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SALLE DES PSYCHES A DAR-EL-BEY

ternes de couleur qui viennent d'être allumées, — car le crépuscule tombe, — irisent les passants de reflets d'arc-en-ciel.

De même, dans la ville européenne, ce n'est plus l'aspect accoutumé. La porte de France, qui donne accès cà la cité arabe, est illuminée, et la population se presse par les rues ou encombre les terrasses des cafés. Les sons lointains d'une musique se rapprochent peu à peu . C'est la retraite aux flambeaux des zouaves .

Comme toujours ces soldats ont belle aUiire, ils vont d'un pas alerte, comme à l'assaut, et des fusées, des flammes de Bengale les illuminent au passage de fantastiques lueurs. Et ils passent à travers la fumée, comme une évocation guerrière.

Les Arabes, ou plutôt les Tunisiens, regardent les conquérants nouveaux curieusement, sans révolte et sans haine. Ces musulmans n'ont ils pas été toujours en servage ? Le fatalisme leur fait accepter sans murmure le fait accompli, dont ils profitent d'ailleurs, car le protectorat est pour eux plein d'avantages.

Le quartier maure est donc aussi en fête. La foule vivante et bariolée encombre les rues et se dirige vers les souks illuminés. Combien de scènes nocturnes me frappent et m'arrêtent, on peut dire à chaque pas, soit sous les sombres voûtes des galeries moins éclairées, soit dans les étroites ruelles où des lanternes en cuivre ouvragé jettent des éclats multicolores! Dans les grands souks, c'est par moments un éblouissement de lumière. Les tapis d'Orient, les étoff'es brodées d'or et d'argent, les aiguières ciselées scintillent. Aussitôt après on s'enfonce dans un noir dédale de galeries...

Bai'bouchi m'attendait.

Le bazar était brillamment illuminé ; il se distinguait des autres par son apparat et par sa richesse. Les objets les plus précieux s'étalaient devant sa boutique dans un ruissellement d'or; on eût dit l'entrée d'un sanctuaire. En face

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