‹ La Tunisie chrétienneChapitre 8 sur 37 · PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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pelle de Saint-Louis, au point précis où se trouve aujourd'hui la maison de campagne du bey. Les deux petits lacs que l'on voit actuellement sont, non pas, comme on serait tenté de le

croire, un reste des ports, mais bien un essai de restauration partielle, tentée il y a quelques années, parle fils de S. Exe. le premier ministre. (Voir la gravure, page 5.)

« Les deux ports, dit Appien, communiquaient l'un avec l'autre et avec la mer par une seule entrée, de 21 m. 5 c. de largeur, qui se fermait avec des chaînes de fer. Le pre mier était le port des marchands et contenait des points d'attache nombreux et de diverse nature pour amarrer les • navires. Au milieu du port intérieur s'élève une ile ; Tîle et le port sont bordés de vastes quais... C'est dans cette ile qu'était placé le palais de l'amiral. »

Scipion, après la prise de Carthage, démolit en partie les murs des ports, dont l'entrée avait été bouchée, au cœur des opérations, par une digue marine ; mais les colons romains conduits par les Gracques restaurèrent les ports. Les Carthaginois leur donnaient le nom de Cothon, et, au iv<^ siècle,^ on les appela Mandracium. Ces ports avaient été creusés de main d'homme ; de là leur vient le nom de Cothon (coupure, excavation, d'après la racine hébraïque et arabe kataa^ couper). M. Beulé a fait, sur cette partie de Carthage, des recherches précieuses, consignées dans son livre intitulé : Fouilles à Carthage (Paris, imprimerie impériale, 1862).

Le temple d'Apollon, probablement celui de Melcartli, l'Hercule tyrien, était situé près du forum, ainsi que la curie où le sénat tenait parfois ses séances ; le temple d'Esculape semble avoir souvent servi au même usage.

L'édifice consacré à Junon Céleste (Astarté-Tanith), la

grande déesse de Carthage, était placé en face de Byrsa, sur la colline voisine. Divers auteurs veulent que ce monument ait été compris dans l'enceinte de Byrsa. Une cour de 2,945 mètres, précédait le temple d'Astarté, où était renfermé le voile sacré (TreTrXo;, péplum), palladium de la ville. Dans la cour s'élevaient divers édicules dédiés à des divinités inférieures. En 421 , l'empereur Constance aurait, dit-on, fait raser ce temple, dont l'emplacement serait devenu un cimetière chrétien, tandis que, d'après TertuUien, cet édifice païen aurait été consacré, vers la même époque, au culte du vrai Dieu. L'évêque de Carthage, en s'asseyant sur la chaire du grand prêtre de Tanith, renversa à jamais cette idole muette. Cependant le culte d'Astarté fut si vivace, que les historiens ecclésiastiques constatent qu'il était encore pratiqué au v* siècle.

L'auteur anonyme des Promesses et Prédictions, qui vivait vers 398 après J.-C, nous a laissé une description du temple d'Astarté ; les Pères de l'Église donnent aussi à ce sujet de longs détails.

Les Carthaginois avaient apporté de Tyr le culte des dieux et des déesses de la mère patrie. Melcarth, le dieu de la clarté solaire, était l'Hercule punique, le protecteur de Tyr et de toutes les colonies phéniciennes. Eschmun-Esculape était le dieu protecteur de Byrsa où il avait son temple. Moloch ou Saturne était le premier dieu de l'Olympe carthaginois; c'était le maître du temps, le Chronos des Grecs. Astarté ou Tanith, appelée Junon Céleste par les Romains^ était associée à ce dieu, et, comme lui^ elle avait à Carthage un temple fort visité. Ces quatre dieux principaux symbolisaient le temps, le ciel, la lumière et la santé. Il semble que

les Romains aient ensuite introduit, dans la ville de Didon, le culte de Cérès et de Proaerpine.

La religion des Carthaginois était cruelle et matérialiste : les mystères de Tanith et les sacrifices humains offerts à Moloch ne devaient guère élever l'esprit d'un peuple chez lequel la divinité était toujours vengeresse et matérielle. Il a fallu la venue du christianisme pour faire de Dieu l'Être bon, indulgent et compatissant que les anciens on ignoré et que Socrate a entrevu.

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A l'origine, les Carthaginois eurent une nécropole contre Byraa, c'est-à-dire du côté de la MaU;a ; mais, lorsque la ville prit de l'extension, ils enterrèrent leurs morts audessus de la Marsa, dans la montagne Creuse (Gehel Kaouï). Cette habitude sémitique d'enterrer les morts, au lieu de les brûler comme faisaient les Romains, persista après la

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conquête, et le christianisme ne fit que lui donner la consécration de son autorité. Les nécropoles de Carthage ont été fouillées bien des fois, et il est presque impossible de trouver un tombeau intact. Les tombes étaient creusées sous le sol, et Ton y arrivait par une porte dissimulée. Autour de la chambre centrale, des niches étaient disposées, à droite, à gauche et au fond, pour servir de couche funéraire. Je joins ici le plan d'un tombeau de l'époque romaine. (Voir la gravure page 9.)

Carthage était divisée en divers quartiers doht les principaux étaient ceux de Byrsa, de Mégara, des Mappales, du Forum. Quant aux rues, l'histoire ne nous a conservé que quelques noms : Via Cselestis, Via Senis, Via Memoriae, etc.

Deux citernes publiques sises, Tune, au village de la Malka, l'autre, au bord de la mer au-dessous du Fort-Neuf, alimentaient la ville. J'ai mesuré moi-même les citernes du bord de la mer. Elles ont 139 m. de long sur 37 de large ; elles sont voûtées et se divisent en compartiments. Elles possèdent des réservoirs circulaires, où les eaux passaient avant d'être distribuées dans la ville. Ces citernes étaient, ainsi que celles de la Malka, de construction carthaginoise.

Lorsque Hadrien revêtit la pourpre impériale, Carthage avait été reconstruite et embellie tour à tour par Caîus Gracchus, Jules César et Auguste; mais il était parfois difficile de se procurer de l'eau dans cette ville alimentée seulement par des citernes privées et par deux citernes publiques. Des sécheresses, comme on en a vu dans les temps modernes, pouvaient, à un moment donnée faire vider les divers réservoirs d'eau et mettre ainsi en danger l'existence d'une population considérable. Les premiers colons romains

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