CARTE INDIQUANT I.A RÉPARTITION DE LA POPULATION TUNISIENNE
DRESSÉE PAR M. LE DOCTEUR B E R T il O L O N (p. 60).
iLes Berbères sous tente, qui ne sont représentés par aucune teinte, recouvrent non seulement les régions laissées en blanc, mais en général le reste du pays, où ils se superposent aux autres populations,)
L’occupation française a stimulé cette immigration. De plus, les Siciliens, les Maltais, qui, en 'I unisie, se trouvaient représentés par quelques groupes, descendant en partie d’anciens esclaves, se sont multipliés rapidement. Enfin, les Français, au nombre primitif de quelques centaines, se sont accrus d’un millier par an. Actuellement, la colonie française compte environ quinze mille âmes. C’est une colonie d’élite; la qualité des colons supplée à leur quantité au point de donner des illusions sur cette dernière. A Tunis, tout paraît français à l’arrivant. A peine aperçoit-il quelques enseignes italiennes. De nombreux journaux, des sociétés diverses, plus nombreuses encore, un bulletin scientifique bien rédigé, peuvent faire croire à la présence d’une population considérable, alors qu’il ne s’agit que de celle d’une petite ville disséminée sur un vaste territoire. Le gros commerce est entre les mains de maisons françaises. Le climat est favorable à la prolifération de notre race. La Tunisie paraît donc devoir être, pour l’expansion de notre nationalité, une véritable terre promise.
Les Italiens, très prospères aussi, atteignent peut-être le chiffre de 35.000. Bien que deux fois supérieurs en nombre aux Français, ils sont loin d’exercer la même influence. La plupart arrivent de Sicile. Ce sont des populations de même race que la majorité des Berbères, à la tête démesurément longue et à la face courte et large. Ces gens sont sobres, laborieux et économes. La modicité des salaires dont ils se contentent constitue un obstacle de premier ordre à l’immigration de la maind’œuvre française. De plus, ils ont sur nos concitoyens l’avantage d’une accoutumance au climat qui leur permet d’exécuter en toutes saisons les travaux si pénibles de terrassement. Us sont les grands remueurs de terre de la Tunisie. Beaucoup sont aussi employés dans les exploitations agricoles.
L’état de civilisation de ces Siciliens laisse, d’une façon générale, beaucoup à désirer. Presque tous sont illettrés. De plus, le couteau est un des arguments auxquels ils ont le plus souvent recours. Leur criminalité, comparée à celle des indigènes et des autres colonies européennes, est excessive. La clientèle de nos tribunaux est presque exclusivement sicilienne. Cette barbarie a son bon côté. En effet, l’influence exercée par les masses d’immigrés siciliens est à peu près nulle, malgré les efforts que font les Israélites livournais — nos pires ennemis — pour multiplier à toute occasion les manifestations destinées à affirmer les sentiments italiens, en signe de protestation contre notre protectorat. Cette diversité d’influence entre les deux colonies — la française
TYPE ARABE PEU MÉTISSÉ (ENVIRONS DU KEF) (p. 59). (Taille lm,70; indice céphalique 76,19.)
LA POPULATION LT LES RACES EN TUNISIE
pou nombreuse, mais composée d’hommes d’élilc, et l’italienne, so recrutant d'illettrés, en nombre considérable — montre bien que la masse n’est qu’un facteur secondaire, quand l’intelligence n’est pas associée au nombre.
Cette réflexion pourrait jusqu’à un certain point s’appliquer aux Maltais. Leur colonie atteint le chiffre d’environ douze mille âmes. C’est une population paisible et travailleuse, mais ignorante
FACE ET PROFIL ü’ U N BERBÈRE BRUN (TYPE IBÈR-E), A CRANE ALLONGÉ ET A FACE LARGE, HABITANT LA VALLÉE DE LA MEDJERDAIL, LA KIIROUMIRIE, LES ENVIRONS DE GABÈS (p. 59).
(Taille 1">,G29; indice céphalique G9 ,4 1 ; indice nasal G4,S1.)
et superstitieuse. Les Maltais ne sont pas, comme les Siciliens, entraînés par un groupe à contrecarrer notre influence. Nos relations avec eux sont très cordiales.
Signalons, enfin, dans le Sud, un certain nombre de Grecs employés à la pêche, surtout à celle des poulpes et des éponges. Sfax est leur port d’attache.