LA TUNISIE A L EPOQUE ROMAINE
eiiduils de stuc, que les baigneurs couvraient d'inscriptions. Les jeux tenaient, comme les bains, une !J!;rande place dans la vie desaiiciens. Dans les amphiliiéàtres avaient lieu les luttesde gladiateurs et les chasses d'animaux sauvages. La Tunisie possède l'un des amphithéâtres les plus vastes et les mieux conservés que l'on connaisse, celui d'El-Djera (lîg. 70). C'est une construction elliptique dont le grand axe mesure loO mètres et le petit 125: autour de l'arène s'élèvent des gradins étages qui pouvaient recevoir 60 ou 70.000
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Fig. 70. — AraphiUièàtre d'El-Djem.
spectateurs ; à l'extérieur, les trois étages d'arcades, de 33 mètres de hauteur, étaient couronnés d'un altique orné de pilastres; un couloir circulaire conduisait aux gradins. La brèche qui défigure aujourd'hui l'édifice n'est pas très ancienne : elle remonte à l'année 1695 et au bey Mohammed qui fit sauter trois arcades pour venir à bout des tribus rebelles retranchées dans l'édifice.
Les théâtres servaient à des jeux d'un autre genre, à des représentations scéniques ; on y jouait des tragédies et des comédies; ou plutôt, en Afrique, des mimes et pantomimes qui remplaçaient
R. GAGNAT
les pièces classiques de la belle époque. Le théâtre de Dougga (fig. 71) se divise en trois parties : les gradins, adossés à la montagne sur vingt-cinq rangs, l'orchestre pavé de mosaïques, décoré de statues, la scène, dont le mur antérieur contenait des niches pour d'autres statues et dont le mur postérieur se terminait par trois absides. Les fouilles du D' Carton nous ont rendu l'inscription dédicaloire du monument : « L. Marcius Quadratus, pour célébrer son élévation aux fonctions de flamine perpétuel et
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Fig. 71. — Theàlre de Doufisa.
pour remercier ses concitoyens, a construit à ses frais un théâtre avec portiques, scène, escalier, promenoir et tous les accessoires qui l'ornent; en outre, le jour de l'inauguration, il a fait une dislrihution de vivres et donné une représentation théâtrale, de jeu.x, de gymnase et un festin. » Il en était de même pour les différents édifices de la Tunisie. Ce sont les particuliers qui les élevaient ; on ne comptait pas sur l'argent de l'Etat ou des municipalités; l'initiative privée savait suffire à tous les frais : en arrivant aux honneurs, on devait verser souvent une grosse somme d'argent, et souvent aussi on l'augmentait encore bénévolement, pour rendre sa ville plus florissante, jilus somptueuse.