L.-G. SEURAT
nasses (en arabe dréin). Ces bordigues circonscrivent à marée haute une certaine étendue de mer ; les Poissons, entraînés par le courant, viennent se prendre à marée basse dans les nasses ; celles-ci sont amorcées avec des fragments de Poulpes. Il y a 1083 de ces pêcheries dans la circonscription de Sfax et des Kerkennah.
Les îles Kerkennah sont entourées d'une ceinture presque continue de clayonnages, dont quelques-uns sont poussés jusqu'à 3 milles au large. Sfax reçoit 1200 kilogrammes de Poisson par jour ; en outre, les pêcheurs, qui en sont très friands, en consomment une grande quantité. Le nombre des pêcheries en activité autour de lîle de Djerba est de 1)2.
Le lac des Bibans, dont l'entrée se trouve à une trentaine de kilomètres de Zarzis, est exploité au moyen de bordigues. La pêche est concédée à la Société française des l^ècheries tunisiennes. Le Poisson est transporté à Sfax par un vapeur de 60 tonneaux, le Sud, et de là il est dirigé partie sur Gafsa, partie sur Marseille et partie sur le marché local.
La pêcherie des Bihans a produit environ 130 tonnes de Poisson en 1808 et 145 tonnes en 1899.
Tortue de mer. — Les pécheurs du golfe de dabès capturent assez fréquemment dans leurs filets des Tortues caouane, très communes dans le golfe de Gabès et dont certains individus atteignent la taille de 1 mètre à l'"10; la chair de ces Tortues est succulente.
Entre le Bas-.\shdir et Djerba, on pèche la petite Tortue de mer, à écailles noir-jais: elle est très recherchée par les riches Musulmans, qui n'hésitent pas à en oITrir des prix excessifs de 300 et 400 francs, à cause des propriétés aphrodisiaques qu'ils attribuent aux organes du mâle. Celte Tortue, connue sous le nom de bouzegza, est assez rare.
L'exposé rapide que nous venons de faire des produits de l'industrie des Pêches maritimes de la Tunisie nous montre que cette industrie est des plus prospères. A côté delà pèche du Poisson, qui se fait sur une faune semblable à la faune algérienne, on en observe deux autres qui impriment un caractère spécial aux pêches tunisiennes : la pêche des Poulpes et celle des Éponges.
La pèche des Éponges est celle qui doit attirer le plus rattenlion des pouvoirs publics, en raison de la valeur et de l'importance économique des produits qu'elle procure. La prospérité des bancs spongifères de la Tunisie est intimement liée à une exploitation méthodique et sagement réglementée. Une réglementation rationnelle et efficace ne pourra d'ailleurs intervenir qu'à la suite de l'étude approfondie de la biologie de l'Éponge commune.