‹ La Tunisie et l'œuvre du Protectorat françaisChapitre 38 sur 52 · XX · texte numérisé non relu

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de 6 à 7 millions. Environ 1.500 ouvriers sont occupés par cette industrie.

Enfin, d'importants gisements de fer et de manganèse, découverts dans ces dernières années, vont être mis sous peu en exploitation. On peut, dès à présent, évaluer à 500.000 tonnes au minimum l'appoint que fourniront les seuls gisements du Zrissa et du Slata au chiffre d'exportation annuel des minerais de provenance tunisienne.

Les sources minérales et thermales sont très nomhreuses. Les plus renommées sont celles d'Hammam-Lif et de Korbeus, où l'on soigne les maladies de la peau, les affections syphilitiques, les douleurs rhumatismales.

Spécialement aménagée par les soins d'une Société concessionnaire, la source de Korbeus, déjà si fi'équentée par les indigènes, est appelée à devenir un centre curatif de premier ordre pour les Européens.

La vertu de ces eaux est, en effet, universelle dans tout le nord de l'Afrique, où un adage populaire dit que « tant qu'un malade condamné n'est pas allé à Korbeus, il y a encore de la ressource ». Elles sont souveraines contre les affections rhumatismales, l'arthritisme et ses diverses manifestations, les dermatoses, et toutes les maladies de la peau consécutives à une altération du san^f. Les choréiques et les ataxiques en retirent en outre un soulagement rapide, ainsi que les sujets atteints de diabète, d'obésité, de gravelle, d'allections du tube digestif et de paludisme.

Une société s'est formée pour exploiter cette station dans des conditions de confort et avec une installation qui permissent à la clientèle européenne d'en recueillir les bienfaits.

La Compagnie, aussitôt constituée, s'est mise à l'œuvre. Dans le village de Korljcus, amas misérable do masures soi'dides, où (jucl- <|ii<'s ruines presque elïacées témoignaient seulcsdel'antiiiue spleii-

• l'iir des Ihei'mes romains de Carpis, s'élèvent un magnilique hôtel

• jiii sera ouxcrt :in piijilic ifiiis le coiiimiiI de f(''\iifi' l'.K)7, des bâtiments d'aduiiiiistiatioii, un garage jiour automobiles, etc. En attendant l'ouverture de l'établissement Iheiinal, la (;onq)agnie a fait aménager un ancien palais beyiical, le Dar-el-Bey, où les malades

européens recevront d'un médecin attaché à l'établissement les soins attentifs que comportera leur état.

Le Gouvernement Tunisien ne pouvait se désintéresser d'une entreprise d'un tel caractère d'intérêt public et qui importe à un aussi haut degré à la sanlé générale, ainsi qu'à la prospérité matérielle de la Régence, où l'affluence des étrangers riches se répercute sur le développement des alfaires commerciales, industrielles et agricoles. 11 a donc fait construire une route superbe à partir de l'appontement de Sidi-Raïs, route qui dessert Korbeus, en traversant le village, et se prolonge au delà jusqu'à Hammam-el-A trous.

Ce magnifique travail d'art est exécuté en corniche, le long du versant du djebel Korbeus, et suit le bord de la mer, qu'il domine, en certains points, de près de cinquante mètres. Le spectacle que le voyageur qui parcourt cette route a sous les yeux est admirable : il embrasse non seulement le golfe de Tunis, mais encore le cap Porto-Farina. Dans celte Tunisie où la nature s'est complue à multiplier les sites gracieux ou imposants, il est permis d'ahirmer que Korbeus, grâce à la configuration du terrain et aux merveilles réalisées par fart des ingénieurs, constitue un des points de vue les plus pittoresques et les plus grandioses.

De plus, la Compagnie, en couvrant de constructions le village de Korbeus, a eu le bon esprit de ne pas substituera l'aspect antérieur un groupement d'édifices de style uniquement européen, qui, au milieu du site sauvage où ils se fussent dressés, auraient présenté un caractère disparate et mesquin. Si l'on excepte l'hôtel des thermes qui, pour répondre aux besoins d'une clientèle préoccupée d'y rencontrer les commodités nécessaires, devait se conformer aux dispositions intérieures et extéiieures qu'exige ce genre d'établissements, toutes les constructions édihées par la Compagnie sont du style arabe le plus pur.

Il est à présumer que l'établissement balnéaire de Korbeus, une fois connu en Europe, jouira delà plus grande vogue. Peu de sources thermales ont, en elîet, des vertus aussi efficaces et peu de golfes peuvent être comparés à la magnifique baie de Carthage. Ni les touristes, ni les malades ne se plaintlront d'avoir traversé la mer

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