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Voici la valeur des principaux produits exportés pendant ce même trimestre :
Huile
Blé dur
Orge
Alfa.
Dattes
Tissus de laine . . .
Eponges lavées...
Peaux de chèvres
et de chevreaux. Chéchias (bonnets
rouges)
Légumes secs
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atteint une valeur de deux millions et demi ; pour la Tripolitaiiie, elles ont été de onze cent mille francs ; pour l'Angleterre de moins d'un million ; de sept cent mille francs pour l'Algérie, et de six cent cinquante mille francs seulement pour la métropole. Mais il faut ajouter la majeure partie des exportations pour l'Algérie à celles indiquées pour la France, parce que beaucoup de produits destinés à notre pays sont d'abord dirigés par terre vers la colonie voisine, afin d^éviter les droits d'exportation. Les produits exportés par la Tunisie sont principalement : les huiles d'olive, le blé dur, l'orge, l'alfa et les dattes, puis viennent les tissus de laine et les chéchias fabriqués dans le pays ou du moins considérés comme tels, les éponges récoltées dans le golfe de Gabès, les peaux de chèvres et de chevreaux, les ouvrages en alfa, les grignons d'olives, les graines de lin, les pistaches. L'huile d'olive va surtout en Italie ; l'alfa est exporté presque en totalité en Angleterre ; les dattes, les éponges, les peaux de chevreaux, les grignons sont exportés en France.
D'après les chiffres indiqués plus haut pour les exportations de la Régence, l'Italie reçoit de quarante à quarante-cinq pour cent des produits tunisiens exportés, c'est-à-dire presque la moitié de ce qui sort de la Tunisie, tandis que la France fournit à notre établissement africain cinquante pour cent environ des produits qui y sont importés. Des différences analogues existent dans la proportion des navires italiens et français qui servent aux importations et aux exportations tunisiennes. Les produits importés le sont par des navires français dans la proportion d'environ quarante à quarante-cinq pour cent tandis que les exportations sont faites par des bâtiments italiens dans la proportion d'environ cinquante pour cent.
Les ports par lesquels se produisent les plus forts mouvements du commerce sont, par ordre d'importance : la Goulette, Sousse, Sfax, Gabès, Djerba, Monastir, Mahédia; puis, Tabarka, Bizerteet
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Zarzis. Pendant le premier trimestre de l'année 1303 de Tliégire (1885-1886), c'est-à-dire du 13 octobre 1885 aul2 janvier 1886, il a été importé par la Goulette et Tunis, que les statistiques douanières distinguent, mais qu'il faut réunir pour avoir des chiffres approchant de la vérité , une valeur de neuf millions trois cent soixante-sept mille quatre cent quarante-trois piastres de marchandises ; à Sousse, il en a été importé pour une valeur de un million cent dix-neuf mille deux cent soixante-six piastres ; à Sfax , pour huit cent cinquante-sept mille trois cent quatre-\1ngt-une piastres ; à Gabès, pour trois cent cinquante-cinq mille cent quarante piastres ; à Djerba , pour quatre-vingt-quinze mille cinquantedeux piastres ; à Monastir, pour quatre-vingt-dix mille deux cent quatre piastres ; à Mahédia , pour cinquante-cinq mille cinq cent cinq piastres ; à Tabarka, pour dix-sept mille cent soixante-neuf piastres ; à Bizerte , pour neuf mille trois cent seize piastres.
Pour les exportations, la proportion doit être à peu près la même. Mais les statistiques des douanes tunisiennes ne permettent pas d'en juger, parce qu'elles ne donnent que les quantités des marchandises exportées et non leur valeur.
Les autres points de la Régence par lesquels se font des importations et des exportations de quelque importance sont : Ghardimaou, où il a été importé, dans le premier trimestre 1885-1886, pour cent quatre-vingt-neuf mille quatre cent seize piastres de marchandises ; Gafsa, qui en a reçu pour soixante-sept mille cent quarante-neuf piastres ; Sidi-Youssef, qui en a reçu pour cinquantedeux mille cinq cent quatre-vmgt-quatre piastres ; Babouk, pour une valeur de trente mille sept cent quatre piastres ; Ouled- Bouchanen, seize mille cinq cent vingt-cinq piastres; Nefta, ti'eize mille quatre cent vingt-neuf piastres ; Tozeur, neuf mille quatre cent quinze piastres ; Loubira , cinq mille quatre cent soixante-cinq piastres ; Borj Hammen , quatre mille vingt-cinq ; et Haidra trois mille cent deux piastres.
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Il faut nçter qu'un grand nombre de produits tunisiens destinés soit à la France, soit à l'étranger, au lieu d'être embarqués dans les ports tunisiens, sont transportés en Algérie par le chemin de fer de Bône-Guelma, les exportations par terre étant exemptes du droit à la sortie qui frappe les exportations par mer. 11 en résulte depuis quelques années un accroissement considérable des transports eflfectués par le chemin de Bône-Guelma entre la Tunisie et l'Algérie.
Quand on compare les importations de la Tunisie avec ses exportations pendant les deux périodes quinquennales de 1876 à 1880 et de 1880 à 1885, on est frappé d'un fait qui a soulevé dans la Régence beaucoup de discussions, c'est que, pendant la première période, c'est-à-dire pendant les cinq années qui ont précédé l'occupation française, les exportations l'emportent sur les importations, tandis que le contraire se produit pendant les cinq années qui suivent l'occupation.
De 1875-76 à 1879-80, le total des importations en Tunisie s'élevant en chiffres ronds à cinquante-quatre millions six cent mille francs, celui des exportations atteignait cinquante-huit millions deux cent mille francs, soit trois millions six cent mUle fi'ancs de plus pour les exportations que pour les importations.
De 1880-81 à 1884-85, c'est-à-dire pendant les cinq années qui
suivent l'occupation, le chiffre total des exportations est de
quatre-vingt-six millions quatre cent mille francs, tandis que
celui des importations s'élève à cent dix-huit nullions deux
cent mille francs, soit une différence de trente et un millions huit
cent mille francs au profit des importations (1).
(1) Voici, en chififres ronds, la valeur des exportations et importations pendant ces deux périodes :