‹ La TunisieChapitre 12 sur 157 · CARTE DE TUNISIE INDIQUANT LE TYPE ETHNOGRAPHIQUE PRÉDOMINANT · texte numérisé non relu

CARTE DE TUNISIE INDIQUANT LE TYPE ETHNOGRAPHIQUE PRÉDOMINANT

DRESSÉE PAR M. LE DOCTEUR BERTHOLON (p. 60).

(Le berbère à tète longue [type ibère], qui n’est représenté sur cette carte par aucune teinte, se trouve non seulement dans les régions

laissées en blanc, mais sur la surface du pays tout entier.)

cours de ces luîtes, quelques envahissements partiels clu territoire, d’abord par les Normands (1148), puis par les croisés, enfin par les armées de Charles-Quint (1535), mais alors sans aucun apport de population.

§ 5. — Influence des Turcs. — Immigration des Maures et des Juifs d’Espagne.

Une ère nouvelle s’ouvrit lorsque Moulaï-Hassen, que Charles-Quint avait réintégré sur le trône de ses pères, en ayant soin d’en faire son vassal, fut, en 1591, détrôné par les Turcs ennemis du grand empereur. A partir de celle époque, la Tunisie demeura sous la domination du sultan de Constantinople.

Cette domination agit, au point de vue ethnographique, de deux façons : dans les villes, elle introduisit de nombreux éléments européens : les uns musulmans, tels que les Albanais ; les autres chrétiens; il y eut des régiments grecs en Afrique. D’autre part, la course dans la Méditerranée y avait déjà jeté un nombre considérable d’esclaves de. provenance surtout italienne et provençale. Lors de son expédition, Charles-Quint n’en avait pas délivré moins de vingt mille. Grâce ii cette colonisation forcée, la population de Tunis compte au moins deux tiers de sang européen.

Les Turcs, pour tenir la population indigène, s’associèrent comme auxiliaires les tribus arabes ou arabisées.

Celles-ci servaient ii lever des impôts sur les sédentaires descendant des Berbères. Les ruines causées régulièrement par les pirates de terre déterminèrent beaucoup de tribus berbères à devenir nomades pour échapper aux pillages réguliers. Quant aux groupements berbères trop faibles pour résister, ils allèrent en diminuant de population et en perdant peu à peu leur civilisation. La domination turque peut se résumer ainsi : destruction de l’élément civilisé et laborieux, au profit de tribus barbares et pillardes.

Sous cette domination eut lieu une immigration importante : celle des descendants des Berbères civilisés et musulmanisés qui avaient occupé l’Espagne. Beaucoup de ces Maures espagnols s’installèrent à Tunis. D’autres relevèrent ou fondèrent, dans le nord de la Tunisie, les centres de Béjà, Zaghouan, Testour, Medjez-el-Bab, Tebourba, Soliman, etc. (1009).

La communauté juive fut renforcée aussi, à cette époque, d’un grand nombre d’Israélites chassés d’Espagne.

Les procédés gouvernementaux des Turcs eurent rapidement fini de ramènera la barbarie les éléments maures civilisés. Ecrasés par les impôts et les exactions de toutes sortes commises avec l’aide des nomades, les descendants de ces malheureux étaient en voie de disparition, au milieu des ruines de leurs villages, quand nous les avons sauvés par notre occupation du pays. Us ne nous en savent, d’ailleurs, aucun gré.

§ 6. — Immigration française, sicilienne, maltaise et grecque.

La ruine toujours progressive du pays, depuis la chute des Byzantins jusqu’à notre arrivée, en avait fait tomber la population de 20 millions à 800.000 à peine. Ce dépeuplement avait déterminé une infiltration régulière des Berbères d’Algérie dans l’Ouest, des Berbères de Tripolitaine et du Fezzan dans le Nord et dans l’Ouest, des Berbères du Maroc dans les villes du littoral.

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