L’ÉTAT ACTUEL
DES SERVICES SCIENTIFIQUES ET DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
Le trait caractéristique de l'administration du protectorat tunisien — sorte de dyarchie oii le pouvoir est partagé entre les indigènes et les représentants de la nation protectrice — se retrouve, comme ailleurs, dans l’enseignement public. L’enseignement musulman, aussi ancien que la Régence, a subsisté après l’établissement du protectorat. Mais, à côté et indépendant de lui, est né et a grandi un enseignement français, plus approprié aux besoins actuels du pays, sorti pour ainsi dire des exigences mêmes de la situation. 11 se distingue de l’enseignement musulman par deux caractères principaux. Ce dernier est fixé par la tradition; l’autre, par l’indépendance relative dont il jouit vis-à-vis de la métropole, est susceptible d’une adaptation plus intime au pays et à ses besoins. En outre, l’enseignement irançais garde un caractère pratique, primaire, — le musulman reste une culture, dans son genre, supérieure, sans rapports directs avec les nécessités de la vie pratique. Ces réserves laites, l’enseignement français joue en Tunisie le rôle de nos enseignements primaire et secondaire, et l’enseignement musulman, si l’on y ajoute les chaires publiques d’arabe, correspondrait assez bien à notre enseignement supérieur.