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CHAPITRE VI L^Enseignement public

L'enseignement arabe.— Division des cours à la Grande-Mosquée. — L'enseignement français. — Statistiques scolaires. — Les grands établissements d'instruction. — Développement de l'enseignement primaire et professionnel. — Une nouvelle législation. — Bibliothèques et associations diverses.

L'enseignement public dans la Régence comprend deux grandes divisions : l'enseignement arabe et l'enseignement français.'*'

L'enseignement arabe est donné dans les mosquées, les mederça, les zaouïa et les kouttab ou écoles coraniques. Il fait partie intégrante des exercices du culte et constitue une préparation à la vie future, car il a pour base la lecture et l'explication du Coran. On compte dans la Régence 1.245 écoles coraniques avec 1 .248 maîtres et 20.254 élèves. Dans les mederça, où professeurs et élèves vivent côte à côte, on se borne en effet à apprendre à lire le livre saint et à le prononcer correctement. Il en est de même dans les zaouïa qui renferment une école. C'est dans les mosquées, transformées en véritables universités, qu'on enseigne la langue arabe, la lecture du Coran, la conduite du Prophète, la métaphysique, la théologie islamique, le droit, la logique, etc. Les professeurs sont souvent en même temps imam ou mufti, et ainsi apparaît encore l'intime union

(1) Le Gouvernement italien entretient dans la Régence un certain nombre d'institutions scolaires dont les unes portent le titre d'écoles royales et ont un personnel nommé par le Gouvernement de Rome, tandis que les autres sont simplement subventionnées.

Cette organisation, antérieure à l'établissement du Protectorat, a été expressément reconnue par les conventions diplomatiques de 189G, qui autorisent les Italiens à posséder des écoles particulières, mais les désignent nominativement et stipulent que leur nombre ne pourra, en aucun cas, être augmenté.

Les cours d'enseignement secondaire sont professés au lAceo-Ginnasio,àouh\é d'une Ecole Tecnico-Commercia/^^. Cet établissement renferme aussi un Convillo ou pensionnat géré par \e préside ou proviseur et ses collaborateurs. Malgré les efforts de la bourgeoisie italienne de Tunis et les sacrifices d'argent consentis par elle, le nombre des élèves du Liceo reste stationnaire.

Les effectifs des écoles primaires sont au contraire en voie d'accroissement.

entre renseignement et le culte. Les dilTérentes études auxquelles on se livre dans les mosquées sont aujourd'hui concentrées en quelque sorte à la Grande-Mosquée de Tunis ou Djamd-Ezzitouna (mosquée de l'Olivier), où se donnent rendez-vous les étudiants de toutes les parties de la Régence et qui possède une bibliothèque de 6.850 volumes.

Dans le but d'améliorer le recrutement des maîtres, la Direction de l'Enseignement a créé, sous le nom de Mederça Ettadibia, une sorle d'école normale qui conserve les jeunes gens indigènes pendant cinq années. On leur apprend la langue française, les éléments des sciences, l'histoire et la géographie de la Tunisie, la grammaire arabe et les éléments du droit. C'est le début d'une réforme plus complète destinée à rénover les méthodes en usage à la Grande- Mosquée, où les professeurs, imbus des principes de la scholastique, se contentent encore trop souvent d'un enseignement dépourvu de tout esprit criticjue et s'adressent à la mémoire plutôt qu'à l'intelligence des étudiants.

Pendant l'année scolaire 1905-190G, à la Grande-Mosquée, le nomijie des cours de sciences religieuses s'est élevé à 131,(10111 05 SIM' les dilh'rentes manières de psalmodier le Coran et 30 sur l'unili'' de Dieu. Il y a eu 187 cours de sciences juii(li(|iies, 173 cours de grammaire, 73 sui' la rhétoriiiue, l'éloquence et la logique, 13 sui' des matières diverses. Un schiI cours sur l'histoire et la biographie conqjlète des hommes célèbres de l'islam. Pas de géographie, pas de

.\ Tunis existent trois grandes écoles de garçons, deux écoles de filles «M iltux asiles; à Sfax on compte une école élémentaire de garçons et une école di' lillcs ; à Sousse et à La Goulette il en est de même; de plus, cliacune de ces dcMix derniérfs villes possède, en outre, un asile pour les Jeunes enfants. Néanmoins, le nombre des enfants italiens fréquentant ces écoles est heaucoup moindre (|ue wlui des écoliers de même nationalité inscrits dans les écoles françaises. Nos établis.sements d'enseignement |iublic, bondés d'élèves, sont nbliL'<''s de n^fuser clia(|iie année un milli(;r déjeunes italiens, ('/est inrontestablenuMil une des raisons principales de la prospérité des institutions scolaires italiennes.

!,e pi-ogranime ries travaux à accomplir sur les fonds de l'emprunt de i'.'lH» comporte la c(»nstruf,tion à 'l'unis de nouvelles écoles françaises pour une sonune d'un million de francs. Tout fait prévoir (|u'une forte |tfoporlion d'élèves des école» it^ilieiines viendra .se ranger soas la disi-ipline île nos maiires le joui- où des liMtaux spacii^ux sei'ont aménagés à ri'Wv intenlion.

sciences mathématiques, physiques et naturelles; rien qui puisse donner une idée aux étudiants de l'évolution accomplie depuis le moyen âge. On en est toujours au Trlvimn et au Quadrivimn,ixux raisonnements syllogistiques et aux stériles discussions de mots. Sans doute, il convient d'être prudent en matière aussi délicate, mais il faut cependant persévérer dans la voie des réformes et ne pas laisser les maîtres musulmans figés dans la contemplation du passé.

L'enseignement français est donné à '21.759 enfants de toutes nationalités, répartis entre 175 établissements secondaires ou primaires.'''

Divisés par nationalités les élèves forment des groupes d'importance inégales dont voici la composition :

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