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MOSQUÉE DU UARBIER : GALERIE DU TOMBEAU

loO LA TUNISIE

celles qui arrivent du sud, transportant à Sousse et même à Tunis leurs chargements.

Il m'est resté de Kairouan un inoubliable souvenir. Aux heures de repos, lorsque le passé me hante, je revois comme en rêve des paysages d'une douceur infinie, des rivages bercés par l'éternelle mélodie d'un flot caressant, des visages qui me sourirent un jour et que je ne verrai plus, mais tout à coup devant mes yeux, surgit la ville sainte, avec toute l'étrangeté de la vision du premier jour.

L'orage menaçait. J'étais sur le haut minaret de la grande mosquée Sidi-ben- Okba. La ville, autour de moi, étalait la livide blancheur de ses terrasses où s'arrondissaient de larges coupoles aux écailles vertes, où pointaient des minarets jaunes, où les murailles succédaient aux murailles, à l'infini. A mes pieds était l'immense parvis de la mosquée avec sa prodigieuse colonnade. Autoiu* de la ville, au milieu des cactus noirs, blanchissaient des tombeaux, dos coupoles, des minarets encore. Mais voici que, de la nue déchirée, une pluie de lumière s'échappe, éclaboussant les murailles, allumant les coupoles, burinant les dentelles des minarets. Puis subitement la lumière s'éteignit, le tonnerre gronda, ses roulements se répercutèrent au loin, quelques éclairs rayèrent l'espace, et la pluie ruissela.

Kairouan venait de m'apparaître comme une cité d'Apocalypse, comme une vision de fantastique métropole de l'Islam .

J'avais passé tout le jour dans les mosquées, mes yeux étaient pleins encore des reflets d'un art évanoui et, après l'orage, le soleil s'était pris à briller. De grands nuages erraient encore dans le ciel, mais le temps rasséréné promettait un beau lendemain.

Alors les voix des muezzins chantèrent aux espaces la grandeur d'Allah, je les voyais sur le faîte des minarets tels que des apparitions célestes, et du lointain, d'autres voix s'élevaient encore et, sur la ville entière, sur les tombeaux épars et sur l'immense plaine, ces voix qui portaient la prière longuement planaient.

Les derniers rayons flambaient çà et là sur les murailles. Çà et là encore les flaques d'eau que l'orage avait foi*mées dans les rues, reflétaient leurs feux mourants. Et la nuit enveloppa la ville sainte. . .

Je visitai à diverses reprises cette grande mosquée de Sidi-ben Okba, dont la fondation est légendaire comme les origines de la ville même. Si longtemps il fut mystérieux, ce grand sanctuaire aujourd'hui profané où le chrétien peut pénétrer !

Lorsque Okba-bcn-Amir, après la retraite des animaux féroces ou immondes

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