UN SOIR DE RHAMADAN
pour considéi'er cette cour solitaire, où se tenait accroupi un vieux janissaire silencieux. Je revoyais toujours les belles esclaves blanches que les pirates ramenaient des rivages de France, d'Espagne, d'Italie et de Grèce, pour les mêler aux sombres filles du Soudan à la voix gutturale, que d'autres pirates, ceux du désert, avaient livrées aux caravanes.
Ces temps do rapines ne sont guère éloignés , et sur la côte de Tripolitaine , que je viens de visiter, la traite cl andestine des noirs se pratique encore. La France, en s'emparant d'Alger, mit un terme aux incursions des pirates, et dès lors les rivages de la Méditerranée sont devenus sûrs. Nos voisins s'en souviennent-ils? Que n'ont-ils pas oublié !
Je quitte le mystérieux et chatoyant bazar de Barbouchi ; je reviendrai plus
tard ; il me réserve une place sur le seuil de sa boutique, et là j'assisterai au passage du bey et au défilé de son cortège.
En quittant les souks obscurs, je prends la rue de la Kasbah pour gagner le quartier franc. La foule qui encombre cette voie et les ruelles adjacentes me semble aussi plus grouillante qu'à l'ordinaire, plus agitée en ses brillants costumes. Devant les mosquées de longues files d'Arabes se tiennent accroupis, et des lan-