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LES FORÊTS

Les forêts de la Tunisie peuvent être divisées, d'après leur situation, la nature des essences qui les composent et leur valeur commerciale, en deux groupes très distincts : celles qui sont situées au nord de la Medjerdah et celles qui s'élèvent dans l'ouest et le centre du pays.

Dans le nord, sur des montagnes à base de grès, sont des forêts de chênes-zen et de chênes-lièges; dans Touest et au centre, sont des forêts de pins d'Alep et de chênes verts. Vers le sud, se trouve un massif unique, formé d'acacias qui produisent une certaine quantité de gomme.

Très négligées par le gouvernement tunisien, les forêts n'ont été l'objet d'études sérieuses que depuis l'établissement du protectorat, ou, pour mieux dire, depuis 1883 seulement. Les premières observations furent faites par M. Lefèvi'e, directeur des forêts. Il établit que dans toutes les forêts du nord et du nord-ouest de la Régence, les chênes-zen et les chênes-lièges ne se trouvent que sur les grès nummulitiques qui reposent sur les terrains crétacés supérieurs, et que ces essences disparaissent complètement dès que les calcaires, qui constituent la majeure partie de l'étage crétacé, apparaissent à la surface du sol.

Le chêne-zen se trouve uniquement sur les versants des montagnes qui regardent le nord et dans le fond des vallons étroits, tandis que les chênes-lièges habitent les versants tournés vers le sud.

Les arbres de haute taille sonl confinés sur les parties

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supérieures des montagnes. La moitié ou les deux tiers inférieurs de ces dernières ne sont couve its que de broussailles.

Du côté de la mer, aux montagnes boisées font suite des dunes en partie couvertes d'arbustes et dont le boisement doit être considéré comme nécessaire. Leur surface totale avait été évaluée par M. Lefèvre à 16.000 hectares environ. En supposant ce boisement opéré, il y aurait une surface totale de 11)2.000 hectares, dont 124.000 déjà utilisables.

En Tunisie, les forets font partie du domaine beylical. Ce principe est du moins absolument incontesté en ce qui concerne les massifs forestiers situés au nord de la Medjerdah. L'administration française, qui agit au nom du Bey, avait donc le droit d'adopter pour les forets le régime qui lui paraîtrait le plus convenable. Elle pouvait, soit les aliéner, soit les concéder pour une durée plus ou moins longue, soit les mettre elle-même en valeur et en vendre directement les produits. C'est à ce dernier système quelle s'arrêta.

Il y avait d'abord à créer des routes et sentiers, et à pratiquer des tranchées assez larges pour arrêter la marche des incendies. Il y avait aussi à mettre en état les arbres eux-mêmes, c'est-à-dire à marquer les chênes-zen qu'il était nécessaire d'abattre, à démascler les chênes-lièges et à marquer ceux qui, étant trop vieux, n'étaient plus bons à exploiter que pour h^ tannin, (les diverses opérations devaient entraîner des dépenses considérables, auxquelles il en fallait encore ajouter d'autres pour le personnel.

Afin de couvrir ces dépenses, il ne fallait pas songer au liège : puisque les arbres n'étaient pas encore démasclés, on ne pouvait compter exploiter le liège de ceux auxquels on allait faire subir cette opération qu'après une période de dix années. Mais on pouvait fonder des espérances, d'une part sur le tannin dont il serait aisé de concéder l'exploitation, d'autre part, sur la vente des chênes immédiatement exploitables.

D'après le Rapport au président de la République sur

la si tuation de la Twiisie pour 1009 : « 30.420 quintaux de lièg:e de reproduction ont été adjugés pour la somme de !j70.000 francs. La vente des écorces à tan (30.580 quintaux) a produit 233.800 francs, et celle des coupes de bois d'œuvre (10.780 mètres cubes de chênes-réen) 192.000 fr. Les recettes du service des forêts ont atteint en 1909, la somme totale de 1.168.722 francs 75 centimes. »

Les dépenses, sont portées, en effet, au budget de 1909, pour une somme totale de 694.650 francs, se divisant en : personnel, 197.350 francs; matériel, 112.555 francs; délimitation et amélioration des forets, 277.720 ; entretien des forêts, 84.025; fixation des dunes, 23.000 francs.

Les massifs forestiers situés au sud de la Medjerdaii, dans les terrains calcaires, sont formés surtout de pins d'Alep, de chênes verts et de genévriers. Les plus importants sont ceux des montagnes de Zaghouan d'où naissent les sources qui alimentent Tunis en eau potable; ceux du Djouggar et du Djebel-Reças, aux environs de Tunis; celui d'Aïn-Fouma dans la partie supérieure de la vallée de rOued Milianali, presque entièrement formé de pins d'Alep ; celui de la Kessera, sur la route du Kef à Kairouan, long de douze kilomètres et large de plusieurs kilomètres; ceux des montagnes des Zlass, à l'est de Kairouan; ceux de Sidi-Youssef et de l'Oued Mélègue sur la route du Kef à Souk-Ahras ; celui de Nébeur, sur la route du Kef à Souk-el-Arba; celui d'Haïdra, près de la frontière d'Algérie continuation en Tunisie des massifs forestiers algériens du cercle de Tebessa; enfin, celui de Blad-Thalah, dans l'ouest de Sfax, distinct de tous les autres en ce qu'il est formé par une espèce d'arbre inconnu dans tout le reste de la Tunisie et en Algérie, Y Acacia tortissima.

D'après une note de source officielle qui m'a été remise en juillet 1914, la surface totale des forêts situées au sud de la Medjerdah et dans la presqu'île du cap Bon atteint 898.212 hectares dont il est dit dans la note à laquelle je fais allusion : « on ne peut pas les considérer comme totalement inexploitables puisqu'elles fournissent le bois de chauffage et le bois de construction nécessaires aux

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