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SOUSSE

tune à Zama, il se préparait à livrer bataille à Scipion arrivant de Carthage.

Au déclin de la République romaine, les partisans de César et de Pompée se disputèrent la position avec acharnement. La victoire de Thapsus la mit aux mains de César.

Les Vandales démantelèrent Sousse, Justinien releva la ville et lui rendit sa vieille splendeur. En l'an 827 de notre ère, les Arabes qui s'en étaient emparés fortifièrent les remparts . André Doria à la tête d'une escadre espagnole l'assiégea au xvi' siècle et s'en rendit maître. Au siècle dernier enfin, les Français et les Espagnols la bombardèrent.

Quant à l'intérieur de la cité rien de très particulier à dire, c'est l'éternel réseau des ruelles de toutes les villes arabes, les mêmes boutiques basses. Seules, à travers la foule remuante, aux costumes éclatants, les femmes se glissent graves, presque farouches, voilées de noir de la tête aux pieds. Le visage lui-même disparait sous un sombre masque. Parfois elles passent en théories funèbres, en cortèges mortuaires le long des murailles, dans l'éblouissement du soleil.

Allant un peu à l'aventure j'ai atteint le Kaouat-el-Koubba, signalé comme une des curiosités de la ville. Ce café du dôme ou de la coupole s'est installé dans une ancienne basilique byzantine dont les blanches voûtes sont supportées par des arcades et des colonnes. Le dôme central est taillé jusqu'à son sommet en larges cannelures. Le monument est remarquable. Il est à regretter qu'on ne l'ait point utilisé pour la formation d'un musée, par exemple, qui, tout en assurant sa conservation, abriterait tant de belles mosaïques qu'un peu de sable recouvre à peine aux environs de la ville.

Contentons-nous pour l'instant du pittoresque offert par ces hommes aux visages expressifs, drapés dans leurs manteaux, assis çà et là ou réunis par groupes dans le Kaouat-el-Koubba. Ils sont graves, silencieux; on dirait qu'il traîne encore ici quelque souvenir du recueillement sacré de la vieille basilique.

L'un d'eux surtout, me frappe. Sa tête est osseuse, sa peau bronzée, le nez est recourbé et fin, les yeux sont voilés sous une lourde paupière, ses moustaches, retombantes de chaque côté des lèvres, se redressent fièrement aux extrémités. Ses mouvements sont lents, ils rappellent la souple nonchalance des félins. C'est un janissaire. De temps à autre il porte à ses lèvres un calumet microscopique dont il aspire une bouffée, ses yeux mornes s'entr'ouvrent alors et il retombe ensuite dans un songe sans fin.

Plus loin, tout au fond d'un café voisin, se tient un conteur. Il dit, comme ceux de Tunis, un récit des Mille et une nuits. Souvent il s'arrête et, promenant un regard circulaire, il paraît jouir de l'émerveillement de l'auditoire.

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