L'AUMONE
d'une œuvre de bienfaisance qu'ils ont créée pour leurs frères du Fezzan et du Soudan arrivant à Tunis. Grâce aux ressources qu'ils se procurent avec leur zourna, leur tam-tam et leur danse, ceux de leur race qui ont traversé le désert trouvent à Tunis protection et asile.
Salem, un grand vieux nègre à barbe grisonnante que vous verrez tous les jours, en beau costume, offrant devant les terrasses des cafés européens des éventails, des tromblons invraisemblables, des poignards et des fusils indigènes aux incrustations de nacre et de corail, s'est mis à la tête de cette œuvre. Bon vieux Salem! aux premiers jours de mon arrivée " je regardais avec indifférence les objets de bazar qu'il me présentait, mais lorsque je connus avec quel zèle touchant il se vouait à son œuvre, je ne pouvais m'empêcher de l'accueillir avec intérêt, d'accepter ses offres.
Le cas de Salem n'est point un fait isolé. Les musulmans se livrent aux œuvres de bienfaisance, elles leur sont d'ailleurs recommandées.
Un proverbe arabe dit : Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien; si tu possèdes peu, donne de ton cœur.
Si chaque musulman voulait suivre à la lettre les préceptes du Koran, il devrait prélever un pour cent sur sa fortune et le donner aux pauvres. Ce don, que certains n'ont pas hésité à faire, est le zaknte ou pureté : c'est l'aumône qui purifie les origines profanes de la richesse.
A l'occasion de l'Aïd-es-ghir dont j'ai parlé, chacun doit faire la part des pauvres, il doit leur faire distribuer une certaine quantité de denrée alimentaire, celle dont on fait le plus usage dans la région habitée par le donateur. La quantité en est calculée à raison de un saa (mesure de trois litres) par chaque membre de la famille. C'est la zakate-el-fatr, la purification de la rupture du jeûne.
Le kefara, ou expiation, est un acte de bienfaisance qui consiste à faire une