets ; puis viennent les Sars, les Loups, les Serrans, les Soles, les Anguilles et d'autres Poissons moins importants.

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Ces Poissons vivent par familles, restant généralement divisés, et c'est toujours séparément et à des époques dilïérentes, (|ue chaque espèce s'enj^age dans le canal de sortie, pour gagner la haute mer. Avant le creusement du canal qui le relie à la mer, canal de dix mètres de profondeur sur soixante mètres de largeur, ce lac était en communication avec la jner par un clietud sinueux où la pêche se praliquait avec une grande facilité, grâce aux instincts migrateurs des espèces. La masse d'eau était enfermée dans des hordifjuca, grossiers clayonnages en branches de Palmier ou en Roseaux, formant une succession de chambres communi(|uanl eulre elles, dont la première était ouverte sur une parlie laissée libre du chenal. A un poste choisi, d'où la vue sélendait au loin sur le lac, se tenait en i)ermanence un guetteur arabe, le rais ou capitaine de pèche (fig. 49 ), dont la seule fonction était de surveiller le i>assage des colonies de Poissons gagnant la haute mer et de faiie, en tem|)s utile, rap|)el aux pécheurs. ])es bancs d une richesse extraordinaire étaient ainsi cernés ])ar des lilets et capturés en quelques instants. Houchon-lirandely parle de pêches ayant produit d'un seul coup jusqu'à 22.000 Daurades du poids 2 à 5 kilogrammes chacune.

Depuis le 11 novembre 1889, le droit exclusif de la pèche dans les lacs de Bizerte et de Tindja est concédé à la Compagnie du Poil de Mi/.ertc, pour une durce de "/Jians. ;ivec exemption de tous droits sur le Poisson capturé. Pour l'exjjloitation de ce mono|>ole, les ins tallations des anciennes |)êcheries, qui se trouvaient;» l'endroit où a été creusé le canal, ont dû être ilémolies et ont été reportées à 5 kilomètres enamoni, à Itas-el-Ouzir. où a été construit, en travers du goulet du lac, un barrage d'environ 1.200 mètres de longueur constitué, parlie par des boriligues euclayonnage formé de Roseaux et de piquets, parlie en métal. La partie métallique est formée de pieux à vis verticaux atteignant jusqu'à 18 mètres de longueur, espacés de 4 mètres, auxquels sont suspendus, par des câbles en acier, des panneaux grillagés en fer galvanisé et goudronné, dont la maille est un hexagone de 4 centimètres de diamètre. Cet ouvrage n'a pas coûté moins de 252.000 francs el son entretien est assex dispendieux.

Vers le milieu ilu barrage, par des tonds de 12 mètres, une passe de 50 mètres de largeur est ménagée pour la navigation. Cette

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passe est formée par un filet en cordages pouvant être lari;ué et rétabli à laide de deux treuils portés sur les deux pylônes qui balisent la passe. Les bordigues et réservoirs attenant au barrage ont été placés, à la suite d'une série d'expériences, aux endroits reconnus les plus favorables. Le tramail est le seul filet employé, parce qu'il ne touclie point les fonds et ne prend ainsi c|ue le Poisson adulte; les filets traînants ont été exclus.

La pêcberie de Tindja a été également réinstallée par la Compagnie, qui y a disposé des bordigues. partie métallique, partie en clayonnages de Roseaux.

Aussitôt pêclié, le Poisson est conduit à l'usine frigorifique installée près des quais, à Bizerte, où il est déposé dans une cbambre froide jusqu'au moment de son expédition. C'est dans cette usine qu'il est mis en caisses et expédié à l'elat frais, pour la vente dans les différents centres de consommation, à Tunis et en France. Les quatre cinquièmes environ de la production des pêcberies do Bizerte sont vendus à l'état frais, en Tunisie même: une petite partie sur les marcbés de Bizerte et des localités environnantes, et le reste sur le marcbé de Tunis. L'autre cinquième de la production, soit environ 100.000 kilogranimes, est écoulé dans les principales villes de France, par Afarseille. Ces Poissons bénéficient de l'entrée en franchise en France, grâce à la production d'un certificat d'origine accompagnant chaque envoi.

Une usine a été construite à Bizerte, à la fin de 1898, pour la fabrication des conserves de Poisson. Depuis 1891, la Compagnie concessionnaire fabrique, à Bizerte, deux qualités de boutargues dont la matière est fournie par les œufs de deux espèces différentes de Mulets -, les boutargues de Bizerte sont très estimées en Orient.

L'exploitation ainsi organisée a permis d'obtenir un rendement très important, comme l'indique le tableau suivant, communiqué à la Direction générale des Travaux publics de la Régence par la Compagnie concessionnaire du port et des pêcheries:

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