ET LES SOCIÉTÉS INDIGÈNES DE PRÉVOYANCE
Dans tous les pays du monde, l'un des obstacles les plus sérieux au développement de l'agriculture réside dans l'insuffisance des ressources financières dont jouissent la plupart des agriculteurs, surtout dans les régions oii la propriété est très divisée, dans celles où les récoltes sont rendues incertaines par les conditions climatériques et aussi dans celles dont la valeur des produits du sol est faible.
En Tunisie oii les agriculteurs indigènes sont soumis à ces trois causes d'infériorité, le manque d'argent est une règle sous laquelle tous sont à peu près également courbés. Dès que la récolte est mauvaise, l'indigène est obligé d'emprunter pour faire les semailles et de subir le taux d'intérêt qu'il plaît à son prêteur de lui imposer. Le taux normal pour ces sortes de prêts est de 35 à 50 pour cent, mais il n'a pas de limites et varie avec l'intensité des besoins de l'emprunteur. M. Alapetite a cité à la tribune de la Chambre le cas d'un magistrat de Tunis qui avait vu payer devant lui un contrat oiî était stipulé un intérêt de 250 pour cent.
Dans le but de faire disparaître ce vice, qui est l'une des principales causes de la misère de l'agriculteur indigène, le protectorat a institué, au cours des dernières