LE MARABOUT DE SIDI -S AAD
Ne frappez jamais une chatte le soir, souvent les djins empruntent cette forme pour se montrer à nous.
Ils se transforment aussi en grenouilles ; ne tuez jamais ces animaux.
Si vous trouvez un serpent dans votre maison, épargnez-le, c'est un djin qui partage avec vous la propriété du local.
L'épilepsie et les crises nerveuses sont dues à des djins qui hantent le corps. Les personnes atteintes de ces maladies sont amenées de très loin au tombeau du marabout Sidi-Saad près de Mornag. Là elles gesticulent, balancent la tête dans le mode des Aïssaouas jusqu'à complet étourdissement. L'esprit parle alors au malade, il lui demande le sacrifice d'une poule noire, d'un mouton, d'une chèvre ou d'un taureau : le. malade trempera ses mains dans le sang des victimes, s'en abreuvera, et s'il renouvelle chaque année ce sacrifice, les djins le laisseront en paix.
Les négresses du voisinage du marabout nourrissent avec du pain les serpents et les tortues qui habitent les cavernes creusées dans les berges de l'Oued Miliane qui coule près de là.
Le cri du hibou est un signe de mort.
Si l'un d'eux passe au-dessus de votre demeure en faisant entendre son hululement, projetez vivement de l'eau dans sa direction en vous écriant par trois fois : Ennar kouro! le feu est derrière toi !
Si un enfant est malade du K?'a/, odeur du hibou, vous verrez le blanc de ses yeux devenir couleur de safran, il sera pris de dysenterie et ira s'afFaiblissant : une douche d'urine de chameau le guérira.
Si vous vous emparez d'un hibou vivant, vous lui direz : « Ahedni! prometsmoi. » Vous sous-entendrez : « de ne pas faire de mal à mes enfants. » Si à ce moment le hibou étend ses ailes, ce sera signe d'assentiment. Alors vous enduirez sa tête d'huile et vous lui rendrez la liberté. Si l'animal reste impassible, mettezle à mort.
Pour empêcher les hiboux d'approcher de votre maison, placez sur votre terrasse des marmites renversées dont le fond sera chargé de suie.
Lorsqu'une personne tombe du mal caduc, faites venir une femme qui poussera des you you de joie à ses oreilles, le malade se relèvera. Si ce moyen n'est pas efficace, placez-lui dans la main ime clef de forme particulière, c'est-à-dire non percée de trou, et elle guérira sûrement.
Rapprochement singulier, cette même clef jouit d'une grande faveur en Sicile.
Lorsque quelqu'un est ensorcelé, ses parents et ses amis s'en aperçoivent vite. Il peut être délivré par trois moyens. Le premier est simple, il consiste à lui faire absorber du fessoukh elma dissous dans de la vase. Le second est beaucoup plus
compliqué. Au moment où le muezzin appelle à la prière à'el dohor, de midi, il faut jeterdansun fourneau, au-dessus du regard d'une citerne, un paquet renfermant onze ingrédients parmi lesquels des grains de haberchad,àe. guebbaha, des fruits de thuya, du fessouk elma, de l'encens bayemeni, des racines spéciales et un caméléon vivant. Sous l'action de la chaleur, les aromates s'exhalent et le caméléon éclate. C'est l'instant précis où la sorcellerie est conjurée. Le troisième moyen consiste à enduire de savon mélangé à des graines de haberchad le fond de la marmite dans laquelle on prépare les repas de l'ensorcelé. Aucun sortilège ne saurait résister à ces trois pratiques.
Dans les cas de dérangement cérébral, il est d'usage constant chez les musulmans de Tunisie, aussi bien que chez les Israélites, de conjurer la démonialité en appelant dans la maison un orchestre où domine le rebab, sorte de violon à long manche. Cet orchestre est appelé r'Zieèm.
Le scorpion n'est pas en odeur de sainteté. Il alla trouver le prophète un jour de pi'emier mai et lui dit : « 0 Mohammed, tu es tout-puissant, donne-moi des yeux plus vifs, des reins plus solides, et avant la fin du mois j'aurai détruit la race humaine ! » Le prophète courroucé lui répondit : « Désormais, tu seras aveugle et tu auras les reins brisés. »
Pour éloigner les scorpions des demeures, les sorciers écrivent sur un papier une sorte d'invocation sans points ni voyelles qu'il faut coller sur les portes et sur les croisées : Que Dieu soit bon pour nous et nous préserve des tortui'es et des poisons ! . . .
Cette invocation est suivie des lettres isolées : o-u-1-a-s-k-m-o-u-h-a. Elles n'offrent réunies aucun sens connu.
Lorsqu'une personne a été piquée par un scorpion, on appelle un Aïssaoua,qui se met en catalepsie, fait des entailles autour de la piqûre à l'aide d'un rasoir et suce la plaie. En l'absence d'un Aïssaoua, on a recours aux ventouses, ou bien on partage en deux un pigeon vivant et on applique les chairs pantelantes sur la partie piquée.
La graisse de l'autruche est une sorte de panacée. Mélangée à de la mie de pain et réduite à la consistance de pâte, elle est employée pour combattre les fièvres. Ce sera l'aliment du malade qui ne boii'a pas de la journée en en faisant usage.
Pour le rhumatisme et le lumbago, on frictionnera d'abord les parties douloureuses avec de la graisse pure, après quoi le malade se couchera dans le sable brûlant. Pris d'une forte transpiration, il guérira.
La graisse légèrement chauffée est avalée comme potion pour combattre les