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ÉDIFICES PRIVÉS

Le luxe des édifices privés répond à celui des monuments publics. Ces édifices sont de deux sortes : les uns abritent les vivants, les autres les restes des morts.

§ 1. — Habitations.

Les habitants de 1 Afrique ont appris des Romains à se procurer dans leur maison, leur « home », le bien-être matériel qui permet de braver les rigueûrs du climat, et les jouissances artistiques qui donnent du prix et du charme a la vie. A ce point de vue nous aurions beaucoup à apprendre à leur école, ne lùt-ce que pour construire et aménager nos fermes françaises conformément aux règles de l’hygiène dans les pays chauds.

Les maisons romaines, dont mes louilles d’Oudna ( Uthina ) ont fait connaître plusieurs types, sont toujours vastes et bien aérées : elles s’étendent tout en surface, n ayant le plus souvent qu’un simple rez-de-chaussée. Leur plan rappelle celui des habitation gréco-romaines de Pompéi, avec quelques modifications qui annoncent déjà les dispositions île la maison mauresque.

La porte d’entrée, d aspect monumental, ne donne aspect que dans une première pièce dallée, rie grandes dimensions, analogue a la driba tunisienne, qui sert de salle de réception pour les étrangers. Elle esl isolée du reste du logis, avec lequel elle ne communique que par une porte dérobée.

Les appartements privés sont distribués autour d’une cour centrale rectangulaire, ornée de fontaines, d arbustes et de fleurs, et ceinte d’un péristyle ou portique couvert. Les divers corps de logis se décomposent en une série d 'alria, dont les dispositions varient, et dont l’extraordinaire abondance est une des caractéristiques de la maison africaine. Grâce à toutes ces cours à ciel ouvert, 1 air et la lumière circulent partout librement, tandis que des eaux vives, jaillissant des huitaines dans des vasques en marbre, alimentent des bassins de formes variées et entretiennent la Iraicheur des appartements. Ceux-ci sont aménagés de façon à combattre la chaleur, la poussière et les insectes. Pas de parquets ni de boiseries, peu de tapis, de tentures, peu de meubles; partout de vastes surfaces planes et imperméables, faciles à nettoyer et susceptibles de fréquents lavages. Le rôle de 1 artiste décorateur consiste ii varier l’aspect de ces plans uniformes, ii les rendre agréables a 1 œil, tout en leur conservant les qualités hygiéniques requises.

Les Maures d Afrique ont aujourcLbui résolu ce problème en revêtant le sol et les parois intérieures de leurs habitations rie carreaux de faïence aux vives couleurs, aux gracieuses arabesques. C est grâce a son ulilité pratique que l’industrie des z/tss, importée en Tunisie par les Andalous (Andless) et dont le secret est en train de se perdre, prit, aux siècles passés, un si remarquable développement.

A u lieu de faïence, les Romains employaient la mosaïque, le plus solide, le plus commode des pavements, et qui serait encore actuellement le plus pratique, s’il n’était pas si dispendieux. La question du prix de revient avait moins d importance autrelois. La matière première était à pied d œuvre, fournie par les carrières impériales de marbre précieux, — celles de Chemtou, du Filfila, d Ain- 1 ekbalet dans la province d’Oran, — offrant toutes les gammes des nuances les plus délicates et les plus rares. La main-d’œuvre, si onéreuse aujourd’hui, ne coûtait presque rien, étant fournie par les esclaves. Aussi les Romains ont-ils fait servir la mosaïque aux usages les plus variés dans la décoration de leurs appartements. Elle recouvre non seulement le sol, mais aussi les murs et les voûtes des salles, alternant dans ce dernier cas avec les fresques, les peintures à l’encaustique et les stucs ouvragés, ciselés au fer comme les noukch Jiadida mauresques. Plus ou moins line et compliquée de dessins selon les cas (fig. p. 45), elle (orme le pavement des corridors, des anti-

LES GRANDS TRAVAUX DES ROMAINS EN TUNISIE

chambres, des communs, comme aussi celui du triclinium, de Vœcus, des salons d’apparat, des piscines et des bassins.

Les salles de bain sont un des éléments essentiels de l’habitation romaine : on les trouve par¬

fois groupées dans un pavillon spécial, tel que les thermes privées des Laberii, que j’ai découverts à Oudna ( Uthina ). Le centre de la construction est occupé par un vaste hall voûté, divisé en trois nefs par des colonnes de marbre : lieu de réunion et de repos qui donne accès aux piscines cl eau froide et aux bassins de natation, tandis que d’autres salles, où l’on passe successivement par les divers degrés de chaleur humide comme dans nos hammams actuels, sont réservées aux bains de vapeur. Diverses pièces plus petites, avec galeries, exèclres et portiques, servent à la promenade, aux jeux, ii tout ce qui lait des bains l’une des occupations les plus absorbantes et les plus compliquées de la vie antique.

De nombreuses dépendances, aux toits pointus, recouvertes de tuiles rouges, comme nos fermes (rançaises , entourent la maison du maître : elles sont habitées par les intendants, les fermiers, le chef du troupeau et le forestier1; les serviteurs et les esclaves s’abritent tant bien que mal sous de misérables gourbis en chaume. Puis viennent les bâtiments de l’exploitation rurale, les écuries pour les chevaux de course, de selle, de trait ou de labour, les étables pour les bestiaux; les pressoirs à olives aux proportions monumentales, dont les restes innombrables peuplent aujourd’hui les vastes solitudes de l'ancienne Byzacène ; les moulins ;i farine, les cuves pour fouler le raisin, les celliers et les magasins, où l’on retrouve parfois encore en place les amphores à deux anses qu’on remplissait d’huile ou de vin, et les énormes jarres qui servaient il conserver les céréales.

Au luxe des demeures que les Romains d’Afrique habitaient pendant leur vie, correspond celui de leurs tombeaux.

Chez eux, la cité des morts n’a rien à envier à celle des mausolée pyramidal (colombaire)

T , ,, . , . , . . , 1)13 MAKTAR (p. 47).

vivants. Les plus déshérités ont souci d assurer le repos de

leurs cendres, soit dans un de ces vastes colombaires (fig. p. 47) construits à frais communs par des

associations de petites gens, et où chacun a droit, après sa mort, à une niche, soit de préférence dans une tombe isolée, oii 1 on puisse déposer, à côté du défunt, une lampe, quelques vases et

£ 2. — Tombeaux.

1. Pccuari locus , saltuari j anus , disent les mosaïques de l’Oucd-Athmenia

fioles à parfums, îles bijoux et des amulettes, tout un mobilier funéraire qui lui appartienne en propre. Le nombre de ces monuments funéraires est infini, comme aussi la variété de leurs types.

I) E S T I! U C T I O N 1) E L A Cl VI USAT IO X M A T É R IEEE E

L’abondance et le luxe de tous ces monuments publics et privés sont l’indice d’une grande richesse. Ils montrent la merveilleuse prospérité de la province d’Afrique sous la domination romaine.

Mais cette prospérité, résultant de la mise en valeur totale d’un pays exclusivement agricole, n’est que le fruit d’une longue patience. Il a fallu, pour l’obtenir, plusieurs siècles d’un labeur incessant et, sur toute l’étendue d’un sol méthodiquement et progressivement aménagé, des milliers de travaux d’art. Le jour où les invasions, les guerres civiles, les révolutions religieuses, tous les troubles qui bouleversent l’empire à partir de la fin du troisième siècle, absorbèrent l’énergie des habitants et la détournèrent de la lutte contre la nature hostile, la décadence commença.

Puis vint la conquête arabe, le dépeuplement du pays, l’abandon, et l’œuvre de destruction, commencée par les hommes, se poursuivit d’une façon lente et sure sous l’action malfaisante du temps. Ce pays d’Afrique, où la vie n’est qu’un perpétuel combat contre les éléments, obéit désormais ;i un peuple qui subit la destinée au lieu de se l’asservir. Les Arabes n’ont presque rien détruit en Tunisie, mais ils n’ont rien entretenu.

Peu à peu les derniers travaux d’aménagement qui assuraient la mise en valeur du sol ont cessé de fonctionner. Délivrée de ses entraves, l’eau a recommencé ses érosions néfastes, auxquelles rien n’échappe. Que l’on y joigne l’action destructive de la chaleur et de la gelée, des vends, des tremblements de terre, et 1 on comprendra comment la Tunisie a passé de sa splendeur passée à sa misère présente.

L’archéologie explique les causes de cette décadence et fournit les moyens d’y remédier. Elle nous donne une double leçon de confiance et de sagesse : elle confirme nos espérances et notre foi eu l’avenir, en prouvant qu’un peuple énergique et tenace, établissant son pouvoir sur un pays où ses nationaux demeurent îi l’état d’infime minorité, peut néanmoins réussir à le pénétrer tout entier de son influence morale et à le transformer matériellement du tout au tout. Et, comme elle nous montre en même temps ce qu’une telle œuvre exige de travail méthodique et de persévérance pour être créée, de vigilance pour être maintenue, elle nous met en garde contre les ambitions démesurées, les enthousiasmes irréfléchis et éphémères qui sont si souvent la source des pires déceptions.

P. Gauckler,

Agrège d’Histoire et de Géographie,

Inspecteur général du Service des Antiquités et des Arts de la Régence, à Tunis.

VUE PANORAMIQUE DE TESTOUR, VILLAGE DE MAURES ANDALOUS (p. G1 .

LA POPULATION ET LES RACES EN TUNISIE

COUP d’œil SUR LE PEUPLEMENT DE LA TUNISIE

A divers stades de l’histoire, la Tunisie a subi 1 invasion de races qui ont contribué à la iormation de sa population actuelle. Nous ne pouvons indiquer qu’il grands traits la part de chacune dans le peuplement du pays.

§ 1. — Premiers habitants.

On ne sait rien de précis sur les premières races de l’Afrique du Nord1 2.

Vers la lin de la période de la pierre polie et au commencement de l’àge du bronze européen, les indigènes semblent s’ctre réfugiés les uns aux confins du désert, les autres dans des montagnes peu accessibles comme celles de la Khroumirie, refoulés par l’invasion de tribus guerrières et nomades. Ces tribus appartenaient il la race ibère (dolychoeéphale"), qui a peuplé tout le pourtour de la Méditerranée occidentale. Elles ont prospéré dans l’Afrique du Nord au point d’y former les trois cinquièmes de la population. C’est à elles que se rattachent les Numides, encore représentés dans le pays par de nombreux descendants à face longue ou dysharmonique.

1. Les restes de l’industrie chelléenne et moustérienne de ces premiers occupants sont identiques, comme formes, à ce qu’on a trouvé en Europe, ainsi qu'il résulte des recherches de M. Collignon, puis de M. Couillaud à Gafsa, de M. Rivière à Gabës. Plusieurs auteurs ont trouvé des agglomérations d’indigènes au type néanderthaloïde, précisément dans les oasis voisines des stations de la pierre, à Biskra (Topinard), dans le Djerid (Collignon), à Rhadamès, O.-Ghir, Touat. en Khroumirie (Bertholon). On peut donc émettre l'hypothèse assez plausible que ces indigènes descendent des anciennes tribus de la pierre taillée, dont ils ont les caractères ethniques. Historiquement, on peut les assimiler aux Gétules autochtones ou Melano-Gétules.

2. C’est celte race que M. Hervé ajipclle la race de Langerie-Chaneelade.

Environ deux mille ans avant notre ère, ces races subirent elles-mêmes l’agression d’envahisseurs à tète ronde (brachycéphales), appelés Celto-Ligures, qui émigraient d’Europe, probablement de la vallée du Danube. Ces nouveaux venus s’implantèrent si bien dans l’Afrique du Nord que, quinze cents ans avant Jésus-Christ, ils se trouvèrent en état d’attaquer la puissante Egypte. Les monuments égyptiens nous donnent le récit des faits de guerre de ces Européens, les noms de leurs tribus, les portraits de leurs chefs avec les détails de leur costume, jusqu’à leurs tatouages fidèlement reproduits. D’après les caractères anthropologiques conservés par leurs descendants, on peut dire que ces Européens ont colonisé le littoral des Syrtes et le Sahel tunisien actuel, pour ne nous occuper que de la Tunisie. Ce seraient les Libyens de l’histoire.

Des tribus de blonds avaient suivi ces brachycéphales. Comme dans l’ancienne Celtique, ils s’étaient mélangés avec eux. Néanmoins, certains de leurs descendants, cantonnés sur les massifs montagneux et les plateaux, tels que l’Arouès et les plateaux élevés du centre de la Tunisie, ont conservé les caractères de leur race moins altérés. Ce sont les Tamahous. Ils se nomment encore, en leur langue, les Tamazigh1.

§ 2. — Immigration phénicienne.

C’est ;i ce peuple de civilisation dite ègèenne que s’adressèrent les marins sidoniens, puis tyriens, désireux d’acheter des terrains en Afrique pour y entreposer leurs marchandises. Carthage, que ces négociants fondèrent, ne fut, dans les débuts, qu’un misérable comptoir commercial. Les colons tyriens payaient un tribut ( enzel ) aux rois libyens possesseurs du pays. Ils dominèrent l’Alrique du Nord, mais elle ne fut jamais pour eux une colonie de peuplement. Les colons chananéens constituèrent peu ii peu dans chaque ville une aristocratie. Les Egéens se modelèrent sur ce groupe. Il y eut des alliances entre les deux sociétés. Un échange d’idées et de coutumes en résulta. Le Panthéon égéen pénétra celui des Phéniciens, et réciproquement. Ceux-ci adoptèrent des rites locaux, tels que l’incinération, les ensevelissements secondaires, la cynophagie, etc. La civilisation carthaginoise se trouva ainsi constituer un ensemble tout à fait spécial, participant pour beaucoup de la civilisation punique.

La domination phénicienne introduisit des éléments ethniques divers dans la Tunisie. M. Cazès fait remonter à cette époque l’arrivée des premiers Israélites du pays. Les Zabulonites, entre autres, hardis marins, ont toujours participé aux excursions des Tyriens. En 925 ou 950 avant Jésus-Christ, date de la fondation de Carthage, les Juifs entretenaient des relations très cordiales avec les Tyriens2.

Grands fournisseurs d’esclaves de toutes races, les Phéniciens ont continué leur commerce sur la terre d Afrique. C’est avec eux que semble avoir commencé l’introduction des nègres du Soudan par caravanes3. Mais, par eux-mêmes, ils ne paraissent pas avoir exercé, comme élément ethnique,

1. Ces Européens possédaient une civilisation dont les fouilles deMyeènes, de Tirynthe, d’Orchomène, de Troie, ont exhumé les plus brillants spécimens. Ils avaient refoulé les sauvages du type ibère, et bâti des villes sur leur territoire. Les noms européens de ces villes sont un témoignage de leur ancienneté.

-■ Les régnes de Salomon et d Hiram, voisins de cette époque, marquent cette période.

3. Un crâne de femme, que j’ai eu l'occasion d’étudier, trouvé par le P. Delattre dans un tombeau punique à Carthage, avait exactement les mêmes caractères que la série des crânes nubiens d’Éléphantine mesurés par Broca. Ce document tendrait a prouver que les Phéniciens allaient acheter des nègres et des négresses jusqu’en Égypte. L importation des nègres du Soudan a continué jusqu’à notre époque.

une influence durable en Tunisie. Ils n’ont pas laissé de populations compactes présentant leur type. A la vérité, ce type se rencontre assez fréquemment sur les crânes de l’époque romaine, mais de nos jours il est exceptionnel chez les indigènes.

§ 3. — Éléments immigrés sous les Romains et les Byzantins.

La domination romaine, qui suivit celle des Phéniciens, après la lutte de Carthage et de Rome et le triomphe définitif de cette dernière, n’introduisit que peu de colons. De plus, ces colons n’apportaient pas de types nouveaux au pays. On peut cependant signaler, sous litus, 1 arrivée de nombreux Juifs de Palestine transportés en masses dans la province romaine, après la destruction du temple de Jérusalem (70 ans après Jésus-Christ). Ces Juifs propagèrent leur religion chez les indigènes; de nombreuses tribus du nord de l’Afrique se convertirent au judaïsme.

Après la décadence romaine, causée ou précipitée par les révoltes des Berbères, les dissensions nées, sous les empereurs, de l’état des religions, et l’envahissement de la Funisie par les Vandales (439 après Jésus-Christ), les éléments que ces races blondes introduisirent dans le pays ne correspondirent qu’à des types qui y existaient déjà. Et quand, a leur tour, les Vandales lurent chassés par l’envoyé de Justinien, Bélisaire, et que le pays, enfin reconquis, se trouva, de ce lait, soumis à l’empire d’Orient, les Byzantins n’y importèrent aucun type nouveau.

Le mélange des vainqueurs avec le fond — incomparablement plus considérable de 1 ancienne population constitua, non pas une race, mais cet ensemble, plus ou moins fusionné, que nous désignons aujourd’hui sous le nom, un peu vague, de Berbères.

§ 4. — Immigrations arabes.

Au septième siècle, le soulèvement des indigènes, qui secoua le joug île Byzance, et 1 invasion des premières bandes arabes (647) changea peu la population.

La colonisation arabe ne commença qu’avec la seconde invasion des disciples du prophète. C’est alors (1048) que les Fatimites d’Arabie lancèrent sur l’Alrique du Nord les hordes des Hillal et des Soleïm, ramassis de bandits. 11 en vint deux cent mille.

Au point de vue économique, les Arabes consommèrent la ruine du pays; au point de vue social, l’antique société berbère fut désorganisée : elle perdit, dans beaucoup de localités, jusqu a sa langue nationale. Au point de vue ethnologique, les envahisseurs eurent une moindre influence. Deux cent mille immigrants ne pouvaient pas transformer la race d un peuple de douze millions de Berbères. Les vaincus se réfugièrent sur les montagnes et dans les régions arides. Seules échappèrent les populations du Sahel tunisien et de Djerba. Leur densité, jointe a la possession de gros bourgs fortifiés, leur permit d’éviter en partie le fléau. Cette exception a part, on voit avec étonnement, dans l’Afrique du Nord, les plaines riches et lertiles dépeuplées, ne faisant vivre que quelques misérables habitants. Au contraire, les territoires stériles et mal placés nourrissent le plus souvent une population laborieuse et dense (oasis, montagnes de 1 Aracl, du Bargou, Kabylie, Aourès, etc.).

Le pays, qui, sous les Arabes, ne fut plus en butte a 1 invasion, ne cessa d être, jusqu a la domination turque, le théâtre de luttes ardentes entre Arabes et Berbères, 11 y eut cependant, au

Crâné parASimow, is, ru&Nicolc, Paris

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