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LE « SIINBAR » DE LA GRANDE MOSQUEE

Sans cesse, dans ma promenade, des visions nouvelles frappent mes yeux. Oli! comme nous sommes loin de la vieille Europe ! C'est bien un monde nouveau dans lequel nous voyageons et le cadre se prête admirablement aux scènes qui nous arrêtent: le ciel, l'architecture, la couleur, les visages et les costumes.

Ce soir, je suis allé au hasard à travers les souks en compagnie de M. Epitalon, avocat à Saint-Etienne, que j'avais rencontré à bord, lorsqu'une musique bizarre s'est tout à coup fait entendre. Sur les bancs, le long d'une galerie, des hommes sont assis sur des nattes, revêtus de djebbas superbes, un turban d'or s'enroulant autour de leur fez rouge. Ceux-là aussi sont attentifs. Au milieu de cette réunion, des musiciens jouent de la derbouka et du violon à long manche. C'est une sérénade en l'honneur d'un riche maure. Les phrases musicales n'avaient aucune mélodie, c'étaient toujours des sortes de marches que les ronflements du tambour de basque accentuaient. Puis subitement les instruments s'arrêtaient et des voix nasillardes les remplaçaient, célébrant je ne sais quels exploits guerriers.

Alentour les magasins sont ouverts, illuminés, et des juives sont accroupies

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