‹ La Tunisie de début de XXme siècleChapitre 12 sur 39 · CULTURES D'AVENIR · texte numérisé non relu

CULTURES D'AVENIR

PAU

Aug. CHEVALIER

Quand on examine sur une mappemonde, les régions du globe où se sont constitués les groupements humains les plus civilisés, on constate, avec quelque surprise, que ce ne sont pas les contrées les plus fertiles et les plus riches en ressources naturelles qui ont des habitants parvenus au plus haut degré de la civilisation. C'est généralement le contraire qui a lieu. Ce lait est surtout frappant pour la partie du continent africain situé au nord de l'Equaleur. Tandis que les populations de la grande forêt équatoriale du Congo, si riche en productions végétales de loules sortes, sont demeurés dans un état de barbarie tel qu'à certains égards ils ne diffèrent guère des anthropoïdes, au contraire les hommes des régions peu fertiles enserrant au Nord et au Sud le vaste désert du Sahara se sont perfectionnés et leur civilisation évolue depuis le début de l'époque historique.

Lors d'un récent voyage au Soudan, j'ai appris à connaître l'état relativement avancé de Tagriculture chez les peuples qui vivent au sud du Sahara, mais cette contrée tropicale est séparée par une bande de sable large d'environ 1.500 kilomètres de la partie septentrionale de l'Afrique si exactement nommée par quelques géographes Afrique mineure. Cette Afrique mineure à laquelle appartient la Tunisie, n'a aucun rapport avec le reste du continent ; par sa constitution, par sa flore, par sa faune, elle ressemble beaucoup plus à l'Europe méridoniale qu'à l'Afrique proprement dite.

Or, je n'ai jamais voyagé au nord du Sahara, c'est vous dire que

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je ne connais l'Afrique mineure que par ce qu'on a écrit sur ce sujet et je sais avec quelles facilités on peut commettre des erreurs lorsqu'on veut parler de choses qu'on n'a pas vues soi-même.

Je vous demanderai donc toute votre indulgence pour cette causerie que M. le Professeur Blanchard m'a fait Thonneur de me confier.

Mon effort personnel sera d'ailleurs bien léger ; car ma tâche consistera à vous exposer ce que l'on sait aujourd'hui sur les productions forestières et agricoles de l'Afrique française septenlrionale grâce aux beaux travaux de Cossou, Henri Duveyrier, Ch. Rivière, Trabut, Paul Bourde, Maxime Cornu, Schw^einfurth, Batlandier, Loth, Lamey et de tant d'autres qui ont consacré leur science et leur talent à l'élude de ces questions.

Ainsi que vous le faisait remarquer M. Hua dans la précédente conférence, on peut diviser la Tunisie en deux régions 1res distinctes: 1^ la région nord et nord-ouest assez bien irriguée, couverte de forêts en beaucoup d'endroits et qui jouit du climat méditerranéen ;

2° Tout le reste du pays, c'est-à-dire l'Est, le Centre, et le Sud, vaste contrée désertique, privée d'eau et dénudée. Elle n'est qu'un prolongement du Sahara.

Ces deux régions ont une importance très différente au point de vue des ressources végétales qu'elles peuvent fournir ù l'homme. Tandis que la partie septentrionale possède de riantes forêts et se prête à la plupart des cultures de l'Europe méridioniale, la région désertique est absolument stérile, très pauvre en végétation, et le Dattier est la seule grande culture des oasis.

Nous examinerons successivement dans chacune de ces deux zones, les ressources naturelles qui y existent sans l'intervention de l'homme, puis nous verrons en dernier lieu celles qu'il y a crées ou qu'il pourrait y créer par la culture.

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