VII I
B ATIJIENÏS CIVILS
La plupart des localités de la Régence sont dotées des bâtiments qui leur sont utiles, abattoirs, halles, etc.; mais le caractère municipal de ces édifices n’est pas aussi nettement tranché qu’en France, et bon nombre ont été établis aux frais de l’État. Le capital consacré à la construction des bâtiments civils est d’environ neuf millions de francs, qui ont permis d’établir 20 abattoirs, dont le prix varie de 5.000 francs jusqu’il un million (Tunis); 11 hôtels de contrôles civils; 30 bâtiments de douane; 10 établissements scolaires; 7 bâtiments de gendarmerie; 17 halles ou marchés; 7 hôtels des postes et télégraphes; 9 geôles ou prisons, et 21 bâtiments divers. Bien entendu, cette énumération ne comprend que les bâtiments neufs et ne s’étend pas aux aménagements des locaux existants, qui ont été encore plus nombreux. Toutes ces installations, desquelles le luxe est entièrement banni, sont, en général, très satisfaisantes comme dispositions, mais insuffisantes comme nombre. Bien qu’un crédit extraordinaire d’un million vienne de permettre la construction à Tunis d’un hôpital civil qui sera mis en service au commencement de l’année prochaine, bien qu’un crédit de 1.350.000 francs ait été ouvert pour la construction du Palais de justice de Tunis, de diverses écoles, etc., il faudrait encore environ deux millions pour assurer l’installation complète de tous les services de l’État et de la plupart des services cipaux.
muni-
CONCLUSIONS
11 serait tout à fait absurde de fixer des bornes au développement de l’outillage économique d’un pays; mais il n’est pas défendu de tenter de marquer les phases de ce développement et d’assigner à la phase à laquelle nous collaborons ses limites probables en temps et en argent.
A nos yeux, il apparait clairement que le gouvernement du protectorat pourra clore avec ce siècle la première période de son œuvre, celle qui lui aura permis de mettre l’outillage public des parties peuplées de la Régence au niveau de celui des nations civilisées. Alors seulement pourra et devra commencer la période de marche en avant et d’ouverture de régions nouvelles au peuplement et à la civilisation. Appuyés sur une zone côtière dotée de toutes ses voies de communication terrestres et maritimes, il ne sera pas interdit aux spéculateurs aventureux de lancer des voies de pénétration « à l’américaine » dans l’intérieur et le sud de la Régence, et vers ce Soudan arrosé déjà du sang français le plus généreux. Cette œuvre viendra en son temps; et si la première est plus modeste, elle n’en était pas moins nécessaire et ne restera pas sans mérite. Au commencement du vingtième siècle, après quinze années d’un travail patient et continu, le Protectorat, sans recourir à aucun emprunt, aura porté à près de 150 millions le capital de son outillage public. Ce capital pourra très vraisemblablement se décomposer comme il suit :
Ports maritimes . .
Phares et balises .
Routes empierrées Chemins de fer. . .
38 millions.
Bâtiments neufs .
Eaux et égouts . .
Travaux municipaux, tramways, divers.
12 millions.
A il moment où l’idée d’un emprunt tunisien est lancée et paraît devoir mériter la plus sérieuse attention, il ne nous a pas paru inutile de consacrer cette étude sommaire à la constatation des résultats obtenus.
E. de Fages,
Ingénieur des Ponts et Chaussées,
Adjoint à la Direction générale des Travaux publics a Tunis.