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I. INDUSTRIE INDIGÈNE

tapis (le Rairouan et des autres localités citées plus haut ; mais leur entrée en France est rendue difficile par un droit de douane excessif (5,50 par mètre carré).

La poterie et la céramique tunisiennes ont été aussi l'objet de mesures ayant pour objet de les relever. « A Nebeul, dit le Rapport pour 1910, centre de cette fabrication, des élèves de l'école primaire ont été placés en apprentissage dans les usines oii l'on n'emploie que la main-d'œuvre indigène et oii l'on remet en usage les procédés et les dessins anciens. Aujourd'hui, les produits obtenus, notamment les panneaux de faïence, peuvent rivaliser avec les très belles productions dupasse. »

On n'a pas essayé de restaurer l'art des arabesques, a II eût été chimérique, dit le Rapport pour 1910, de prétendre ressusciter certains travaux d'art comme ceux des sculptures sur plâtre (nakatp), très beaux en eux-mêmes, mais que leur prix de revient trop élevé rend inabordables aux budgets actuels, publics ou privés. Les merveilles de ce genre qui existent en Tunisie dans les palais, les mosquées ou les habitations, doivent être protégées et conservées par les soins de l'Etat, toutes les fois que son intervention est possible, comme des vestiges précieux du passé ; il ne peut être question d'en favoriser la production à l'avenir. »

Tandis que l'administration de M. Alapetite s'efforçait d'organiser l'enseignement professionnel, soit dans les Ecoles spéciales comme l'Ecole Emile-Loubet de Tunis, soit dans les écoles primaires, elle donnait des soins à la formation d'apprentis indigènes dans les divers métiers. Il y eut des résistances à vaincre pour réaliser ces œuvres, en raison du dédain dans lequel les indigènes tiennent les travaux manuels. Cependant, la nécessité de vivre a commencé de leur faire comprendre les avantages qu'ils trouveraient dans la connaissance de professions devant lesquelles les Européens ne reculent pas. Il a été possible, depuis 1909, de former des apprentis à Tunis, à Béja, à Bizerte, à Kairouan, à Nebeul, etc., pour les métiers de la menuiserie, de la ferblanterie, de la serrurerie, des forge-

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rons marécliaux-ferrants, etc. Un internat a été ouvert à Tunis pour des jeunes gens de la province à la sortie de l'école primaire ; on leur apprend un métier et on les établit ensuite dans les petits centres indigènes de l'intérieur d'oii ils sont venus.

D'après le Rapport au Président de la République pour 1912 : « L'apprentissage industriel est actuellement en plein fonctionnement dans 19 écoles se répartissant en il) localités. Le nombre des apprentis, qui était de 133 au 31 décembre 1910, et de 276 au 31 décembre 1911, s'est élevé à 438 au 31 décembre 1912 ». Tunis en comptait 250, Gabès 37, Sfax 34, Ksar-Hellal 26, Metlaoui 21, Potinville 15, Kairouan 13, etc. A Tunis et partout où cela est possible, les apprentis sont placés chez des patrons. « On peut dire sans exagérer, affirmele Rapport pour 1912, qu'à cette heure, l'organisation de l'apprentissage... approche de sa forme définitive et promet des résultats certains et peu éloignés. »

Il faudra beaucoup de temps pour que toutes ces mesures donnent les résultats qu'on leur demande ; il faut surtout apporter dans leur exécution une grande ténacité et suivre des méthodes rigoureuses. Or, il semble bien que ces qualités soient précisément celles que tient à leur imprimer l'administration deM. Alapetite. Aussi la Chambre lui fit-elle un véritable succès lorsque, dans son discours du 26 janvier 1912, il en exposa le programme et rappela les encouragements donnés à l'enseignement professionnel par les membres de la Conférence consultative qui représentent les indigènes.

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