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LES MOSQUÉES

D'après les historiens maures, la chaire aurait été construite par Abou-Brahira ben Mohammed El Aghlab avec du bois de platane qu'il aurait fait venir tout exprès de Bagdad . Mais ceci est une légende.

A l'entrée du sanctuaire montent deux magnifiques colonnes très rapprochées l'une de l'autre. Elles sont remarquables par la richesse de leur couleur rouge tigrée de blanc pâle . Ces colonnes proviendraient de Sbéitla que détruisirent les soldats d'Othman, le troisième Khalife. On leur i)rète une vertu extraordinaire. Les musulmans atteints de rhumatismes se déshabillent et passent entre les deux fûts en engageant d'abord la tête et le bras droit. On prétend qu'en sortant de ce laminoir ils sont guéris. Il est certain que depuis des siècles, des malades se livrent à cette épreuve, car le marbre est un peu usé. Leur frottement au passage l'a \ivement poli, d'ailleurs.

Ces deux colonnes ont une autre vertu encore. Ceux qui parviennent, comme certains heureux rhumatisants, à se glisser entre elles, sout en état de pureté et acquièrent la certitude d'entrer en paradis.

On dit que les murs de la mosquée étaient ornés autrefois par des armures provenant des armées de saint Louis et du roi de Sicile, depuis longtemps on ignore ce qu'elles sont devenues.

Mon spahi n'est plus aussi taciturne, il s'est un peu familiarisé et se départ de sa réserve, il cause, il sourit même par instants. A la sortie de

la grande mosquée il m'entraîne à la Djama Amer-Ahhàda communément désignée sous le nom de la mosquée des sabres. Le monument est surmonté de six coupoles, une septième est restée inachevée. Amer-Abbâda fut de son vivant forgeron armurier et ensuite derviche. Il jouissait d'une grande influence sur l'esprit de ses concitoyens. Il bâtit cette mosquée et sans doute la décora lui-même de sabres gigantesques dont les fourreaux seuls s'allongent sur d'énormes râteliers et de serrures bardées de fer de dimensions fantastiques. Un des sabres disparu portait, dit-on, une inscription prédisant l'entrée des Français dans la ville sainte.

Pour que tout soit d'accord dans cette étrange mosquée, une pipe colossale est posée sur le sarcophage du forgeron marabout. En face de la porte d'entrée, de l'autre côté delà rue, dans un enclos, on voit des ancres de proportions fabuleuses. Mon spahi m'assure avec un sourire de satisfaction qu'elles

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