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TRAITÉS ET RAPPORTS DE LA CHRÉTIENTÉ AVEC TUNIS

Pendant la croisade de saint Louis, il est peu parlé des chrétiens indigènes de la Barbarie, bien qu'ils fussent rcla* tivement nombreux. Les historiens arabes disent que Mohammed el Mostanser possédait dans son armée une légion chrétienne ; ils assurent même qu'il avait une garde personnelle exclusivement composée de chrétiens, ce souverain musulman ayant plus confiance en eux qu*en ses autres sujets. La tradition veut que le quartier de Bab Abd Allah, à Tunis, ait été alors le centre des chrétiens de la province.

Le siège épiscopal de Carthage ne semble pas avoir été occupé après 1076 ; cependant les Maures tolérèrent la profession du christianisme* Deux raisons les engageaient à cette tolérance : d'abord, la nécessité de conserver les chrétiens pour avoir des esclaves et des serviteurs de bas emploi, ensuite, un mépris insouciant pour les religions étrangères*

Cependant, le nombre des chrétiens indigènes diminuant de jour en jour à cause de Tétat abject où ils étaient tenus, les Maures eurent l'idée d'aller, en Sicile et en Italie, capturer d'autres chrétiens. La course des pirates tunisiens ayant pris un grand développement, beaucoup de chrétiens furent réduits en esclavage ; quelques-uns apostasièrent , la plupart préférèrent souffrir pour conserver intacte la foi de Jésus-Christ. Du reste, même au commencement de la conquête, les musulmans ne se montrèrent pas absolus touchant les conversions à l'islamisme. Ils ont toujours toléré la présence des chrétiens et des juifs, ne s'inquiétant d*cux que pour les pressurer et les tourmenter. Jamais les sectateurs du Coran n'ont décrété de proscription générale, mais ils ont fréquemment immolé des victimes à leur fanatisme. Aux grands moyens, ils ont préféré les vexations journalières, les avanies, les meurtres partiels, etc.; le nombre des confesseurs de la foi n'en a pas été moins considérable.

Rien ne révèle mieux l'existence des chrétiens en Tunisie, de 1073 à 1535, que les nombreux tourments endurés par eux. Je vais essayer de soulever le voile qui couvre cette période, en m'aidant des chroniqueurs arabes, des annales de l'Église de Tunis et des traités conclus jusqu'au xvi« siècle parles puissances chrétiennes avec les rois tunisiens.

I. — Dès le xn* siècle, la piraterie peuple Tunis d'esclaves chrétiens. On voit alors les corsaires parcourir toute la Méditerranée, pénétrer au fond de l'Adriatique, et, passant les colonnes d'Hercule, aller, jusqu'en Islande, à la recherche d'une proie chrétienne.

La Sicile fut la première à souffrir de cette chasse sur mer ; elle fut aussi la première à conclure un traité avec

la régence. Profitant des embarras intérieurs de Tunis, Roger, roi de Sicile, occupa la ville de Mehedia, située sur la côte orientale (1148) ; mais il dut l*abandonner devant des forces supérieures.

En 1180, son successeur Guillaume le Bon conclut avec Youssef, roi de Tunis, un premier traité dans lequel il n'est cependant pas fait mention des chrétiens indigènes.

Le traité signé en 1231 , entre l'empereur Frédéric II, roi de Sicile, et un prince de la dynastie des Hafsites stipule c< le libre échange de part et d'autre des esclaves , hommes, fem* mes, qui persisteraient dans leur croyance religieuse première, c'est-à-dire les prisonniers qui, en Afrique, resteraient dans le christianisme, et ceux qui, en Sicile ou ailleurs, conserveraient la foi musulmane. — Les marchands de Sicile, de Calabre et d'Apulie devaient être à l'abri, en Afrique, des vexations et exactions qu'y subissaient d'habitude les voyageurs chrétiens. Réciprocité en faveur des marchands mu^ sulmans d'Afrique dans les domaines de l'Empereur ^ »

De 1470 à 1479, les rois de Sicile stipulent avec Tunis diverses conventions de même nature. Depuis cette époque jusqu'à l'expédition de Charles-Quint, on ne trouve plus aucune trace de relations politiques entre les deux pays.

Les autres puissances chrétiennes, telles que Venise, l'Ara* gon, Majorque, Pise, etc., suivirent l'exemple de la Sicile, et se lièrent avec la Tunisie par divers traités, afin de protéger, en Barbarie, la religion ainsi que le commerce mari'^ time.

Le traité conclu, en 1270, entre <c Jaeme, rey d*Arago, de

i Annaléê tunUienne$t par A. Rouiseaa ; p 4SA.

Malorcha e de Valencia , comte de Barcelona e d'Urgel. senjor de Monpelier, e el noble Miramomeni Aboabdille, rey de Tuniz, » dit expressément que les sujets ai'agonais pourront jouir de toute sécurité dans leurs fondouks (caravansérails) de Tunis, y réciter leurs prières et enterrer leurs morts. Et, chose plus explicite, il est stipulé que les sujets aragonais seront traités et respectés, dans les Etats tunisiens, à l'égal des autres marchands chrétiens, qui j sont fixés, comme par le passé et sans nouveaux droits. Ce paragraphe vise évidemment les chrétiens étrangers et indigènes, par l'entremise desquels les rois barbaresques entamèrent les premières négociations avec les princes chrétiens.

En 1278 et en 1285, les parties contractantes confirment les dispositions du traité de 1270. J'arrive à la convention de 1313, contre-signée par plusieurs témoins chrétiens indigènes et passée entre le roi de Majorque et le roi de Tunis. La sécurité des gens de Majorque établis à Tunis y est garantie avec le droit d'avoir un fondouk et un consul, c'est-à-dire un protecteur des intérêts matériels et religieux. La copie de cet acte a été coUationnée par un notaire aragonais et chrétien, Bernardo de Pulcrovicino, résidant alors à Tunis. En 1323, ces stipulations furent confirmées par un nouveau traité.

Les Florentins obtinrent, en 1252, les mêmes privilèges que les Siciliens et les Aragonais.

La république de Gênes, dont le commerce était alors trèsétendu, songea à protéger l'existence des chrétiens en Tunisie par des stipulations signées en 1230, en 1250 et .en 1272. < Bien que les Génois se fussent associés à Texpédition de saint Louis contre Tunis, puisqu'ils mirent à la disposition des croisés plusieurs de leurs navires, il ne semble pas que

leurs rapports commerciaux avec les États du prince tunisien aient été rompus, ni même qii'ils en aient souffert ^ » Loin de là, la république génoise obtint, entre autres privilèges, que les ventes faites dans les Etats tunisiens par des Génois à « d'autres chrétiens » seraient exemptes de tous droits et que les chrétiens naviguant sous la protection du pavillon génois participeraient aux mêmes avantages. Les chrétiens indigènes purent dès lors éviter les avanies et les exactions musulmanes.

Quant aux Pisans, ils s'établirent à Tunis et dans Tîle de Tabarque dès le xii'' siècle. L'histoire a conservé le souvenir de sept conventions signées par eux avec les rois de Tunis. La convention de 1230 leur assura notamment la faculté de construire, en Tunisie, des églises et des cimetières; la dernière, celle de 1398, ne fut qu'un résumé des privilèges octroyés précédemment.

Venise a traité quatre fois avec Tunis : en 1251, en 1271, en 1317 et en 1320. La traité de 1251, aujourd'hui déposé dans les archives de Venise, garantit la possession des fondouks, l'établissement d'un consulat, etc. ; il se tait sur les droits religieux, mais il en est question évidemment à l'article des fondouks dans lesquels les chrétiens des autres nations étaient autorisés à pratiquer librement leur religion.

La trêve de dix ans, signée en octobre 1270 par Philippe III le Hardi, successeur de saint Louis, et le roi de Tunis, El Mostanser, contenait un article particulier aux chrétiens de

Tunisie.

Art. III. — Il sera libre aux moines et prêtres chrétiens de

1 Annaîei tuniêUnnes, p. 41&-4S0.

s'établir dans les États du Commandeur des croyants ; on leur accordera un lien où ils pourront bâtir des maisons, construire des chapelles et enterrer les morts ; il^ra permis aux moines et prêtres de prêcher dans Tenceinte des églises, de réciter à haute voix les prières ; en un mot, de servir Dieu conformément à leurs rites et de faire tout ce qu'ils feraient dans leur propre pays.

Voilà ce que le successeur de saint Louis put obtenir pour faire respecter la rejligioii chrétienne en Tunisie. A aucun des États de la chrétienté il n'avait été encore accordé des privilèges aussi étendus et aussi explicites.

c En outre, ce traité fut déclaré commun à Baudouin II, empereur de Constantinople^ à Alphonse, comte de Toulouse, à Guy, comte de Flandre, à Henry, comte de Luxembourg, et à tous les comtes, barons et chevaliers présents ^ »

II. — Dès le xiir siècle, les Ordres religieux joignent leurs efforts à ceux des princes chrétiens pour le triomphe de la foi en Tunisie. L'Ordre des Trinitaires est créé, en 1198, par saint Jean de Matha ^ et par saint Félix de Valois, pour la délivrance des chrétiens captifs chez les infidèles. En 1233, saint Pierre Nolasque ^ fonde l'Ordre de Notre-Dame de la Merci. Ces deux Ordres ont joué un grand rôle pour le rachat des esclaves captifs à Tunis, et c'est à eux surtout que Ton doit la conservation du christianisme dans ces contrées. De 1193

i Tunis, par le D' L. Franck. Collection de l'Univerg pittoreêque^ de Firmin Didot, Paris, 1842.

S Jean de Matha naquit à Panoon en Provence. Sa vocation lui fût révélée par l'apparition d*un ange lui montrant deux captifs, Tun chrélieD, l'autre maure. Le pape Innocent III approuva la constitution de l'Ordre de la Très Sainte Trinité pour la rédemption des captifs et donna à Jean de Matha le titre de supérieur général de rOrdre.

3 Saint Pierre Nolasqne naquit en 1189, dans le Lauraguais, prés de Careassonne. L'Eglise Thonore le 31 janvier.

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à 1787, les Trinitaires rachetèrent, sur les côtes de Barbarie, 900,000 esclaves ; et les Pères de la Merci, 300,000. Le prix d'un esclave étant en moyenne de 6,000 francs, c'est donc, pour le rachat de 1,200,000 esclaves, 7 milliards 200 millions de francs que l'Europe chrétienne a consacrés, pendant plus de cinq siècles, à la délivrance des malheureux tombés entre les mains des corsaires barbaresques.

Dans deux voyages accomplis en 1202 et en 1210, saint Jean de Matha racheta 230 prisonniers qu'il ramena triomphalement de Tunis à Rome. Deux fois, il envoya à Tunis son compagnon Jean TAnglais, qui délivra 334 esclaves.

Parfois les Pères de la Merci prenaient les fers des esclaves qu'ils ne pouvaient racheter. Voici une partie du serment prononcé par ces Religieux à leur prise d'habit: «... Et in Sarracenorum potestate in pigmis, si necesse fuerit ad redemptionem Christi fidelium, detentus manebo. Je jure de rester esclave entre les mains des Sarrasins comme otage, si cela est nécessaire à la rédemption des fidèles du Christ. »

En 1219, saint François d'Assise envoya à Tunis quelquesuns de ses Religieux pour assister les chrétiens. « Ce furent, dit le chroniqueur, des pèlerins qui ne fondèrent aucun établissement. »

L'année 1247 marque l'assassinat d'un Religieux français nommé le P. Pierre de Saint- Denis ; on ignore à quel Ordre il appartenait.

Tous les rédempteurs d'esclaves chrétiens, venus à Tunis en 1249, furent volés, tués et jetés à la mer.

En 1253, le P. Thibaut était sur le point de partir avec 129 esclaves délivrés, lorsqu'il fut fait prisonnier et brûlé vif; les chrétiens qu'il avait rachetés furent remis en esclavage.

L'état lamentable de cette province attira l'attention du pape Alexandre lY, qui enjoifpiit, par sa lettre du 27 juin 1256, au supérieur général des Dominicains d'envoyer des missionnaires à Tunis. Cette mission porta promptementdes fruits. On lit, en effet, dans une lettre du même pape (15 juillet 1260) adressée à saint Raimond de Pennafort, que les Dominicains envoyés à Tunis convertirent même des musulmans. Les chroniques dominicaines portent à 10,000 le nombre des infidèles qui reçurent alors le baptême.

Peu après, le roi de Tunis témoigna le désir d'embrasser la foi chrétienne. Comme je l'ai exposé plus haut, c'est Texpression de ce désir qui aurait déterminé saint Louis à entreprendre la croisade pendant laquelle il mourut en face de Tunis (1270). Le rédacteur des annales de l'Eglise de Tunis, M. Pélissier de Reynaud^, et un historien arabe sont d'accord pour constater que, à cette époque, le nombre des chrétiens était considérable ; tout prouve que la communauté chrétienne indigène survécut aux persécutions; les traités conclus avec Tunis , ainsi que l'œuvre des Pères de la Merci et des Trinitaires,en sont les preuves les plus convaincantes.

Quelques années après la croisade de saint Louis, le martyrologe s'ouvre de nouveau. En 1284, Pierre du Chemin, Religieux de la Merci, est massacré; en 1315, les PP. Othon, Jacques et Adolphe, revenant de Tunis avec 320 esclaves, sont repris par les pirates, conduits à Constantinople et empalés. Deux ans plus tard, le P. Alexandre est brûlé vif à Tunis , pendant que le P. Arthaud et 30 autres Pères de la Merci y meurent de faim«

i Description historique et géographique de ta Régence de Tunis.

Le Vénérable Rti mond Lulle, né à Majorque (1235), vint à Tunis en 1311, après trente ans d*étude de la langue arabe et de préparation à l'évangélisation des Maures. « Résolu à essayer ce qu'il pouvait étant seul, pour parvenir à cette fin, il assembla les plus savants musulmans et leur dit : « — Je suis bien instruit des preuves de la religion « chrétienne, et je suis venu auprès de vous pour entendre (( les preuves de Tislamlsme, afin de l'embrasser si je trouve « vos raisons plus fortes que les miennes. » Les musulmans lui ayant apporté les preuves de leur religion, il y répondit facilement et ajouta : « — Tout homme sage doit ce suivre la croyance qui attribue à Dieu plus de bonté, de « puissance, de gloire et de perfection et qui met entre la « cause première et son effet plus d'accord et de conve- « nance ^ »

Un siècle durant, le silence se fait sur les vicissitudes du christianisme en Tunisie. Il faut arriver au milieu du xv° siècle pour reprendre le cours de ce récit.

Saint Laurent Compani, vingt- unième supérieur général de la Merci, venu en Tunisie vers 1450, est, peu après son arrivée, saisi et jeté dans les fers. Il y languit seize années avec le P. Bozet, commandeur de Toulouse, et il mourut en 1479. De son vivant, il fit plusieurs miracles ; il rendit la vue à un aveugle et délivra d'un démon la fille du roi de Tunis. Le Bullarium Ordinis B. M. V. de Mercede (Barcinonaa, 1692) contient le récit complet de la vie et des œuvres de Laurent Compani. D'après ce document, le saint missionnaire aurait été envoyé deux fois en ambassade par le

i Le* Saints de V Algérie.

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roi de Tunis auprès d'Alphonse V, roi deNaples et d'Aragon. Les miracles de saint Laurent Compani convertirent à la foi chrétienne le roi de Tunis et toute sa famille. 11 est difficile de révoquer en doute ce fait avancé par de graves' auteurs ; les écrivains arabes sont naturellement muets à ce sujet. Il convient donc d'accepter cette affirmation sans la discuter, tout en déplorant qu'un exemple parti de si haut soit resté stérile. Deux fois les souverains do Tunis ou désirèrent se convertir ou abjurèrent ; cependant, excepté les 10,000 musulmans baptisés parles Dominicains, le reste du peuple continua de professer les erreurs de Mahomet.

Voilà ce que l'Église a tenté,jusqu'à la conquête deCharles- Quint, pour le rachat des chrétiens et pour la glorification de Notre Seigneur parmi les infidèles. Grâce aux efforts combinés des princes et des Religieux (Trinitaires, Dominicains, Pères de la Merci, etc.), l'existence des chrétiens en Tunisie fut sauvegardée autant que possible ; quelques églises et chapelles furent construites ; de pieux exemples furent donnés. Mais, hélas ! qu'est-ce que cet état languissant comparé avec la splendeur de l'Eglise de Carthage du v« au vu" siècle ? Du moins le flambeau de la foi ne s'est jamais éteint en Tunisie, et il est permis d'entrevoir des jours prochains où il brillera d'un éclat nouveau. La création des Ordres de la T.-S. Trinité et de N.-D. de la Merci fut une faveur spéciale de Dieu qui suscita de nombreux défenseurs de l'Église militante ; la conquête de Charles-Quint mit le sceau matériel aux victoires morales des missionnaires.

On a pas idée aujourd'hui des souffrances qu'enduraient à Tunis les chrétiens captifs.

(c Les prisonniers se divisaient en deux classes : la première

comprenait le capitaine el les officiers du . bâtiment capturé, avec leurs femmes et leurs enfants ; cette première classe était soumise à un travail moins dur que celui des simples matelots, qu'on vendait publiquement au plus offrant. Les enfants étaient presque tous envoyés au palais du dey ou aux maisons des premières familles, et les femmes servaient les dames maures ou entraient dans les harems.Mais les plus malheureux étaient ceux qu'on employait aux travaux publics. Us étaient nourris de pain grossier, de gruau, d'huile rance et de quelques olives; il n'y avait que lés plus adroits qui pouvaient, par leur industrie, en travaillant pour leur compte après le coucher du soleil, se procurer quelquefois une meilleure nourriture et un peu de vin. L'Etat leur accordait pour tout vêtement une chemise, une tunique de laine à longues manches et un manteau... Chaque bagne formait un vaste édifice distribué en cellules basses et sombres, qui contenaient chacune de quinze à seize esclaves. Une natte pour quelques-uns et la terre humide pour le plus grand nombre leur servait de lit. . . C'était là qu'étaient tenus les esclaves appartenant à l'État... Les esclaves des particuliers étaient généralement assez bien traités, surtout ceux que l'on présumait rache tables... La vente des esclaves se faisait dans un bazar appelé Bezestan (en persan, acheter, lieu où Ton achète). La valeur vénale dépendait de l'âge, delà fortune, delà santé, etc. Le rachat s'accomplissait de trois manières. Il y avait d'abord la rédemption publique : c'était celle qui se faisait aux dépenis de l'Etat auquel appartenaient les esclaves. Il y avait ensuite le rachat par l'entremise des Religieux de la Merci; et enfin le rachat direct, effectué par les parents du captif. lia rançon une fois payée, on exigeait diverses

redevanœs supplémentaires qui doublaient le prix convenu *. »

L'Europe a, pendant des siècles, enduré à ses portes ce triste état de choses; longtemps elle a été impuissante à réprimer la course de la Tunisie. Jusqu'au xvi' siècle, elle ne sut se défendre que par quelques traités insuffisants ; et, sans le zèle des missionnaires, les Arabes auraient, dans cette longue etobscure période(1073-1535), effacéen Afrique le nom de chrétien.

i Extrait de V Histoire de VAlçirie, par Galibert. ~~ Voir le chapitre intitulé Pi'raterie.

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