L.-G. SKURAT
(lu corps est d'un noir Ijlcuàlrc. le venlie grisâtre avec des laclies argentées. Ce Poisson, <|ui vil en troupes souvent très nombreuses, abonde en Tunisie : il |)assc le long des cotes depuis la frontière algérienne jusfjue sur les cùles de l'île de Djcrba.
Les pèclieries de Tbon les pkH i)rospères sont celles de Sidi- Daoud-en-Noubi, situées sur la côte occidentale de la péninsule tlu Cap Bon. La ihonara (tig. iiO) est installée sur un îlot situé dans le fond d'une crypte dillicile d'accès et sur lequel sélèvent ■des maisons d'babitation, des liangars. des magasins, les loge-
Fig. o(l. — Tlionairc do Siili-l);ioiul en-Noubi.
ments des pècbeurs et l'usine. Ce village (lig. 51), abandonné pendant la plus grande partie de l'année, prend, au mois d'avril, une animation extraordinaire, grâce à l'arrivée de li ou 400 pécheurs siciliens.
Le Tbon est péché avec les blets nuhiraijucs ou parcs fixes.
La madrague de Sidi-Daoud comprend tout d'abord une queue 4e côte, formée par une longue ligne de blets, de :iOOO mètres de longueur, perpendiculaire à la cùte. Ces lourds blets, tresses en i-orde dAlla, ont des mailles de 30 à 3n centimètres ; ils sont tendus verticalement, au moyen de forts pa(|uets de liège qui flot-
tent à la surface de l'eau, tandis que de grosses pierres et une suite de 120 ancres en fer les fixent au fond ; ils forment une muraille dont la hauteur n'a pas moins de 30 mètres. A l'extrémité de cette queue et à angle droit, se trouve Vile ou isoletta, qui constitue la madrague proprement dite. Celle-ci est formée par des filets maintenus en place par une centaine de grosses ancres, et à flot par des lièges ; elle occupe une superficie en forme de parallélogramme, de 400 mètres de longueur sur 20 de largeur, et est
Fig. 51.
Village de Sidi-Daou-cn-Xoubi.
orientée de l'ouest à l'est. La madrague est divisée en cinq grandes chambres, qui aboutissent toutes à un compartiment situéile dernier à l'est, et qui est la chambre de la matance ou chambre de la mort ou corpou ; les cinq chambres sont limitées par des filets tressés en corde d'alfa ; la chambre de la matance ou corpou est limitée par des filets tissés en corde de Chanvre, à maille plus serrée et comporte un fond formé par un filet de même nature, qui peut être relevé ou abaissé à volonté. Les chambres de la madrague communiquent entre elles, par des coupures qu'on peut fermer à volonté par des cloisons mobiles.