‹ La Tunisie chrétienneChapitre 21 sur 37 · DOMINATION ARABE · texte numérisé non relu

DOMINATION ARABE

Les Annales de la Propagation de la Foi ont attiré, en 1867, l'attention du monde chrétien sur la terre des martyrs africains ^ . Cette trop courte étude n'a été suivie d'aucune publication sur l'Eglise de Carthage pendant la domination arabe. L'histoire du christianisme en Afrique au moyen âge n'a pas encore été écrite. Faute de documents suffisants, il est fort difj9cile de combler cette lacune. Aussi, ne puis-je donner qu'une esquisse rapide d'un passé resté jusqu'ici dans l'ombre.

Les Histoires de l'Église ne fournissent presque pas de documents sur la période comprise entre 666 et 1073 ; les historiens arabes que j'ai pu consulter en fournissent moins

1 AnnalêS de la Propagation de la Foi, t. xxxix, p. £67 280 et 845-358.

encore. Pendant que les dynasties musulmanes et les compétiteurs au pouvoir se succèdent, le sort des chrétiens reste indifférent à tous, et aucun auteur n'en parle.

Sous la domination des Aghlabites, le patrice Constantin, nommé par Tempereur d'Orient au gouvernement de la Sicile, envoya un de ses lieutenants, nommé Phima, tenter une attaque sur la côte d'Afrique (827) . Après avoir pillé et ravagé la contrée, Phima fut obligé de reprendre la mer. C'est la première entreprise dirigée par Byzance, depuis la chute de Carthage, contre la domination musulmane. Les chrétiens n'en reçurent aucun secours. Mais, peu après, les Arabes, pour se venger, débarquèrent en Sicile et s'emparèrent de cette île .

Le règne de Ziadet Allah en Tunisie (841) fut une ère de paix. Un de ses successeurs, Abou Isaac Ibrahim, transporta de Kaïrouan à Tunis la capitale du royaume (894). Placés plus près de la mer, les princes arabes de Tunisie augmentent leur flotte et inaugurent l'ère des pirateries si funestes principalement aux chrétiens d'Italie.

En 908, la dynastie des Aghlabites fut violemment remplacée par celle des Faty mites. Celle-ci confia le gouvernement de la Tunisie k la famille des Zeyrites.

Sous le règne de Temym, fils de El Moër, il est fait mention, en 1054, d'un évêque de Carthage appelé Thomas. Cyriacus parait lui avoir succédé en 1076 ; à partir de cette date, l'histoire n'a conservé le nom d'aucun autre évêque en Tunisie. Ce court renseignement indique que, même à cette époque de troubles, les chrétiens n'avaient pas disparu et qu'ils jouissaient d'une certaine liberté religieuse. On put espérer un moment (1088) que les Normands, victorieux en

Sicile et unis aux Grecs, tenteraient une descente sur Tunis; mais Temym acheta la paix.

En 1117, Roger, comte de Sicile, attaque sans succès le roi de Tunis, par Gabès. En 1125, les Normands prennent rîle de Gerba, et, en 1148, Roger, devenu roi de Sicile, s'empare de Sfax, de Sousse et de laMehedia. II se trouva, par suite d'autres conquêtes, maîti^ du littoral tunisien depuis le cap Bon jusqu'à Gabès. Sur ces entrefaites, Âbd el Mouminin, chef de la dynastie des Àlmohades, quitta le Maroc avec une nombreuse armée et vint au âecours du roi Hassan, que les troupes de Roger serraient-de près. Les chrétiens furent rejetés en Sicile (1160) ; la dynastie des Zey rites fut dépossédée, et Abd el Mouminin prit le pouvoir.

En 1172, le roi de Sicile conclut un traité de paix avec le lieutenant almohade à Tunis, et il est permis de croire qu'il y stipula certaines clauses favorables aux chrétiens. C'est, du reste, un sujet auquel je consacrerai un des chapitres de cet Essai. Omar Abou-Hafs, chef de la dynastie des Hafsides, supplanta les Almohades en Tunisie; ses successeurs prirent le titre de roi qu'ils conservèrent jusqu'en 1535.

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